L'opposition s'inquiète d'une «dérive institutionnelle» et de la concentration des pouvoirs à l'Elysée. La voilà fixée. Hier, à l'occasion du débat sur la motion de censure défendue par les socialistes, François Fillon en a profité pour redéfinir – de manière iconoclaste – la fonction de premier ministre. En oubliant la moitié de l'article 20 de la constitution qui précise que le premier ministre «détermine et conduit la politique de la nation». Fillon ne «détermine» plus. La conduit-il seulement? C'est à voir. Devant la représentation nationale, il a ainsi procédé à son propre enterrement. Récit.
MercrediMercredi 8 juillet, en plein milieu de son discours à l'Assemblée nationale, François Fillon s'est livré à des «aveux» inattendus. Il a prononcé deux phrases qui n'auraient pas dû passer inaperçues. Alors même que le premier ministre, à la tribune, répondait à la motion de censure déposée par les socialistes (visant à renverser le gouvernement), il a fait hara-kiri en direct – ou presque. En quelques mots, il a définitivement abdiqué devant l'hyperprésidence et sanctuarisé l'abaissement de sa fonction. Voici comment.