Le prix de la liberté

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Tous les commentaires

Présenter le « modèle payant » comme la clef de voûte de l’indépendance et de la qualité me semble relever d’une vision trop simple de la réalité. Est-ce que les lecteurs de la presse nationale qui payent leur journal tous les matins ont une véritable influence sur la qualité de leur journal ? J’en doute. Est-ce que ces journaux, qui ont aussi des modèles payants, sont indépendants ? Je ne crois pas. Ils ont des sources de revenus multiples et aucune n’est suffisamment importante et homogène pour véritablement influencer le contenu du journal. Mais leur problème est d’attirer plus de revenu, donc plus de lecteurs et plus d’annonceurs, ils sont pris dans la course au lectorat, version presse de l’audimat. Plutôt que produire de l’information de qualité, ils cherchent donc à conquérir et fidéliser des segments de marché, et pour cela privilégient le sensationnel, la révélation que les autres n’ont pas encore, et pire, le partisan, l’opinion qui passe avant les faits, l’opinion qui détermine le choix et la présentation des faits. Finalement, il me semble que les actionnaires et les dirigeants sont déterminants vis-à-vis de la qualité du journal, et de son indépendance, qui est une des conditions de cette qualité. Si ses actionnaires et dirigeants se laissaient aller au copinage avec des politiques ou des hommes d’affaires influents, si les cooptations ou les recrutements étaient faits sur la base de la communauté d’opinion plutôt que sur la compétence et la rigueur, alors Mediapart, modèle payant ou pas, tomberait dans les mêmes travers que les autres et produirait la même bouillie indigeste. En attendant je suis optimiste et vous souhaite bonne chance.
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  • 28/03/2008 13:45
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Le « modèle payant » dit machinchose dans le commentaire précédent, mais de mon point de vue la clef de voûte c'est un modèle d'échange. La fin de l'article, donne à ce payement une valeur de message aussi, mais j'y vois simplement un élément qui permet de créer une boucle. L'aire de l'information unilatérale est révolue pour raison technique, à la bonne heure, reste à trouver l'équilibre qui permettra à l'information journalistique de ne pas être brouillé. Passer par une monnaie d'échange n'est qu'un moyen de le faire, et le circuit court évite les interférences, et permet donc une certaine liberté. Je ne sais pas si c'est une autre vision de la même idée, mais personnellement c'est comme ça que je vois cette démarche à laquelle j'adhère. Merci déjà de l'avoir mise en place.
Je me suis abonnee avant le22mars,et depuis j,explore Mediapart et je dois dire que je ne suis en rien decue;j,y ai trouve un confort de lecture du a sa presentation ,a la recherche d,un format de qualite ,a cette abscence de publiscite qui nous entraine dans un tourbillon fatiguant a tel point que l,on ne sait plus toujours ce que l,on lit.Bien entendu Mediapart ce n,est pas que cela;c,est aussi un journal aux articles tres bien ecrits ,aux investigations tres bien menees at qui pour certaines nous tiennet en haleine au ponit que nous attendons impatiemment la suite,alors oui j,ai trouve quelque chose de different et de tres grande qualite ,de tres diversifie,et je poursuivrai mon abonnement .merci a vous
Cet article du président et cofondateur de médiapart.fr pose au moins une partie des questions - et des constats - qui sont les miens à l'issue de 25 années de pratique de ce métier d'écriture journalistique pour plusieurs types de médias et sans pour autant déroger à ce que j'appelle la loi de la " subjectivité assumée". Tirer vers le haut, d'une part, ne pas faire feu de tout bois, ni éluder les propositions de sujets et d'enquêtes susceptibles d'obliger une partie de son lectorat à réviser ses fondamentaux moraux ou politiques, en restant autant que faire se peut à l'écoute du sage comme du fou, de l'aile droite comme de l'aile gauche, en se gardant également des deux... La presse écrite "papier" est victime d'un encadrement qui a trop longtemps cru pouvoir faire l'économie d'une réflexion qui ne soit pas uniquement formulée dans l'intention "d'optimiser les ventes", faisant petit à petit de l'information un produit aseptisé, cleanisé, faits divers sizé. A cela s'est ajouté la difficulté, tant économique que juridique, de maintenir des politiques éditoriales ayant recours à de l'investigation à l'ancienne, sans en compter le temps d'une façon classique. Qui dit pointeuse dit réduction non pas seulement du temps de travail mais de la capacité de la tête chercheuse d'infos à les dénicher car certains pans du réel restent obstinément cachés à ceux qui ne savent pas s'immerger suffisamment longtemps dans un thème ou une théorie de sujets liés entre eux pour aboutir à une vision assez nette des relations interpersonnelles qui produisent tel ou tel événement plus ou moins visible. Exemples : les HLM de la ville de Paris, les frégates de Taïwan 1 et 2, Clearstream pas si "clear" que ça, les villepinades qui ont suivi, les dessous du génocide au Rwanda, la mutation en cours dans la police française, etc. En référer à Albert Camus est à ce titre autre chose qu'une simple marque d'érudition. Point n'est besoin d'avoir lu l'Etranger, La Peste, La Chute, j'en oublie et non des moindres pour comprendre qu'il en va de la réalité de la citoyenneté dans notre pays. Mais pourquoi l'oublier, et ne pas chercher à comprendre des années plus tard les raisons du suicide de Robert Boulin, ou celles qui conduisent tant de jeunes et moins jeunes européens parmi les plus impliqués dans leur quotidien à ne pas même chercher à faire usage de leur droit de vote? Cela n'a rien à voir non plus avec le fait d'être ici ou là sur l'échiquier de la politique telle qu'elle est encore théatralisée à l'Assemblée nationale. Poujade est mort, certes, mais il n'a pas été enterré par tout le monde et c'est bien dommage! Il s'agit tout simplement de savoir s'il est normal que les élus parmi les plus importants de France, les présidents des métropoles et autres communautés d'agglomérations, soient encore élus par leurs pairs et non par madame et monsieur Toutlemonde, à cause de la paresse des législateurs qui savent tous qu'il est urgent de modifier le mode de scrutin qui permet de composer ces assemblées après les municipales, lesquelles permettent ainsi de bombarder presque à chaque fois à la présidence de la super-collectivité l'élu de la ville centre, parce que numériquement soutenu par plus d'élus que ceux de la périphérie, à de rares exceptions près, qui relèvent toutes du lobbying de couloir! Oui, le devenir et l'avenir de la presse passe par l'achat des informations, car leur édition faussement gratuite interdit de facto à tout journaliste un tant soit peu désireux d'écrire ce qu'il a constaté et vérifié de le faire sans être immédiatement freiné ou censuré par les représentants des intérêts visés par son travail. L'écrivain irlandais John Mac Gahern m'a confié un jour peu avant son décès qu'il s'était toujours intéressé dans ses romans à de très petites choses intervenant dans de tous petits pays de l'ouest irlandais, "car seul le très local est universel". De même, le journalisme susceptible de réveiller le plus grand nombre de lecteurs quels qu'ils soient ne passerait-il pas aussi par un regard capable d'aller sans cesse du plus petit fait à l'analyse macro-économique, macro-politique et sociétale la plus mondialisée? Mécanisme qui implique la plupart du temps de ne pas faire que des heureux, sans forcément chercher pour autant à "cibler" tel ou tel personnage, telle ou telle tribu, tel ou tel parti. Oubliez mai 68, disait Daniel Cohn-Bendit, oubliez Alain Minc pour quelque temps aussi, en laissant le cas échéant à la justice le soin de faire son travail. Mais n'oubliez pas de nous parler de ce qu'ils ont fait l'un comme l'autre pour marquer - et comment mesurer cela, c'est encore une autre paire de manches - leur époque pour le premier, le microcosme parisien pour l'autre... Rencontrant Annick Coupé, co-fondatrice de SUD ( Solidaires, Unitaires, Démocratiques) lors de la reconstitution du Groupe des Dix à la fin du XXe siècle, m'étonnant auprès d'elle de voir naître une sorte de nouvelle confédération déguisée en union de syndicats qui se voulaient encore autonomes à l'époque, je lui disais mon sentiment que SUD ne parviendrait pas à lutter contre les forces, grégaires, de ceux qui sentiraient le besoin de lutter à armes égales aux côtés - ou contre - les anciennes fédérations, CGT, CFDT, FO en tête. Sa réponse avait alors été catégorique : non, aucun risque de voir SUD devenir un jour une nouvelle "fédé". Sans possibilité de mettre en question ce type d'affirmation, de croyance remplaçant les anciennes croyances - au point d'en oublier le temps du deuil, la nécessité de la réflexion et du repos syndical et social, y compris sur le plan personnel - le médiateur qu'est le journaliste traditionnel ne peut qu'être instrumentalisé par de telles personnalités qui ne quittent le champ d'une action que pour mieux rebondir dans une autre sphère média : du syndical, on passe ainsi à ATTAC, l'association, pas la grande surface. Du monde de la médecine, ou passe "naturellement" à celui de la politique, de l'enseignement à celui des mandats locaux, etc, etc. Oui, Edwy Plenel et les rédacteurs de Médiapart auront eux aussi raison de se méfier d'eux-mêmes encore plus que des autres, parce que, et René Char l'écrivait en mai 68 : "Méfiez-vous de moi comme je me méfie de moi, car je ne suis pas sans recul".* Enfin ceci : " Tu es celui qui maîtrise sa sottise particulière en délivrant un contenu universel".* Et si la citation d'auteur est à la pensée journalistique ce que la médaille est au revers de la veste du dignitaire le plus banal, n'oubliez pas vous aussi qu'il vous sera nécessaire de relire souvent ces mots-là avant d'en percevoir durablement la portée. *( In Le Nu perdu et autres poèmes, chez Gallimard).
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  • 13/02/2011 17:00
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En regardant le film Jeux de Pouvoir (2009) où Russell Crowe y joue un rôle qui lui va bien de journaliste d'investigation je me suis demandé si cela avait existé ou existe en France : le journalisme libre et indépendant ?

