Mediapart publie en avant-première «le contrat» d'Europe-écologie

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Alors qu'Europe-écologie lance en grande pompe sa campagne européenne par un «grand meeting» mercredi 8 avril à Toulouse, Mediapart publie en avant-première le programme du rassemblement des écologistes aux élections européennes, Europe-écologie. Grenelle européen de l'emploi, taxe sur les consommations énergétiques, bouclier social et moratoire sur les libéralisations des services publics... ou comment concilier relance et verdissement économique.
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Ils avaient promis une campagne participative et «web 2.0» et un programme environnemental. Puis ils ont mis le cap sur le social, conscients de devoir ajuster leurs discours à la crise financière. À l'occasion de leur premier grand meeting à Toulouse mercredi 8 avril, à deux mois des élections européennes, leurs propositions sont prêtes. Et l'alliance Europe-écologie, regroupement des Verts, de personnalités issues de «l'associatif» (Fondation Nicolas-Hulot, Greenpeace, Alliance pour la planète) et du syndicalisme (Confédération paysanne), se lancent concrètement dans la bataille électorale.

 

Cliquez sur l'image pour télécharger le programme

 

On se demandait à quoi pouvait ressembler un programme communément défendu par Daniel Cohn-Bendit et José Bové. Réponse: à un épais mille-feuille social et écolo qui tente de concilier relance économique, verdissement des activités et mesures anti-libérales – sans jamais que l'expression n'apparaisse en tant que telle. Le ton est donné dès le titre du programme d'Europe-écologie pour les européennes (téléchargeable ici en PDF), que Mediapart publie en avant-première : «Le contrat pour la sortir de la crise.» Pas vraiment une révolution verte.

 

Parmi les principales propositions: un Grenelle européen et écologique pour créer 10 millions d'emplois et faire émerger une génération de «cols verts», conditionner tout soutien public aux constructeurs automobiles à des critères environnementaux et sociaux contraignants, instaurer une taxe fiscale européenne sur les consommations d'énergies fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon), mettre en place un bouclier social européen (revenu minimum d'existence, limitation des très hauts revenus...), décréter un moratoire sur la libéralisation des services publics (éducation, santé, transports collectifs, poste, distribution de l'eau, accueil de la petite enfance), remplacer le pacte de stabilité de Maastricht par un «pacte sur la coopération écologique et solidaire», déclarer l'Union européenne zone «sans OGM», et abroger la directive retour sur l'immigration. «Il faut arrêter de changer le pansement pour mieux penser le changement» promettent les écologistes, citant Pierre Dac. Un changement qui, en situation de crise mondiale, passe en priorité par la difficile quête de la croissance verte.

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