Affaire Dassault : Younès Bounouara mis en examen

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Ce proche de l’industriel et sénateur UMP, soupçonné de tentative d'assassinat en février 2013 dans le cadre de l'affaire des achats de votes à Corbeil-Essonnes, a été interpellé mercredi 6 novembre à l'aéroport de Roissy. 

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Suspect numéro 1 dans une tentative d’assassinat à Corbeil-Essonnes (Essonne), Younès Bounouara, proche de l’ex-maire Serge Dassault, a été mis en examen pour tentative d’assassinat et placé sous mandat de dépôt à la prison de la Santé dans la nuit de mercredi à jeudi.

Ce quadragénaire a été cueilli à sa descente d’avion à l’aéroport de Roissy, près de Paris, en provenance d’Algérie, par des policiers de la PJ de Versailles. Il était en fuite depuis le 19 février, date à laquelle il a tiré en plein Corbeil-Essonnes à trois reprises sur Fatah Hou, blessant très grièvement ce boxeur amateur aujourd’hui tiré d’affaire mais marqué physiquement et psychologiquement.

A l’issue de l’audition de son client pendant plus de cinq heures par les juges du tribunal d’Evry en charge du dossier, son avocat Me David-Olivier Kaminski a indiqué que « le coup de feu a été porté de manière involontaire, sans volonté de nuire à la victime ».

Si la responsabilité de Younès Bounouara sur les faits incriminés ne fait guère de doutes – il a agi en plein jour, au vu et au su de nombreux témoins et a raconté la scène dans un entretien à l’hebdomadaire Le Point –, il conteste avoir participé au système d’achat de votes mis en place par Serge Dassault.

Dans une vidéo mise en ligne par Mediapart, ce dernier déclarait, filmé à son insu : « Moi, j’ai donné l’argent. Je ne peux plus donner un sou à qui que ce soit (...) Si c’est Younès, démerdez-vous avec lui. »

Dans l’interview accordée au Point, M. Bounouara a tout juste concédé avoir reçu de l’argent de l’élu dans le cadre d’un marché public estimé à près de 1,7 million d’euros. « J’ai été récompensé après quinze ans de service, de 1995 à 2009. Cet argent, je l’ai gagné à la sueur de mon front. Il n’a jamais été question d’acheter les électeurs », avait-il avancé.

Ces « fantasmes », selon M. Bounouara, auraient en tout cas aiguisé les appétits de « voyous (...) aux abois » qui ont cherché à faire pression sur lui pour extorquer de l’argent au sénateur multimilliardaire. Jusqu’à ce 19 février quand, se sentant « menacé », il craque et tire sur M. Hou.

Dans l’entourage de M. Dassault, on concède bien volontiers la proximité du célèbre industriel avec cet ex-délinquant devenu chef d’entreprise, mais on conteste tout lien entre l’industriel et cette affaire, ce que M. Bounouara a d’ailleurs dit aux juges mercredi soir.

Auditionné, le 14 octobre, par le trio de magistrats instructeurs en charge de ce dossier criminel, M. Dassault avait été placé sous le statut de témoin assisté pour « complicité de tentative d’assassinat »

Retour sur nos enquêtes : l'affaire Dassault © Mediapart

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