Financement libyen : le coup de fil qui compromet le patron de la PJ parisienne

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Un enregistrement téléphonique de la DCPJ a révélé que le patron de la Police judiciaire avait informé son ancien ministre de tutelle, Brice Hortefeux, de la volonté du juge de l'auditionner sur le financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

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Selon une information du quotidien Le Monde, le directeur de la police parisienne, Christian Flaesch, a prévenu en novembre l'ancien ministre de l'intérieur Brice Hortefeux de sa prochaine convocation devant le juge René Cros dans l’une des enquêtes liées au financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. 

La conversation téléphonique entre Christian Flaesch, nommé en 2007 par la droite, et Brice Hortefeux a été enregistrée dans le cadre de la mise sur écoute de l'ancien ministre de l'intérieur (2009-2011), dans l'enquête instruite par Serge Tournaire sur le financement libyen.

Selon les enregistrements téléphoniques, Brice Hortefeux a reçu trois coups de fil de Christian Flaesch en novembre. Au cours du dernier appel, le patron de la PJ aurait indiqué à Brice Hortefeux qu'il serait entendu, non plus par des policiers, mais par le juge René Cros dans l'enquête pour « faux et usage » et « diffusion de fausses nouvelles » concernant le document officiel libyen (ici et ) apportant la preuve du financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Christian Flaesch a également révélé à l'ex-ministre qu'il serait questionné sur son emploi du temps, et sur des éléments justifiant sa présence en France, le 6 octobre 2006, jour où de l'argent libyen lui a été remis à Tripoli. 

L'enregistrement des échanges entre les deux proches de Nicolas Sarkozy a été transmis à Serge Tournaire. Prenant connaissance des échanges, le juge d'instruction a informé le parquet de Paris qui a transmis le dossier au parquet général, en vertu du code de procédure pénale, qui dispose que la PJ est « sous la surveillance du procureur général ». Dans l'après-midi, le directeur de la PJ parisienne a fait l'objet d'une mise en garde du parquet général : au terme d'un entretien, Christian Flaesch « a fait l'objet d'une mise en garde et son attention a été attirée sur la nécessité d'éviter à l'avenir un type de comportement susceptible de donner lieu à des interprétations et des interrogations », a indiqué dans un communiqué le parquet général.

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