Le gaz de schiste partage avec le nucléaire le goût de ses promoteurs pour les images métaphoriques. Jeudi matin 6 juin, le député socialiste Christian Bataille  et le sénateur UMP Jean-Claude Lenoir, tous deux membres de l'office parlementaire d'évaluation des choix techniques et scientifiques, n’ont pas dérogé à cette règle. Lors de la présentation de leur rapport sur les techniques alternatives à la fracturation hydraulique, ils ont multiplié les analogies à visée pédagogique. Ainsi, évoquant les additifs chimiques utilisés dans les forages par fracturation hydraulique – l’une des principales sources de pollution – le sénateur brandit la petite bouteille d’eau posée sur sa table, et disserte sur les différents sens du mot « chimique » : « dans cette bouteille, il y a un produit chimique qui s’appelle de l’eau ». De là à comparer l'eau à l’éthylène glycol présent dans les fluides de fracturation, il y a une belle acrobatie rhétorique réalisée par l'élu.