Mediapart l'a fait, nous l'avons notre journal qui ne travaille que pour la vérité et sa diffusion sans se prendre dans les toiles d'une idéologie politique ou gouvernementale.

Je ne sais pas si vous ressentez la même chose que moi , mais y a comme un air de liberté et une saveur de vérité par ici.

Merci à Mediapart et merci surtout à vous, ses journalistes, qui "sans peurs et sans reproches" menez à bien votre tâche de journalisme d'investigation.

Savourons et participons ! Sourire

Gaspart

 

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  • 01/04/2011 18:36
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Jean-Pierre Mignard, ami d'Edwy Plenel, ami de Kouchner, ami de salopards comme Idriss Déby et Paul Biya, est l'avocat de Mediapart et le conseiller d'Alassane Ouattara.

Votre grande exigence d'"honnnêteté" et d'"indépendance" vous a permis de mener une campagne de désinformation et de promotion d'Alassane Ouattara.

Aujourd'hui c'est la guerre en Côte d'Ivoire, et votre responsabilité est engagée.

Honte à vous.

Les journalistes de Mediapart ont ils des conflits d'intérêts ?

Ca me titillait depuis un bout de temps, je n'avais pas été de l'aventure à ses débuts, je le regrettai, un sentiment d'avoir loupé un élan prometteur, d'aucuns diront que je suis plus un suiveur qu'un précurseur, soit. J'avoue, j'étais un peu en observateur, à l'affût du faux pas, du compromis décevant, de la fausse pige bidonnée, du papier mensonger ou de la contre vérité à demi-mot avouée.

En 5 ans, je n'ai rien vu de tout cela. Je pressentais bien au fond de moi, malgré tout ce que j'ai pu lire à droite et à gauche, que d'une façon ou d'une autre, je devais soutenir l'entreprise de M. Plenel, qu'en d'autres temps ont eût qualifié d'aventure d'un honnête homme. Oui je veux croire en une presse indépendante, oui je veux croire en un journalisme sans doute militant, parfois partisan, mais ni sectaire ni prêt à vendre son âme au plus offrant, ou disposé à céder aux sirènes du politiquement correct à la moindre pression ou admonestation. Oui je crois qu'une presse représentant un véritable contre pouvoir à tous les pouvoirs auto-proclamés peut et doit exister en France, comme il en existe, dans une certaine mesure, aux Etats-Unis, et oui j'espère que cette entreprise d'un journalime émancipé, adulte, responsable et désaliéné de toutes les féodalités et omertas claniques, ne nous decevra jamais.

Par mon abonnement tardif, mais réfléchi et non moins engagé, c'est un peu cette requête que je formule auprès de M. Plenel et de toute l'équipe de Médiapart. Ne nous décevez pas, nous ne retenterons pas l'expérience, ni ailleurs, ni plus tard.

