Mediapart épluche de A à Z les 21 contributions socialistes

Par
Mediapart a lu pour vous les 21 contributions enregistrées par le bureau national du PS, et qui présentent les différentes orientations du parti avant le congrès de Reims, en novembre. Inégaux dans leurs formes comme dans leurs ambitions, ces textes représentent la diversité d'une organisation en quête d'une nouvelle direction. Abécédaire en guise de synthèse (première partie: de A comme "Alliances" à M comme "Militant de Meurthe-et-Moselle"). Et demain, de N... à Z. Lire aussi l'analyse de Laurent Mauduit sur l'aspect économique de ces contributions.
Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner

«Les contributions, on se jette dessus mais on ne lit que les signatures…» Cette réplique est l'une des maximes les plus répétées dans le milieu politico-journalistique. Mais au-delà de la liste des signataires, qui donne tout de même une idée des rapports de force internes, quelles sont concrètement les idées des vingt et un contributeurs au Congrès socialiste de Reims (14-16 novembre)?

 

 

Plusieurs de ces textes (tous disponibles sous l'onglet Prolonger) seront fusionnés au moment du dépôt des motions, ultime étape avant le vote des militants qui doivent trancher entre les différentes orientations. Mediapart a lu l'ensemble de ces contributions (téléchargeables en une fois, en cliquant ici – PDF – attention, fichier méga lourd – 7,6 Mo) et tente de fixer un abécédaire socialiste, en deux volets. Les aspects économiques sont ici laissés un peu de côté. Lire l'analyse de Laurent Mauduit sur le sujet: «Parti socialiste cherche politique économique». Première partie, de A à M… Pour la seconde partie, de N à Z, cliquer ici.

 

 

A comme "Alliances". C'est l'un des sujets où les divisions apparaissent le plus clairement. Sans grande surprise, la grande majorité des textes plaident pour un «rassemblement». Mais quand Royal estime que «la seule union de la gauche ne permettrait pas de battre la droite», Delanoë nuance: «Les alliances doivent être à gauche avec tous ceux qui le veulent.»

 

A la gauche du parti, Mélenchon plaide lui pour des alliances «à gauche seulement et sans exclusive». Hamon déclare que «nous n'avons pas d'ennemis à gauche». Lienemann et Quilès appellent de leur côté à la création d'un grand parti, avec «un congrès de l'Unité en 2010, qui désignerait un candidat commun à la prochaine présidentielle». Hollande ne pense pas si différemment, prônant la tenue de «forums locaux de l'unité».

 

 

B comme "Blague". La palme de la meilleure plaisanterie assumée des 21 textes est à mettre au crédit de Larrouturou, pour sa question n°2 posée aux militants: «Souhaitez-vous que le PS abonne Nicolas Sarkozy et le Medef au Figaro? Ça leur éviterait de dire trop de blagues en économie?»

 

 

C comme "Chèque", ou "Compte", ou "Crédit". C'est LA grande mode chez les contributeurs: tout le mode y va de son chèque-quelque chose. Chèque-syndical chez Royal et Aubry (l'Etat finance un grande partie de l'adhésion). Chèque-énergie chez Fabius (allocation reversée aux plus modestes à partir d'une taxe sur les «superprofits des compagnies pétrolières»). Crédit-études chez Aubry (fusion des aides existantes et paiement pour chaque jeune des frais d'inscriptions, dépenses courantes et logement social). Compte-retraite chez Royal (sur le modèle suédois, financement mi-répartition, mi-individuel). Compte-épargne formation chez Hollande (ouvert à chaque salarié, moins il a fait d'études, plus il est plus important).

 

 

D comme "Développement durable". Les contributions du groupe Utopia et du "pôle écologique" du PS sont celles qui s'attardent le plus conscieusement sur le sujet. Dans leur projet de «nouvelle société», les "Utopistes" appellent à «lutter contre trois aliénations mentales: la religion de la croissance, la consommation nouvel opium du peuple et le travail érigé en valeur».

Et soutiennent une «a-croissance» qui aurait pour but d'éradiquer les publicités, les produits exploitant abusivement les ressources naturelles et les crédits à la consommation.

 

Le "pôle écologique" tente également de bouleverser les consciences socialistes, en leur soumettant l'adage: «plus on est riche, plus on contribue à la pollution et moins on y est exposé». Quelques idées pour «préparer l'après-pétrole»: investissement massif dans l'isolation des logements, l'abandon des projets d'autoroute, une maîtrise des plans d'urbanisme et l'utilisation d'internet pour éviter les déplacements inutiles.

 

 

Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale

Ici ou , certains reprochent aux journalistes de ne pas lire les contributions du PS. Ce constat, que je partageais il y a quelques années, j'ai décidé de ne pas me l'appliquer et de me lancer dans l'épreuve de lecture (environ 1.200.000 signes)…

 

La réalisation de cet article m'a pris plus de temps que prévu. La volonté de lire toutes les contributions dans le détail (et non en diagonale) demande pas mal de concentration et de volonté... Certaines sont très longues (le maximum fixé par la direction du PS était de 97.000 signes), d'autres masquent les idées derrière des paragraphes de langue de bois.

 

L'idée de l'abécédaire s'est rapidement imposée comme une nécessité, pour essayer de maintenir l'attention du lecteur et ne pas me retrouver à écrire, à mon tour, une contribution… tout en recherchant la synthèse.