«Pour stopper l’extrême droite, il ne faut pas prôner une forme d’indifférentisme politique»

Dans un entretien à la revue Contretemps, le professeur de philosophie politique Stathis Kouvelakis revient sur l'après-élections en France. Quelles priorités stratégiques devrait-on se donner pour construire une alternative au néolibéralisme autoritaire ?

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Dans un entretien à la revue de critique communiste Contretemps publié ce lundi 7 août, Stathis Kouvelakis revient sur la séquence électorale qui vient de s'achever. Ce professeur de philosophie politique classé à gauche de la gauche estime notamment que l'abstention au second tour de l'élection présidentielle n'était pas défendable : « La gauche radicale dans son ensemble aurait dû se positionner en faveur d’un vote tactique pour Macron, dit-il. L’abstention n’était, à mon sens, pas une option défendable. La première raison en est que le FN est un parti fasciste, et non simplement un parti bourgeois. Son projet consiste à instaurer une société d’apartheid racial, sous le signe de la “préférence nationale”, à écraser les syndicats, le mouvement social, tout foyer de résistance. Nous ne pouvons être indifférents à la valeur des libertés démocratiques et des droits civiques, nous ne pouvons ignorer que pour une grande partie des citoyens français et des étrangers résidant en France, qui subissent au quotidien le racisme et l’islamophobie, Le Pen représente une menace immédiate. Cela fait une différence de taille avec un politicien qui, bien entendu, défend une politique néolibérale entièrement décomplexée. Si l’on s’accorde sur cette analyse, on ne peut pas confier aux autres le soin de s’acquitter des tâches désagréables, en votant Macron, pour pouvoir soi-même garder sa pureté radicale. Dans l’action politique, chacun doit prendre ses responsabilités, une prescription valable se doit de l’être pour tout le monde. »