C'est pourquoi le projet MediaPart s'avance à contre-courant de la vulgate dominante selon laquelle il n'y aurait qu'un modèle viable sur le Net, celui de l'audience et de la gratuité. D'abord, cette pensée unique repose sur un mensonge : le gratuit ne l'est pas, non seulement parce qu'il est financé par la publicité, mais surtout parce que vous ne cessez de payer, souvent trop cher, les équipements, les abonnements, bref les tuyaux qui donnent accès à ces contenus prétendument gratuits. Ensuite, elle véhicule l'illusion que tout se vaut puisque tout serait gratuit, le meilleur comme le pire, l'information pertinente comme la rumeur infondée. Enfin, dans sa course au plus grand nombre, elle tire vers le bas l'information, l'uniformise et la banalise, la malmène et la dévalorise.

Ce texte est vraiment très bon et c'est derrière cet étandart que nous nous somme tous engagés.

Pourquoi l'avoir détruit le 3 Juillet 2013 ?

Je vous remercie, par avance, pour une réponse.

A bientôt.

Amitié.

Bonjour Monsieur Plenel. Vivre à raison, un journal est comme un système et ne vaut que par son maillon le plus faible, une virgule par exemple... Vous me direz que c'est à la demande d'un grand nombre de... Air connu. Si cette même majorité vous demande d'aller vous faire pendre, vous exécuterez-vous, si j'ose dire? Alors de deux choses l'une: ou vous vous soumettez à une logique comptable considérant qu'il y a des lecteurs de première et de seconde zone ou vous acceptez, (plus difficile je l'admets), que les internautes fassent eux-mêmes la part des choses. Offrir une arme aussi perverse aux plus incontrôlables n'est pas la solution. Je doute que vous preniez en compte cette requête. Pas rancunier je souhaite bonne chance à ce journal, conscient de la fragilité de ses bases...  

Offrir une arme aussi perverse aux plus incontrôlables n'est pas la solution.

Bonjour Zoulouhotel,

Un grand merci pour cette formulation qui me semble être très pertinente Super ! .

A bientôt.

Amitié.

++++

Dasein est un terme allemand qui littéralement signifie « être-là », au sens de « présence » ou « existence ». Dans l'usage du philosophe allemand Martin Heidegger ce terme de Dasein est devenu, avec son maître ouvrage Être et Temps, un concept majeur au moyen duquel, l'auteur cherche à distinguer la manière d'être spécifique de l'être humain qui n'est pas celle des choses ordinaires, ainsi le Dasein est cet être particulier et paradoxal, qui est confronté à la possibilité constante de sa propre mort1, en a conscience, vit en relation étroite avec ses semblables et qui, tout en étant enfermé dans sa solitude, est toujours au monde, auprès des choses.

Le concept

Dasein apparaît pour la première fois au paragraphe 9 de Être et Temps. C'est toute l'analyse ontologique, la recherche du sens de l' « être », à laquelle se livre Martin Heidegger, qui lui impose de substituer le concept de Dasein aux concepts traditionnels d'homme et de sujet, car ceux-ci découlent de présupposés ou d'à-prori ontologiques impensés, relevant d'une décision inconsciente quant au sens de l'être accepté depuis Aristote, qu'il se propose justement de mettre à jour, de déconstruire et de surmonter.
Dans l'esprit de Martin Heidegger le terme de Dasein sera sensiblement équivalent au terme d'existence appliquée à l'être humain. C'est d'ailleurs en ce sens que Hegel l'avait déjà utilisé. Le fait d'introduire la notion d'existence témoigne déjà de l'écart qui n'a cessé de se creuser entre la traduction littérale de Dasein par « être-là », qui concerne l'ensemble des choses présentes, ou réelles, et le développement conceptuel qu'en ont fait Hegel et plus tard Martin Heidegger tout particulièrement.
Avec ce concept Heidegger tente de rendre métaphysiquement compte des phénomènes complexes liés à l'analyse de la vie humaine, de la vie dite facticielle, comme la dispersion, la temporalité, la facticité la finitude tels qu'ils étaient apparus dans les travaux qu'il avait mené antérieurement2,3.

Articles détaillés : Phénoménologie de l'existence, Heidegger avant Être et Temps et Phénoménologie de la vie religieuse.

Son origine

Afin de répondre à la question du sens de l'« être », la seule voie qui reste ouverte, une fois écartés les à priori classiquesN 1, va consister à interroger l'étant qui parmi tous les étants se pose cette question, c'est-à-dire l'étant que nous sommes nous-mêmes, qui en posant cette question manifeste qu'il a une connaissance au moins courante et vague de l'être (voir §2 Être et temps) et que Heidegger désigne sous le terme de Dasein ou « être-là »4. L'homme, dans son existence quotidienne, manifeste toujours une certaine compréhension spontanée de l'être des étants qui l'entourent comme de son être propre (autrement dit, il sait pré-conceptuellement si une chose est, et quand elle est) : le terme de Dasein recouvre cette capacité ontologique qui est le privilège de l'homme5. Emmanuel Lévinas apporte dans son livreN 2, des précisions quant au sens de cette compréhension pré-ontologique de l'être par le Dasein.
Cette pré-compréhension naturelle de l'être constituera la première détermination du Dasein.

De plus Heidegger, dans sa démarche, recherche le sol originaire, autrement dit le fondement, à partir duquel le tout premier sens du mot être sera manifeste et incontestable. Dans la forme seulement, cette démarche s'apparente à celle de Descartes qui fait du cogito, le principe premier de sa métaphysique. Toutefois, Heidegger, en phénoménologue, conteste absolument la démarche de l'ontologie cartésienne, trop rationnelle à son goût, pour questionner concrètement l'existence qu'éclaire l’étymologie même de ce mot : « être tiré de », tiré de la « quotidienneté », tiré surtout de l’anonymat rassurant du « on » qui est sa réalité habituelle, et dont il a l'intuition qu'elle peut dans sa pure naturalité, et son accomplissement le plus banal révéler quelque chose du sens du mot « être »6.

L'analytique existentiale,

ou premier aperçu sur le concept de Dasein.

Heidegger appelle « analyse existentiale » l'analyse préliminaire du Dasein. Approcher le concept de Dasein exige de faire l'effort de s'abstraire de toute la métaphysique de la nature ou de l'essence de l'homme depuis l'origine : dualité corps et esprit ou corps et âme, dualité sujet et objet, dualité essence et existence mais aussi des concepts développés par les sciences contemporaines que sont l'anthropologie ou la psychologie (c'est tout l'objet du chapitre intitulé la critique heideggerienne de l'anthropologisme de Françoise Dastur dans Heidegger et la pensée à venir7).

