Le procès des attentats du 13-Novembre Chronique

Procès des attentats du 13-Novembre : « J’en suis sortie de ce Bataclan »

Mercredi, des premiers survivants de l’attaque de la salle de spectacle, le 13 novembre 2015, ont été entendus par la cour d’assises spéciale.

Karl Laske

7 octobre 2021 à 08h21

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«Un bruit assourdissant a déchiré le silence de la rue », se souvient Clarisse. Elle est à l’entrée du Bataclan et s’apprête à sortir pour aller acheter des boissons à l’extérieur. Elle voit le regard du videur « s’assombrir » devant elle. L’effroi dans ses yeux. Elle « comprend sans comprendre ». Un mouvement de recul la repousse vers l’intérieur. Près d’elle, un ami lui dit « on se casse ».

« Le danger est dans la rue, expose-t-elle à la barre de la cour d’assises. Ça tire, une, deux, trois, quatre fois. Ils arrivent près de l’entrée. Je pense être deux mètres devant eux. Je m’attends à me faire tirer dans le dos. Je me demande si ça va faire mal. Si je vais mourir directement. On passe la porte battante. Je vais à droite, mon ami sur la gauche. Le concert bat son plein. Je n’ose pas bousculer les gens. Je dis qu’il y a un problème. Je me dirige vers la fosse, puis je dis “ça tire, ça tire”, et mes craintes se confirment, les tirs se mettent à résonner dans la salle. Et je vois Jesse Hugues [le chanteur des Eagles of Death Metal – ndlr] balancer sa guitare. »

La police scientifique devant la salle du Bataclan le 14 novembre 2015 et la salle d’audience spécialement construite dans le palais de justice de Paris pour le procès des attentats du 13 novembre 2015. © Photomontage Sébastien Calvet / Mediapart avec Steven Wassenaar / Hans Lucas via AFP

Mercredi, les premiers survivants de l’attentat du Bataclan ont été entendus par la cour d’assises spéciale. Irmine a perdu un ami, Fabian. Jean-Marc et ses cinq camarades sont saufs. Cédric a perdu de vue sa femme mais l’a retrouvée. Helen a perdu Nick. Édith s’est cachée avec un autre spectateur, Bruno. Coralie a perdu de vue Thierry mais l’a retrouvé sauf. Émilie s’est cachée avec son mari Brendan. Clarisse est parvenue à rejoindre le deuxième étage. L’attaque, les mouvements de foule, la panique ont dispersé les couples et les groupes d’amis. Les balles ont fauché, blessé, et tué à l’aveugle.

Clarisse. « Fan inconditionnelle de rock », elle avait 24 ans le 13 novembre 2015. Elle s’était réjouie du début du concert. « Je m’étais retournée pour voir le visage des gens. Tout le monde était heureux. Les gens transpiraient. Le Bataclan se transformait en sauna. » Elle avait décidé de ressortir pour s’acheter une petite fiole d’alcool. Le vigile lui avait mis un coup de tampon sur la main pour qu’elle puisse rentrer de nouveau. Et les tueurs sont arrivés. Clarisse s’est dirigée vers le côté droit de la fosse. Sur l’écran de la cour, un plan des lieux s’est affiché. Elle précise où elle se trouvait.

J’envoie un message à mon père : “Papa, c’est moi, je suis vivante, cachée dans un plafond.”

Clarisse, une survivante du Bataclan

« Tout le monde s’est mis au sol, poursuit Clarisse, pull noir, cheveux châtains remontés en chignon. J’ai pensé à une prise d’otages, mais j’avais tort. Ça tire en rafale. Ils sont là pour nous tuer, et avec la plus grande violence. » Au sol, des pensées absurdes lui traversent l’esprit, comme le remboursement de sa place, 30,70 euros. Elle pense à sa propre mort et à sa famille. Elle se ressaisit, inspecte son corps pour vérifier si elle est touchée, puis elle attend que les tueurs rechargent leurs armes, un répit dans les tirs. À droite de la fosse, il y a une porte, elle croit à une issue de secours. Elle fonce. « J’arrive vers cette porte qui est bloquée, explique-t-elle. Je crie d’ouvrir cette putain de porte, et un videur nous ouvre et nous laisse entrer. On s’engouffre. Je cours devant le plus possible. J’espère qu’il y a une issue de secours. On passe le premier étage, et au deuxième, il y a une loge. On fonce au fond de cette pièce. Il y a cinquante personnes qui ont suivi, et on se trouve piégés dans cette loge. »

