La tentation politique du juge Le Loire (Bygmalion, etc.)

Le Monde révèle que le juge d'instruction Roger Le Loire, jusqu'ici chargé des enquêtes « Bygmalion » ou « sondages de l'Élysée », envisage de se lancer en politique.

Cet article est en accès libre. L’information nous protège ! Je m’abonne

Le Monde a révélé dans son édition du week-end que le juge d'instruction Roger Le Loire, 63 ans, figure du pôle financier de Paris, s'était mis d'accord début juillet avec le président du tribunal de grande instance de Paris pour être dessaisi de plusieurs enquêtes politico-financières, compte tenu de sa nouvelle volonté d'engagement politique.

Pour prévenir les soupçons de partialité, le juge Roger Le Loire « sort » ainsi de trois dossiers :

– l’enquête sur le financement de la campagne de 2012 de Nicolas Sarkozy, dite « Bygmalion », conduite jusqu’ici en cosaisine avec les magistrats Serge Tournaire et Renaud Van Ruymbeke. Si les investigations sont aujourd'hui terminées, ces derniers doivent encore signer leur ordonnance décidant d’un non-lieu ou d’un renvoi devant le tribunal correctionnel pour une dizaine de mis en examen (dont l'ancien chef de l'État) ;

– l'affaire des sondages de l’Élysée, portant sur des soupçons de favoritisme et détournements de fonds public sous la présidence Sarkozy ;

– l'enquête ouverte après une plainte de Mediapart contre Nicolas Sarkozy pour dénonciation calomnieuse en réponse à celle déposée par l’ancien président pour faux dans l'affaire du document libyen (qui révélait les promesses de financement de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy par le régime de Kadhafi).

À l’avant-veille d’une élection présidentielle, le départ vers le monde politique d’un tel juge fait quelque bruit dans la magistrature. Roger Le Loire a-t-il déjà discuté de ses envies, voire projets, avec des responsables politiques ? Si oui, de quel parti ? Au Monde, il a d'abord indiqué qu’il n’avait entrepris ces démarches de dessaisissement que dans le dessein de pouvoir voter à la primaire ouverte du parti Les Républicains (LR) en novembre.

Mais de son côté, le président du TGI de Paris, Jean-Michel Hayat, a assuré au Monde que M. Le Loire lui « a fait part d’un engagement qui allait au-delà d’un simple vote. Si cela avait été la seule raison, la question du dessaisissement ne se serait pas posée. Il m’a fait part de sa volonté de s’engager auprès d’un candidat déclaré à la primaire de la droite et réfléchissait alors à la possibilité de se présenter comme candidat suppléant pour les élections législatives de 2017. Nous avons donc convenu qu’il devait se dessaisir de certains dossiers et cela s’est fait en bonne intelligence ».

Lire l'intégralité de l'enquête sur le site du Monde

Pas de mobilisation sans confiance
Pas de confiance sans vérité
Soutenez-nous