L'expression Dasein est une contraction de l'allemand : da sein, qui signifie littéralement en français « être là ». Cependant, Heidegger affirme8,9, qu'il s'agit d'une traduction incorrecte de son concept de Dasein, et qu'il faut plutôt oser en français la traduction a priori surprenante d'« être-le-Là », traduction qui sera justifiée progressivement avec la description des attributs et contours du Dasein.

La précision apportée par Heidegger lui-même, sur ce sujet, et sur laquelle nous nous appuierons pour en présenter un premier aperçu, apparait rétrospectivement fondamentale ; ainsi précise-t-il : « penser autrement est manquer le point de départ »10, ce qui souligne l'erreur d'interprétation et de traduction de Jean-Paul Sartre dans L'Être et le Néant. Il est à noter dès cet instant que Heidegger n'a rien à voir avec l'Existentialisme qui l'aurait mal interprété, comme il l'indique dans la Lettre sur l'humanisme dès 1946.

On dessinera les contours formels de ce concept à partir de son appellation allemande, mais surtout à partir de sa traduction française « être-le-là » qu'il propose lui-même. C'est donc les sens du « Da », du « Là », et du « Sein » ainsi que celui que donne Heidegger au concept associé de « Monde » qui doivent être considérés comme plans successifs de cette investigation sommaire.

Apports du mot Dasein et de sa traduction française

Apports de la proposition heidegerienne de la traduction en français du terme Dasein par « Être-le-Là », ce qui revient à une véritable explication de texte par l'auteur.

Le Da du Dasein

Dans Da est l'idée d'un positionnement, d'une situation de fait, qui s'imposerait au Dasein. C'est ce que Heidegger exprime quand il caractérise le Dasein comme « être-jeté »11. Comme être-jeté cependant le Dasein est en mode factif c'est-à-dire qu'il est là, à chaque fois, en vertu de son être et non pas sur un mode indifférent, il est riche de son « être-été »12. C'est à la phénoménologie de l'existence, pratiqué dans sa jeunesse, que Heidegger doit l'établissement des points qui suivent.

  • L'homme est un être historique qui ne choisit pas le lieu et le comment de son insertion dans la vie.
  • C'est à tout moment, et dans tous ses extases et pro-jets successifs, dans sa « résolution devançante » qu'il en est ainsi : il a toujours et à chaque fois déjà réalisé certaines de ses possibilités qu'il doit à chaque fois prendre en charge, qu'il le veuille ou non, dans une nouvelle situation13. Il y a dans cette expression l'idée d'un caractère irrécupérable de la vie14 et aussi d'un fardeau.
  • Intervient aussi l'idée de la brièveté du séjour, entre entrée en présence et retrait, de tous les étants. Cette brièveté de séjour n'étant en rien la constatation triviale de l'impermanence des choses, voir article « La parole d'Anaximandre ».
  • Dans cette situation à laquelle il doit faire face « il a « à être » le plus propre de son être ».

Le Là de « Être-Le-Là »

Dans le « Là », l'idée d'un lieu prend de l'ampleur, l'horizon s'élargit15,10. On rentre dans l'« éclaircie », ou la « clairière » de l'être, ( expressions heidegeriennes : ce qui se donne à voir au Dasein). Toutefois chez Heidegger , comme le remarque Emmanuel Lévinas16 la topologie va jusqu'à basculer en ontologie lorsque il est avancé dans une formule choc, la thèse audacieuse que l' être est son .

Le Dasein se comprend comme « étant-le-Là » de l’être ; non point comme le lieu réceptacle de l’être, mais comme le lieu dimensionnel, l’espace de déploiement propre, le champ de manifestation et de dispensation de la présence de l’être. Lequel champ n’est donc pas l’homme lui-même, mais bien ce qui, de l’être, constitue l’homme comme capable d’une compréhension de l’être ; c’est l’existence singulière concrète de l’homme.

Cependant, même en étant son « Là », le Dasein n'ouvre pas pour autant un espace au sens physique. Le Dasein est son « Là » veut seulement dire : il est son « ouverture » ; ce qui n'a rien à voir avec « l'ici et le là-bas » : l'ouverture est la totalité indéterminée du Monde, la totalité des possibilités et de l'espace de jeu qui sont ouvertes au Dasein.

« Être son ouverture » est donc dans l'esprit de Heidegger à prendre au pied de la lettre, l'ouverture est comme un existential, un attribut du Dasein, c'est pourquoi François Vezin17, a proposé de transposer le mot allemand Offenheit en « ouvertude », terminaison que le français peut autoriser et qui rend bien cette idée fonctionnelle à l'image d'autres mot en « ude » comme inquiétude, solitude, finitude.

Si le monde ontologique n'est pas un espace, une sommation d'objets, le Dasein par contre existe sur un mode spatialisant : il dispose et oriente toutes choses. La spatialisation est un mode d'être du Dasein, qui est une autre détermination de son essence selon une autre formule choc « L'essence du Dasein réside dans son existence »18.

Le Sein du Dasein

Dans le Sein, est en question l'idée de l'être, (sens verbal) et non de l'essence. Selon Heidegger, dans Être et Temps, l'être du Dasein, « l'être-le-là », n'est ni une substance, ni un sujet, mais celui qui est à « chaque fois le mien », Die Jemeinigkeit, celui dont j'ai à me préoccuper, qui a « à être » et qui n'est jamais qu'une pure possibilité19 . Le terme de Dasein n’est pas une simple périphrase pour remplacer celui de conscience, Bewusstsein, mais une dénomination topologiqueN 3. L'être du Dasein réside tout entier dans cette formule réflexive qui ne désigne pas une substance:« L'être dont il y va pour cet étant en son être est à chaque fois sien ».
La plupart du temps cet « avoir-à-être » cette possibilité ou cette existence termes équivalents n'est rien de spécifique ou d'exceptionnel. Le Dasein vit constamment, ou retourne, dans sa quotidienneté, comme « être-dans-la-moyenne »20.