« J’arrive dans ces toilettes et je défonce le plafond à coups de poing », poursuit-elle. À cet instant, Clarisse pense à un « James Bond » vu il y a longtemps. « Là, un monsieur me dit c’est une super idée. On arrache la laine de verre. Il m’aide à me hisser. Je suis la première à passer par le faux plafond. » 

La jeune femme progresse jusqu’au fond de cette structure, bientôt suivie par d’autres. De petits groupes se dispersent sur cet espace. Clarisse rejoint une salle d’aération, se fait prêter un téléphone. « J’envoie un message à mon père : “Papa, c’est moi, je suis vivante, cachée dans un plafond.” Et puis l’attente laisse place à l’inquiétude. Au bout de quelques heures, on entend des rafales d’armes automatiques, et d’énormes explosions. Je sens un souffle sous mes pieds. J’ai compris que c’était l’endroit de la prise d’otages. J’entends que les personnes sont évacuées. » La police est prévenue de leur cachette, et la BRI finit par les trouver. Ils peuvent redescendre.

« Il n’y a plus de bruit. On nous fait redescendre par la fosse. On nous dit qu’il va falloir être courageux, fermer les yeux. J’ai quand même vu l’horreur. J’en suis sortie de ce Bataclan. »

Clarisse évoque pudiquement la « descente aux enfers » qui a suivi, le choc post-traumatique qu’elle a vécu, et la débrouille pour l’oublier.

Le président Jean-Louis Périès : « Ce qu’on comprend en tout cas, c’est que vous avez sauvé beaucoup, beaucoup de personnes. »

« C’était hors de question que je meure, dit-elle. J’ai aidé des gens à s’en sortir mais je ne réalise pas vraiment. »

Irmine. Quand l’attaque s’est produite, Irmine, 55 ans, se trouvait près de l’entrée, devant le grand bar qui fait face à la salle, avec un ami, Fabian. Elle se trouve projetée au sol, face contre terre, dans le noir. « J’entends un homme dire d’une voix juvénile : “La France n’a rien à faire en Syrie, il faut qu’elle parte.” Il a dit quelques mots en arabe, et puis “le premier qui bouge, je le tue”, expose Irmine, à la barre, en tailleur bleu. Et là, on a envie d’entrer dans le sol, de ne pas être touché, on ne sait même pas si on est touché ou pas touché. Je suis en quelque sorte dans un gouffre. » Son ami Fabian est au sol.

Elle poursuit :

« J’essaye de le toucher, d’avoir une réaction, pour savoir ce qu’il en est. Je n’ai pas de réponse. Et puis il y a un homme qui prend la parole, qui me dit “sortez vite, ils sont en train de recharger leurs armes, c’est le moment de partir”. Je suis prostrée, et je ne réagis pas. Mais il recommence d’une voix ferme à me dire “sortez”»

Irmine se lève, s’approche de Fabian, grièvement touché. « Son visage est méconnaissable. J’essaye de stopper l’hémorragie de sa tête, ça ne sert à rien. Je me dis que je ne peux pas le laisser là. J’essaye de le tirer par les jambes. Je n’y arrive pas. C’est horrible. »

Irmine s’interrompt pour pleurer.

« Je pense qu’il est mort, je pense à mes enfants, à mon mari. Je cours et je sors. À l’extérieur, un policier m’ordonne de ne pas rester devant. »

Le président fait remarquer qu’elle a été « blessée assez sérieusement ». Irmine rétorque qu’elle a été touchée à la poitrine par une balle, mais que ces blessures ont été superficielles.

Jean-Marc. Veste en jean et sweat noir, Jean-Marc, 40 ans, vient à la barre. On le sent nerveux, mais il parle avec douceur. L’attentat a bouleversé sa vie, et « dégradé » toutes ses relations amicales et sentimentales. Il a renoncé aussi à son rêve de devenir maître de conférences à l’université. Le soir de l’attaque, il a entendu des « bruits violents » et s’est dirigé vers la sortie pour voir ce qu’il se passait. 

J’étais passé au travers des balles. Je suis un miraculé. Je n’ai pas de raison de me plaindre.

