Les femmes âgées, victimes oubliées des féminicides

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«Skype est devenu gris. La lumière qui montre si on est connecté est devenue grise. Alors que la lumière était toujours verte chez ma maman, toujours. » L’été commence à peine en cette fin juin 2019 et Nadia, qui vit aux États-Unis, s’inquiète. Sa mère, Chantal, ne répond plus à ses appels. Certes, les deux femmes se sont parlé la veille, mais, d’ordinaire, elles discutent tous les jours. « Moi aussi, j’avais eu maman le samedi. Mais le dimanche, pas de nouvelles. Le lundi, pas de nouvelles », raconte Amina, la sœur de Nadia. À l’époque, elle vit en France, en région parisienne. Comme sa sœur aux États-Unis, elle a pour habitude quotidienne de papoter avec sa mère. « C’est comme ça qu’on vivait. »