Exister se dit de multiples manières

Les structures fondamentales de l'existerÊtre-au-monde

L' « être-au-monde21», In-der-Welt-sein, est un mode existential fondamental et unitaire du Dasein dont le dévalement, (immersion dans le monde), fournit l'attestation. Cette formule nous dit Emmanuel Levinas est ontologique, elle ne signifie pas simplement que le Dasein est dans le monde, elle caractérise la manière dont nous comprenons l'existence à partir des possibilités ouvertes d'ores et déjà saisies. C'est la « disposition », la Befindlichkeit, et non l'intellect, qui nous ouvre primairement le monde. Ce à quoi le Dasein est de prime abord ouvert, ce n'est pas la réalité sensible mais à la signification qu'elle revêt pour lui22. Être sans substance, le Dasein ne possède pas de qualités, ses déterminations propres sont appelées des « existentiaux », c'est-à-dire, des modes d'être23 qui correspondent à diverses figures de l'existence :

Être-là et quotidienneté

Au quotidien, l’étant se donne au Dasein dans la préoccupation (Besorgen), et non dans la visée théorétique d'un objet de connaissance. L'intentionnalité husserlienne est réinterprétée comme un « se-soucier-de » l'étant, dont la visée d'un objet de connaissance dérivera. Le Dasein utilise l’étant qui se donne à lui comme « util » (Zeug). Cette relation est dominée par « l'en vue de… », on se saisit d'un étant « à-portée-de-la-main », Zuhandenheit pour réaliser quelque chose.

La préoccupation, englobe les activités les plus diverses. Dans l'optique d'Être et Temps, la distinction qui importe n'est plus celle entre la pratique et le théorique, mais entre la préoccupation qui discerne, et le dévoilement théorique de l'étant24.

Le Souci

Est étudié plus loin en tant que structure fondamentale.

Dasein est un terme allemand qui littéralement signifie « être-là », au sens de « présence » ou « existence ». Dans l'usage du philosophe allemand Martin Heidegger ce terme de Dasein est devenu, avec son maître ouvrage Être et Temps, un concept majeur au moyen duquel, l'auteur cherche à distinguer la manière d'être spécifique de l'être humain qui n'est pas celle des choses ordinaires, ainsi le Dasein est cet être particulier et paradoxal

Un élément de notre ressenti de ce dasein :

Recommander : approbation, connivence, ralliement, admiration, relation, soutien, appui, piston, ... Cette fonction mesure les rapports de force, les alliances d'un jour. C'est une fonction intéressante uniquement du point de vue de la connaissance rapide du milieu. 

Source : Tout va bien chez Mediapart 08 juillet 2013 |  Par Dimitri Latsis

Dasein est un terme allemand qui littéralement signifie « être-là », au sens de « présence » ou « existence ». Dans l'usage du philosophe allemand Martin Heidegger ce terme de Dasein est devenu, avec son maître ouvrage Être et Temps, un concept majeur au moyen duquel, l'auteur cherche à distinguer la manière d'être spécifique de l'être humain qui n'est pas celle des choses ordinaires, ainsi le Dasein est cet être particulier et paradoxal

Un élément de notre ressenti de ce dasein :

Déconseiller : désapprobation, hostilité, désaccord, excessif, ... Cette fonction mesure les convergences des opposants ponctuels, les tensions entre groupes, les frustrations, la mauvaise humeur, la vengeance, ... La peur d'être déconseillé empêchera peut-être certains d'insulter les autres. Aucune efficacité concernant les trolls.

Exemple 1. Le talentueux Antoine n'insulte plus (provisoirement ?) ses lecteurs. Il laisse son fan-club déconseiller ceux qui le critiquent (ils sont au maximum 9, comme on peut le constater sur ses trois derniers textes). 

Exemple 2. Le commentaire suivant était plié : « Dommage, article intéressant, mais style indigeste. » Il s'agit d'un commentaire modéré sur un article d'Antoine. Son fan-club à défaut de pouvoir Recommander un commentaire du maître (qui se tait) il a déconseillé celui qui l'a critiqué. Ça montre le niveau de son fan-club.

Exemple 3. Le massacre à la tronçonneuse de Mithra-Nomadeblues chez F. Bonnet est intéressant à analyser.

Source : Source : Tout va bien chez Mediapart 08 juillet 2013 |  Par Dimitri Latsis

Dasein est un terme allemand qui littéralement signifie « être-là », au sens de « présence » ou « existence ». Dans l'usage du philosophe allemand Martin Heidegger ce terme de Dasein est devenu, avec son maître ouvrage Être et Temps, un concept majeur au moyen duquel, l'auteur cherche à distinguer la manière d'être spécifique de l'être humain qui n'est pas celle des choses ordinaires, ainsi le Dasein est cet être particulier et paradoxal

Un élément de notre ressenti de ce dasein :

Pliage. Je ne vois pas la raison pour laquelle un commentaire devrait être plié (caché). Tout commentaire vaut un autre. Cette fonction est complètement aberrante, contraire au principe de l'égalité.

Source : Source : Tout va bien chez Mediapart 08 juillet 2013 |  Par Dimitri Latsis

Dasein est un terme allemand qui littéralement signifie « être-là », au sens de « présence » ou « existence ». Dans l'usage du philosophe allemand Martin Heidegger ce terme de Dasein est devenu, avec son maître ouvrage Être et Temps, un concept majeur au moyen duquel, l'auteur cherche à distinguer la manière d'être spécifique de l'être humain qui n'est pas celle des choses ordinaires, ainsi le Dasein est cet être particulier et paradoxal

Un élément de notre ressenti de ce dasein :

Fermé aux commentaires. « J'ai le droit de faire des commentaires dans votre blog, mais vous n'avez pas le droit d'en faire dans le mien ! » Le mépris du débat et la peur de la contradiction. Dans un espace qui se veut démocratique, il faudra insister par la persuasion d'éliminer de telles pratiques.

Source : Source : Tout va bien chez Mediapart 08 juillet 2013 |  Par Dimitri Latsis

Dasein est un terme allemand qui littéralement signifie « être-là », au sens de « présence » ou « existence ». Dans l'usage du philosophe allemand Martin Heidegger ce terme de Dasein est devenu, avec son maître ouvrage Être et Temps, un concept majeur au moyen duquel, l'auteur cherche à distinguer la manière d'être spécifique de l'être humain qui n'est pas celle des choses ordinaires, ainsi le Dasein est cet être particulier et paradoxal

Un élément de notre ressenti de ce dasein :

Trolls. On est toujours le troll de quelqu'un et les trolls ont toujours bon dos. Les définitions varient mais essentiellement c'est quelqu'un qui « fout la merde »  en perturbant le fil de la discussion. Personne n'aime les trolls mais on s'ennuie quand ils sont absents !

