Ambiance morne des jours ordinaires, lundi matin au palais de justice de Bobigny. Devant le bâtiment, un mélange improbable de bunker en briques rouges et de mini Beaubourg bleu foncé, quelques enfants roms jouent sous la surveillance d'une grande sœur, et les justiciables font la queue au portique de sécurité, l'air résigné. Très loin de la liesse populaire fêtant l'élection de François Hollande dimanche soir, place de la Bastille, le tribunal de grande instance du département le plus pauvre de France, la Seine-Saint-Denis, accueille son lot quotidien de difficultés cachées, de souffrances anonymes et de drames personnels.