Affaire Tapie: l'Elysée a-t-il encore fait pression?

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Nouveau rebondissement dans l'affaire Tapie: le tribunal de commerce de Paris a examiné, mardi 7 avril, un recours en révision introduit par Bernard Tapie, en vue d'annuler la mise en liquidation de son groupe prononcée en 1994, mais l'audience s'est tenue en l'absence du parquet. C'est le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, qui aurait pris cette décision. La Chancellerie n'aurait pas été informée par l'Elysée, qui pilote ce dossier depuis de longs mois. Les avocats de Bernard Tapie ont donc eu le champ libre. Poussant leur avantage, après la sentence du tribunal privé qui a alloué 390 millions d'euros à leur client, ils espèrent pouvoir détricoter tous les jugements antérieurs, ceux rendus par la justice ordinaire de la République.

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Décidemment, cette affaire Tapie sent le soufre. Et il n'intervient pas un seul rebondissement sans que les choses ne se passent bizarrement. Sans qu'elles ne suscitent une légitime suspicion. L'audience qui a eu lieu, mardi 7 avril, au tribunal de commerce de Paris n'a pas échappé à la règle. Une étrange audience à laquelle participaient trois juges, deux greffiers, une ribambelle d'avocats, mais... pas de procureur ! Ce qui soulève, on en conviendra, une question qui est tout sauf anodine: mais pourquoi donc le parquet, représentant de l'Etat, a-t-il choisi de ne pas être présent ? Des instructions ont-elles été données en haut lieu pour que les avocats de Bernard Tapie aient le champ libre ? Selon de très bonnes sources, la Chancellerie aurait été court-circuitée dans cette affaire, qui a été discrètement pilotée par l'Elysée.