Source : Source : Tout va bien chez Mediapart 08 juillet 2013 |  Par Dimitri Latsis

 

Dasein est un terme allemand qui littéralement signifie « être-là », au sens de « présence » ou « existence ». Dans l'usage du philosophe allemand Martin Heidegger ce terme de Dasein est devenu, avec son maître ouvrage Être et Temps, un concept majeur au moyen duquel, l'auteur cherche à distinguer la manière d'être spécifique de l'être humain qui n'est pas celle des choses ordinaires, ainsi le Dasein est cet être particulier et paradoxal

Un élément de notre ressenti de ce dasein :

Alerter. Je suis absolument contre cette fonction (sauf si elle est publique).  C'était un sport national les années 40 et ça m'effraie de voir certains afficher avec fierté « Je viens de rentrer et de trouver un mail de la rédaction me félicitant d’avoir enfin permis de découvrir “pour qui il roule”.... ». J'aimerais savoir qui au sein de la rédaction traite et félicite ces mouchards.

Source : Tout va bien chez Mediapart 08 juillet 2013 |  Par Dimitri Latsis

Dasein est un terme allemand qui littéralement signifie « être-là », au sens de « présence » ou « existence ». Dans l'usage du philosophe allemand Martin Heidegger ce terme de Dasein est devenu, avec son maître ouvrage Être et Temps, un concept majeur au moyen duquel, l'auteur cherche à distinguer la manière d'être spécifique de l'être humain qui n'est pas celle des choses ordinaires, ainsi le Dasein est cet être particulier et paradoxal

Un élément de notre ressenti de ce dasein :

Dépublier. L'auteur a le droit d'effacer l'objet d'une controverse ! Et ceux qui ont répondu au commentaire dépublié ? Quel est l'auteur de la dépublication du commentaire ? A mon avis, on ne devrait pas avoir le droit

Source : Tout va bien chez Mediapart 08 juillet 2013 |  Par Dimitri Latsis

Dasein est un terme allemand qui littéralement signifie « être-là », au sens de « présence » ou « existence ». Dans l'usage du philosophe allemand Martin Heidegger ce terme de Dasein est devenu, avec son maître ouvrage Être et Temps, un concept majeur au moyen duquel, l'auteur cherche à distinguer la manière d'être spécifique de l'être humain qui n'est pas celle des choses ordinaires, ainsi le Dasein est cet être particulier et paradoxal

Un élément de notre ressenti de ce dasein :

Commentaire sélectionné par Mediapart. C'est essentiellement le privilège du prince Antoine de sélectionner le meilleur commentaire parmi ses larbins du moment. De même, il faudra instaurer le commentaire du mois, de l'année, ...

Source : Tout va bien chez Mediapart 08 juillet 2013 |  Par Dimitri Latsis

Dasein est un terme allemand qui littéralement signifie « être-là », au sens de « présence » ou « existence ». Dans l'usage du philosophe allemand Martin Heidegger ce terme de Dasein est devenu, avec son maître ouvrage Être et Temps, un concept majeur au moyen duquel, l'auteur cherche à distinguer la manière d'être spécifique de l'être humain qui n'est pas celle des choses ordinaires, ainsi le Dasein est cet être particulier et paradoxal

Un élément de notre ressenti de ce dasein :

Charte. Il est évident que quelqu'un qui publie doit se conformer à la Charte (même s'il est en désaccord). Or,  au nom de la Charte la « rédaction » censure des propos politiques.

Source : Tout va bien chez Mediapart 08 juillet 2013 |  Par Dimitri Latsis

Dasein est un terme allemand qui littéralement signifie « être-là », au sens de « présence » ou « existence ». Dans l'usage du philosophe allemand Martin Heidegger ce terme de Dasein est devenu, avec son maître ouvrage Être et Temps, un concept majeur au moyen duquel, l'auteur cherche à distinguer la manière d'être spécifique de l'être humain qui n'est pas celle des choses ordinaires, ainsi le Dasein est cet être particulier et paradoxal

Un élément de notre ressenti de ce dasein :

Censure. Certains confondent la vraie censure où des commentaires disparaissent avec le jeu « je te plie-je te déplie ». Je ne vois pas beaucoup de démocrates s'insurger contre la vraie censure politique (rare mais réelle) lorsqu'elle se présente.

Source : Tout va bien chez Mediapart 08 juillet 2013 |  Par Dimitri Latsis

Exister se dit de multiples manières

Les structures fondamentales de l'existerÊtre-au-monde

L' « être-au-monde21», In-der-Welt-sein, est un mode existential fondamental et unitaire du Dasein dont le dévalement, (immersion dans le monde), fournit l'attestation. Cette formule nous dit Emmanuel Levinas est ontologique, elle ne signifie pas simplement que le Dasein est dans le monde, elle caractérise la manière dont nous comprenons l'existence à partir des possibilités ouvertes d'ores et déjà saisies. C'est la « disposition », la Befindlichkeit, et non l'intellect, qui nous ouvre primairement le monde. Ce à quoi le Dasein est de prime abord ouvert, ce n'est pas la réalité sensible mais à la signification qu'elle revêt pour lui22. Être sans substance, le Dasein ne possède pas de qualités, ses déterminations propres sont appelées des « existentiaux », c'est-à-dire, des modes d'être23 qui correspondent à diverses figures de l'existence :

Être-là et quotidienneté

Au quotidien, l’étant se donne au Dasein dans la préoccupation (Besorgen), et non dans la visée théorétique d'un objet de connaissance. L'intentionnalité husserlienne est réinterprétée comme un « se-soucier-de » l'étant, dont la visée d'un objet de connaissance dérivera. Le Dasein utilise l’étant qui se donne à lui comme « util » (Zeug). Cette relation est dominée par « l'en vue de… », on se saisit d'un étant « à-portée-de-la-main », Zuhandenheit pour réaliser quelque chose.

La préoccupation, englobe les activités les plus diverses. Dans l'optique d'Être et Temps, la distinction qui importe n'est plus celle entre la pratique et le théorique, mais entre la préoccupation qui discerne, et le dévoilement théorique de l'étant24.

Le Souci

Est étudié plus loin en tant que structure fondamentale.

Les différentes figures de l'existence

Article détaillé : phénoménologie de l'existence.

