Des milliers de personnes, voire des dizaines de milliers, sont attendues sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ce week-end pour « empêcher l’aéroport » et protéger la zone contre l’intervention des gendarmes mobiles. Pourtant, la préfecture de Loire-Atlantique n’envisage pas d’interdire la manifestation. Alors que l’état d’urgence est toujours déclaré, cette décision illustre le rapport de force que le mouvement contre le projet d’aéroport du Grand Ouest réussit à maintenir avec les pouvoirs publics.

Malgré le vote à 55 % en faveur de la nouvelle aérogare, les opposants n’ont pas baissé la garde et s’organisent pour résister en cas d’évacuation de la zone de 1 650 hectares, dans le bocage de la périphérie nantaise, où vivent 200 à 300 occupants. À plusieurs reprises, Manuel Valls a fait savoir qu’il souhaitait vider la ZAD de ses habitants en octobre. Mais avec l’imminence de l’évacuation des campements de réfugiés à Calais et aux alentours, le respect de cette échéance semble improbable. Le 1er novembre, le début de la trêve hivernale rend délicate la perspective d’une évacuation des paysans historiques, de leurs familles et de leur cheptel. En l’absence d’information et dans une défiance maximale envers les institutions, un réseau de veille s’est mis en place pour flairer la moindre amorce de travaux ou l’envoi de troupes. Des tracteurs sont prêts à partir en action de protestation au premier coup de pioche. « La consultation ne change rien au fond du dossier, explique Vincent Delabouglise, porte-parole de COPAINS, un collectif de paysans anti-aéroport : « La déclaration d’utilité publique de 2008 s’est faite sur des données fausses. Notre rôle de paysan est d’agir en lanceurs d’alerte. »