Nicolas Sarkozy cible Jacques Chirac et se déchaîne contre la presse

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"J'ai posé une question qui sort du ronron élyséen"

Le déjeuner a été marqué par une autre intervention, celle du député du Maine-et-Loire, Hervé de Charrette, lors de la demi-heure de questions au chef de l’Etat.

 

« La rencontre s’est déroulée de façon convenue. Le président de la République a fait un exposé brillant, comme d’habitude, dans lequel il a resservi ce qu’il avait dit lors de son intervention télévisée, à savoir : « Je n’ai pas changé de ligne politique, mon objectif, c’est la réforme », a raconté Hervé de Charrette à Mediapart. Une demi-douzaine de questions préparées et dictées d’en haut a suivi. J’ai été le seul à poser une question qui sort du ronron élyséen, en demandant pourquoi on faisait tout un tintouin pour la réforme alors qu’on a une Constitution qui va fêter ses 50 ans et qui a parfaitement su s’adapter à la diversité. Pourquoi s’acharner à la réformer ? Pourquoi réformer un article sur deux, comme le veut le projet du gouvernement ? ». Une intervention saluée par quelques applaudissements. « Hervé de Charrette a posé une question que beaucoup se posent, reconnaît Hervé Mariton. Nicolas Sarkozy n’a pas vraiment répondu. »


Nicolas Sarkozy aurait simplement expliqué qu’il tenait à cette réforme, nécessaire selon lui après le passage au quinquennat. «Cela va provoquer des fractures au sein du groupe UMP. Ceux qui ont des réserves s’exprimeront plus tard», prévient Hervé de Charrette, qui assure qu’il va «continuer de défendre [sa] position. Je ne suis pas contre la réforme si elle fait l’objet de discussions dans la majorité et si elle porte sur un nombre plus réduit d’articles.»


Le villepiniste Jean-Pierre Grand estime que «sur le fond, Nicolas Sarkozy n'a pas apporté une réponse qui [lui] permette de modifier [son] vote, qui sera donc négatif»:

 

Pour d'autres députés de la majorité, Nicolas Sarkozy a au contraire «recadré un peu les choses et remis en perspective surtout les réformes», comme l'estime le député des Alpes-Maritimes, Lionnel Luca. Lors du débat, « il a été très réceptif » et « il a promis que l'expérience se renouvellerait une ou deux fois par an», a-t-il précisé.

 

«C'était du bon Sarko, a jugé devant la presse le député de la Manche, Philippe Gosselin. On a débattu largement, il y a eu pas mal de choses qui ont été dites sur l'année écoulée, sur la façon de procéder (...) Le président a reconnu que lui-même avait fait quelques erreurs», et en particulier «qu'effectivement, son style et sa vie privée ont pu perturber à certains moments», a poursuivi Philippe Gosselin.

 

Mais pour le villepiniste Hervé Mariton, «on a en réalité assez peu parlé de la réforme des institutions durant cette rencontre. Une clarification est urgente».

 

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Sollicité, le député Pierre Méhaignerie a déclaré n'avoir «aucun commentaire à faire» sur la rencontre avec le chef de l'Etat. Le député et porte-parle de l'UMP, Frédéric Lefèbvre, et le vice-président du groupe UMP à l'Assemblée, Bernard Deflesselles, n'ont pas donné suite à notre demande d'interview.