Toujours au Monde, l'existence du Dasein se déploie simultanément selon cinq moments structurels:

« Être-jeté »

Article détaillé : Être-jeté.

« Être-avec »

ou être-avec-autrui Le Dasein est essentiellement « être-avec ». Il n'y a pas un « Moi » et les autres mais, un monde donné les uns « avec » les autres, indisolublement, des autres qui sont aussi des Dasein.

Article détaillé : Être-avec.

« Être-en-faute »

ou « Être-en-dette ». Aucune connotation morale plutôt l'idée d'un manque, d'un déficit. Le Dasein a « à-être » ce qu'il n'est pas, mais qu'il est néanmoins, au titre de la possibilité à laquelle, Heidegger accorde une grande valeur ontologique

Article détaillé : Être-en-faute.

« Être-vers-la-mort »

est à prendre au sens d'être exposé à, coordonné à… . L'« Être-vers-la-mort » est un existential, le rapport de l'homme à sa propre mort est constitutif de son être. Dans notre être, nous sommes mortels, nous ne mourons pas « en plus » comme le pensait Jean-Paul Sartre, cité par Jean-Luc Nancy (Être pour la mort, France Culture, interview archivée du 17/05/11 de l'émission : Les Nouveaux chemins de la connaissance)25.

Article détaillé : Être-vers-la-mort.

« Être-Soi »

Le Soi se retrouve non pas dans un « je » souverain (le cogito cartésien) et à priorique, mais à même l'expérience concrète et à chaque fois renouvelée d'une suite d'expériences recueillies et rassemblées sur un mode narratif par le Dasein, le monde qui fait originairement encontre est toujours le « monde du Soi », celui des toutes premières significativités :
« Je suis présent à moi-même concrètement dans une expérience déterminée de la vie, je suis dans une situation »26. « Il n'y a jamais de sujet sans monde et isolé »27. « Ce qui est premier ce ne sont pas les vécus psychiques, mais des « situations » changeantes qui déterminent autant de lieux spécifiques de compréhension de soi-même… »28. « De même que toute parole sur le monde implique que l'être-là s'exprime sur lui-même, tout comportement qui se préoccupe est une préoccupation au sujet de l'être de l'être-là. Ce dont je m'occupe, ce à quoi j'ai affaire, ce à quoi mon métier m'enchaîne je le suis d'une certaine mesure moi-même »29.
Mais il ne suffit pas de faire appel à une expérience renouvelée pour justifier l'existence de l'ipséité ou de la continuité du Soi. Ce sont les phénomènes du « Souci », de l'« appel de la conscience » et de la Résolution, qui vont intervenir dans l'explicitation complexe qu'en donne Jean Greisch30.

le décèlement du monde Le monde du Dasein

Article détaillé : Monde et mondéité.

Le « monde » du Dasein renvoie à une double appartenance réciproque21,31. Le concept de « monde » renvoie à la fois à l'ouverture et à l'habitabilité. En tant qu'éclaircie cet « ouvert » n'est pas à prendre au sens aristotélicien de collection d'étants mais plutôt platonicien de lumière. En liaison avec l'idée d'« ouvertude », le « monde» de Être et Temps peut être défini comme le champ de la préoccupation soucieuse. En travaillant sur la vie facticielle le phénomène du monde se donne selon trois moments distincts, l'Umwelt (le monde naturel et social qui nous entoure), le Mitwelt (les autres les proches et les etrangers auxquels nous avons à faire), le Selbstwelt (ce à quoi j'ai affaire et le mode personnel selon lequel je le rencontre)32.

le phénomène de l'outil Dans le champ de préoccupation qui constitue son monde le Dasein ne rencontre pas à strictement parler des objets, mais des « outils », au sens large, « des choses qui servent- à- » ou « qui sont produites- pour- ». En étant essentiellement pour quelque chose d'autre que pour eux-mêmes, les outils ont la caractéristique de « renvois » .dans chaque « outil », s'annonce une multitude de « renvois » dont la totalité va de proche en proche constituer ce que Heidegger, appelle « monde »33

L'Être-au-monde

C'est dans la structure d' « être-au-monde » que le Dasein nous est primitivement donné. Le rapport à une extériorité à une totalité est ce qui se donne en toute priorité lorsque l'on cherche à caractériser l'homme en son être34.Comprise de prime abord comme appartenance au monde, l'étude de la constitution et de la mobilité du Dasein met à jour une structure duale, comme quoi le Dasein « appartient » et en même temps « n'appartient pas » au-monde.

l'appartenance au monde

la structure

S'agissant de l'homme, Heidegger s'oppose à la simplicité de la notion transmise par la tradition d'un d'être substantiel au milieu de tous les autres étants, en faisant appel au terme de Dasein qui pour lui, prendra le sens d'un être dans son essence sans substance, toujours dans ou auprès du monde [In-der-Welt-sein]35

  • L'être-au-monde est un existential, c'est-à-dire une détermination catégoriale constitutive de l'exister humain il n'y a plus d'existence sans monde, ni de monde sans existenceN 4
  • Au sens existential le « dans » signifie un « être-auprès-de », (partageant la familiarité ou l'intimité de quelqu'un). Le monde dans « être-au-monde » n'est pas un supercontenantN 5.
  • C'est pourquoi dire « Le Dasein existe toujours en commerce avec un monde qui l'accapare, l'assiège, l'assaille, l'investit au point de l'obnubiler ou de l'hébéter complètement qui semble par ailleurs préserver l'autonomie de Dasein et du monde n'atteint pas la réalité de la symbiose36 ».

À noter cette remarque importante de Heidegger que l'ouverture d'un monde présuppose la possibilité du néant et donc que cette ouverture de monde, comme structure constitutive du Dasein, « Être-au monde », « n'est possible que lorsqu'elle est rapportée à une fermeture plus originelle qu'elle »37, à savoir l' Être-vers-la-mort.