Jean-Marc, un survivant du Bataclan

« L’espace d’une seconde ou deux, je me suis retrouvé nez à nez avec les trois assaillants, dit-il. Ils tiraient en rafale en direction de tout le public. J’ai vu des personnes autour de moi recevoir des balles, et tomber, hurler. Je me suis retrouvé seul au milieu de la fosse, prostré. La fusillade a continué pendant plusieurs minutes. J’ai cherché mes amis. J’ai entendu une personne dire que la porte était ouverte et j’ai aperçu ma compagne se diriger vers cette sortie dans un groupe de personnes. Puis j’ai vu le groupe où elle se trouvait s’écrouler au sol à la reprise des tirs. Je me suis allongé. J’ai vu un des assaillants s’approcher de nous. J’ai vu son pied près de ma tête. Il a dit : “Vous remercierez votre président François Hollande, vous n’avez rien à faire en Syrie.” Ils ont continué à tirer. Ils prenaient pour cible les personnes au moindre mouvement, au moindre bruit. On a continué à faire les morts. »

Jean-Marc relève la tête au moment où explose la ceinture piégée de Samy Amimour, peu après l’intervention des policiers de la BAC. « Je ne savais pas qu’il y avait eu des échanges de tirs avec des forces de l’ordre, dit-il. J’ai entendu que les assaillants montaient dans les étages. Je suis sorti peu après. » Les amis et la compagne de Jean-Marc sont tous saufs.

« J’étais passé au travers des balles. Je suis un miraculé. Je n’ai pas de raison de me plaindre. La question, c’est pourquoi ? Pourquoi on s’est retrouvés là. Pourquoi on a été pris pour cible. Pourquoi ces personnes ont fait ça ? Il découle évidement de la colère. Contre les assaillants. Contre notre pays. On ne peut pas s’empêcher de penser que les actes ont eu des conséquences. Je vais arrêter. Je suis désolé. »

Cédric. Un autre quadragénaire lui succède à la barre. Cédric porte un tee-shirt orné d’un sabre de samouraï. Dessus on peut lire : « Its a good day for Seppuku » – « c’est un bon jour pour se faire hara-kiri ». Il a des tatouages aux deux bras. Le 13 novembre 2015, il était chauffeur livreur, il avait fait la sieste, et avait rejoint sa compagne pour le concert, une « sortie en amoureux ». Au moment de l’attaque, il n’était pas loin du bar avec sa femme. « Ça va très, très vite, dit-il. Il y a des éclairs. On part sur la cursive, et dès le premier virage, on tombe sur la foule, et je suis l’oreille collée contre le sol. Tout le monde me piétine. Je dis à ma femme d’y aller, ma jambe ne suit pas. Je ne peux pas. Je la vois partir. Les assaillants nous tiraient dessus comme des lapins. J’ai essayé de fusionner avec le sol. Pendant deux heures, j’ai entendu une personne s’étouffer et mourir peu à peu. J’ai fait le mort. Pendant deux heures, j’ai cru que ma femme s’était sauvée. Puis la BRI est arrivée. Les lumières se sont rallumées. »

Une fois sorti, Cédric cherche sa femme. « J’ai fait toutes les cours intérieures pendant 45 minutes. J’ai regardé les cadavres. Et à un moment, elle est sortie. En pleurs. Elle était vivante. On est rentrés chez nous, porte de la Chapelle. »

Cédric se tourne vers le box, et s’adresse aux accusés : « Messieurs, qui avez fait le djihad, est-ce que vous avez vu des gens mourir en les regardant dans les yeux ? Des gens dans des mares de sang ? Des personnes s’étouffer sous vos yeux ? Vous avez attaqué des gens non armés, issus de différentes cultures… pourquoi nous ? Vous êtes en colère contre un État. Vous êtes en colère contre notre pays. Mais nous, on n’a rien demandé, on n’a pas d’animosité contre vous à la base. Je comprends votre colère, comprenez la nôtre. J’ai eu beaucoup de colère, mais jamais j’ai voulu tuer des gens. »

Le président le laisse finir mais il souligne que les accusés bénéficient de la présomption d’innocence : « Il y en a certains qui ont revendiqué ces actions, mais d’autres qui contestent leur participation aux faits, relève Jean-Louis Périès. Les personnes qui ont directement participé aux faits sont morts au Bataclan. Pour la sérénité des débats, c’était important de le rappeler. »

Helen. Une Américaine de 55 ans, Helen, témoigne à son tour. Elle a des roses tatouées sur ses deux bras et elle aussi un message sur son tee-shirt : « Love always wins » – « l’amour triomphe toujours ». Elle étouffe un sanglot dès son arrivée à la barre. Elle a perdu Nick, « l’amour de sa vie », tué au Bataclan. Dès le début de l’attaque, son ami l’a attrapée pour la plaquer au sol et la protéger des tirs. « Il m’a sauvé la vie », dit Helen. Quand Nick, déjà touché, lui a dit « je vais mourir ce soir », elle a protesté. Puis il y a eu un mouvement de foule vers la sortie, et le couple s’est fait piétiner. Helen voit l’entrée de la BAC, les tirs du policier sur le terroriste, et l’explosion.

