Famille parisienne, recherche appartement désespérément

La ville de Paris gagne des habitants. Mais derrière ce dynamisme démographique global, un grand nombre de familles avec un et surtout deux enfants se retrouvent dans l'obligation de quitter la capitale. La situation n'est pas nouvelle. Mais elle s'aggrave.

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Est-il encore possible d’élever des enfants à Paris? Les trottoirs s’élargissent, facilitant le passage des poussettes. Les crèches se multiplient. Les espaces verts se font plus nombreux. Mais rien à faire: Un grand nombre de familles avec enfants finissent par partir, ne trouvant pas d’appartement à leur mesure. «Sauf à avoir des revenus très élevés, ou à accéder au logement social, c’est devenu très compliqué, explique Jean-Claude Driant, professeur à l’institut d’urbanisme de Paris et auteur en 2006 d’une étude sur les classes moyennes à Paris. Qui peut se permettre de louer 100 m2 à 20 euros du m2?».
Historiquement, Paris a toujours été une ville de petits appartements. Ainsi, selon la mairie de Paris, 58% du parc (social et privé) est actuellement composé dans la capitale de studios ou de deux pièces. Ce taux n’est que d’environ 30% à l’échelle nationale. A Paris, la surface moyenne d’un appartement est de 58 m2. Elle est de 75 m2 en Ile-de-France et de 90 m2 à l’échelle nationale.
Mais la conjoncture des dernières années a encore compliqué les choses. Certes, la ville de Paris a fait tout son possible pour limiter les ventes à la découpe. Mais le mal est profond. «Les marchands de bien ont acheté des immeubles hausmanniens et en ont fait de toutes petites cellules de 15 ou 20 m2 qu’ils ont ensuite loué meublées à 25 ou 30 euros le m2, explique la mairie de Paris. Ils ont ainsi dégagé une très forte rentabilité. Le rare patrimoine de grands logements locatifs a ainsi disparu.»
Par ailleurs, depuis quelques années, dans le centre de Paris, beaucoup d’étrangers achètent des appartements dont ils se servent comme résidence secondaire. Italiens et Irlandais se ruent ainsi sur le 4e arrondissement, où l’on note une baisse des effectifs scolaires, même s’il n’y a pas de fermeture de classe.

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