« J’ai dit à Nick “tu vois, ils vont venir nous sauver maintenant”, raconte-t-elle. Mais quelqu’un près de nous s’est mis à crier. Tout autour, on lui a dit d’arrêter. Un terroriste est revenu et a tiré dans notre direction. J’ai été touchée aux deux cuisses. J’ai demandé à Nick s’il avait été touché, il m’a dit “oui, dans le ventre”. Il commence à me dire qu’il a du mal à respirer, et puis qu’il ne peut plus respirer – Helen s’interrompt pour pleurer un instant, et poursuit. Je le prends dans les bras. Je n’arrive pas à le réveiller. Il meurt. On est allongés dans une flaque de sang. Sa peau est très froide. Je lui ai dit : “Il faut que je sorte chercher de l’aide.” » 

J’entends ces tirs au coup par coup. Un pleur, un tir. Une supplication, un tir. Un téléphone qui sonne, un tir.

Édith, une survivante du Bataclan

Helen se redresse, rejoint la porte principale, et tombe sur les policiers qui lui ordonnent de sortir et de s’éloigner rapidement. Grièvement blessée aux jambes, elle est conduite à l’hôpital et opérée d’urgence. Nick est mort. Le 24 novembre, elle obtient de sortir de l’hôpital. « Le corps de Nick devait repartir en Angleterre, et sa famille m’a autorisée à refermer son cercueil. » « Je ne suis pas en colère. Je ne veux pas de vengeance. L’amour est toujours le plus fort », conclut-elle, en pleurant.

Édith. Chemise à carreaux, tatouages aux bras, Édith vient à la barre, essoufflée. « J’ai besoin de me calmer un peu », dit-elle. La jeune femme, mère d’une fille de 9 ans, a gardé jusqu’à aujourd’hui les cris et les images du Bataclan dans sa tête. Elle livre le même récit de l’arrivée des assaillants. Mais elle a grimpé les escaliers pour se mettre à l’abri, au balcon du deuxième étage, près de la régie, et a « assisté à la tuerie par le prisme de l’ouïe ». « Je suis allée au plus profond sur ce balcon, explique-t-elle à la cour. J’ai bousculé un homme qui était là. Il m’a prise et m’a cachée sous les sièges, et m’a protégée. L’odeur de la poudre monte, et l’odeur ferreuse du sang aussi. Les hurlements de douleur nous parviennent. Je me dis que ce n’est pas possible. Je vais être amenée à rester sous le siège pendant un long moment en position fœtale. En attendant la mort. Et j’entends ces tirs au coup par coup. Un pleur, un tir. Une supplication, un tir. Un téléphone qui sonne, un tir. »

L’un des tueurs monte à son tour au balcon. « La porte battante que j’ai franchie s’ouvre, et quelqu’un entre très calmement. J’aperçois ses pieds. Des baskets blanches. J’apprendrais qu’il s’agissait d’Ismaël Mostefaï. Il est à trois ou quatre mètres. Il tire depuis le balcon. Puis arrive le moment de l’explosion. Je n’avais pas pensé au gilet explosif. Quand j’ai compris que c’étaient des kamikazes, je me suis dit c’est foutu, on ne s’en sortira pas. » Le bruit cesse. Il ne reste que celui des téléphones qui sonnent dans la salle de spectacle. Le cerveau d’Édith se met en protection et la ramène à son quotidien : elle a oublié d’acheter du lait pour sa fille, et il faut penser à payer la facture de la cantine.

Le temps s’écoule lentement jusqu’à ce que la lampe frontale d’un policier de la BRI apparaisse sur le balcon. Édith, Bruno, qui l’avait cachée, un ami de Bruno et son fils sont évacués. Des hommes armés, masqués, prennent position.

« Un policier nous dit “on va redescendre, ne regardez pas”, mais c’est pas possible parce que la mare de sang, elle est colossale, elle est noire, poursuit Édith. Et les cadavres, on n’imagine pas le volume que représentent tous ces corps enchevêtrés. Des gens qui, deux heures plus tôt, étaient en train de boire des coups et de danser. En bas, on nous fait avancer en file indienne le long du bar. On essaye de ne pas marcher sur les corps tombés devant le bar. C’est assez étroit. On n’y arrive pas. On essaye de les enjamber, parfois on marche dessus. Six ans plus tard, je n’ai pas trouvé d’adjectif qui corresponde au fait d’avoir été sauve, à la culpabilité que j’ai ressentie à ce moment-là de les voir tous là. »

Karl Laske


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