La diversité infinie des comportements peut et doit être regroupée dans une unité sous-jacente que Heidegger reprend de ses études sur la "phénoménologie de l'existence" qui au plan existential, celui de l'être, prendra comme nom, le « Souci » "Sorge", entendu dans le double sens, empressement auprès du monde et, souci du Soi. Ce caractère soucieux prend une telle importance que Heidegger proclamera :

« Le Dasein ontologiquement compris est Souci »

— Heidegger, Être et Temps trad Vezinp. 91

Pour Heidegger, dire le Dasein est son « Là », ou « être-au-monde », revient au même, ils révèlent à l'analyse plusieurs existentiaux :

les existentiaux

Les existentiaux tiennent pour le Dasein le rôle des catégories de la métaphysique qui ne conviennent pas pour un vivant. Marlène Zarader note par exemple que l'homme qui est dans sa chambre ne l'est pas à la manière de l'eau dans un verre38. Heidegger distingue :

  • l'Affection, ou disposition ou aussi dans un français plus douteux disposibilité (Befindlichkeit) qui font signe vers l'humeur, la manière de « se sentir » à l'aise ou non ou la Stimmung (humeur) qui traduit un accord (joie de vivre) ou un désaccord du Dasein, conscient ou non, vis-à-vis d'une situation donnée. La disposition, la joie de vivre par exemple augmente ou rétrécit l'ouverture du Dasein au monde.
    Pour Heidegger, il ne s'agit pas ici seulement d'affects psychologiques ou sentimentaux mais d'un véritable exitential39. Dans la lignée de ses études augustiniennes (voir phénoménologie de l'existence), la situation de désaccord peut accabler le Dasein au point de faire de l'existence un véritable fardeau40. En rappelant d'autre part, ce qu'est « la peur », et en quoi elle diffère de l'angoisse, Heidegger nous donne une illustration parlante du phénomène de l'affection (§30 Être et Temps).
  • La compréhension, ou disposibilité est une structure dans laquelle se tient l'être-Là ; l'essence de cette disposibilité est « l'entendre » (Verstehen). L'entendre selon Heidegger est l'être de la disposibilité de la Befinlichkeit. La disposibilité a, à chaque fois son entente, quand bien même elle la refoulerait ; « maîtriser une situation », « être à la hauteur », « pouvoir faire face », « la peur », « être débordé », sont autant d'ententes immédiates. Entendre est inséparable de « vibrer ». Toutes ces possibilités ontiques élevées au niveau ontologique traduisent un « pouvoir-être », un « être possible ». L'entendre intervient donc dans la constitution même du Dasein41. L'entendre heideggerien est bien loin du comprendre de la tradition et de la théorie de la connaissance.
    Ce comprendre heideggérien est d'abord un possible, en tant que capacité un « savoir-faire », un « tour de main » rendant utilisable l’étant immédiat, qui dès lors se dévoile dans son être à travers l’utilisation ; et aussi un possible en tant pro-jet, un à-venir, qui dévoile un horizon d'actions. Le comprendre « oriente » le champ des possibles du Dasein. Absorbé dans une préoccupation, par exemple dans un travail déterminé, je suis « aspiré » dans un « pouvoir-être » lié à cette préoccupation ; aussi dans cet état, toute autre opportunité se présentant à moi sera dénuée de sens à mes yeux, je ne « l'entends » positivement pas si elle ne s’inscrit pas dans l’orientation du pouvoir-être dans lequel je me meus. D'expérience commune je ne peux résoudre un problème mathématique et écouter simultanément une série policière.
  • Le discours ou les mots pour le dire. Selon Jean Greisch, dans l'optique heidegerrienne, le discours précède le langage, il en est la condition. Le discours est cooriginaire avec l'affection et le comprendre. Ce qui vient au langage c'est toujours une certaine affection, une certaine compréhension. « Aux significations viennent se greffer des mots. Jamais des mots-choses ne se voient assortis après coup de significations » (traduction Vezin).
    Dans son commerce avec le monde le possible du comprendre est à prendre en un sens existential fort, comme mode fondamental d'être du Dasein qui n'existe que dans et à travers ses possibles.

« Le Dasein est un être possible remis à lui-même, une possibilité de part en part jetée. Le Dasein est la possibilité de l'être-libre pour le pouvoir-être le plus propre42 »

le Dasein dans la quotidienneté

C'est dans la quotidienneté que l'on prend la juste mesure de la signification de l'expression« être-au-monde ».On relève les déterminations suivantes

plutôt positivesl'habiter

La toute première signication que nous donne l'étymologie réside dans la familiarité soit au sens d' habitude ou d'habiter. *Le « dans » ou le « au » dans cette expression signe la proximité, la familiarité. La particule de liaison revêt des significations multiples qui correspondent à autant de manières de se comporter (sentir, toucher, aimer, manier, manipuler). « De même que l'étant ainsi défini est de telle manière qu'il y va de son être dans son être au monde quotidien » nous dit Heidegger , « de même que toute parole sur le monde implique que l'être-Là s'exprime sur lui-même, tout comportementqui se préoccupe est une préoccupation au sujet de l'être-Là »43

le préoccuper Besorgen

le rapport au monde n'est pas désintéressé c'est toujours être pris par le monde, entrer en commerce avec lui, le manipuler en jouir.

plutôt négatives

traits qui constituent ce que Heidegger va appeler: la déchéance

le bavardage

c'est le sens commun des interprétations sur la vie .Nous parlons avec des formules toute faites et des images qui flottent dans un « milieu » Il n'y a vraiment bavardage avec son caractère péjoratif que lorsque les mots font barrage à l'authenticité .

la curiosité

le désir insatiable, de voir , de savoir qui va de celui de la concierge au savoir théorique du savant .Marlène ZaraderN 6 note ainsi les réminiscences de la description augustinienne de la concupiscence ( voir article: Phénoménologie de la vie religieusesection Augustin et le néo-platonisme)

l'équivoque fait d'abord allusion essentiellement aux masques que le Dasein en situation est amené à porter et qui embrassent toutes les situations possibles, mais aussi à la situation du langage et de la parole qui dans la médiocrité quotidienne voit la différence entre « ce qui est puisé et conquis à la source et ce qui est re-dit » s'effacer (SuZ, §35, p. 169., tr. Martineau, p. 133). Cette indécidabilité constitue l'équivoque de la parole de l'être-avec quotidien. Le « Dasein » perd son caractère de clairière de l'être , pour se refermer dans la relation et la re-dite de la publicité. L'absence de fond se voile dans l'évidence et la certitude de la quotidienneté, qui constituent à l'aide du bavardage la « réalité » la plus quotidienne et la plus tenace du « Dasein44

trait général de la quotidienneté

La quotidienneté, quant à elle, se caractérise par son indifférence et par le nivellement des différences (SuZ, §9, p. 43). D'après Heidegger le mode de compréhension du « Dasein» pris dans la vie quotidienne est celui de la médiocrité , Durchschnittlichkeit . Cette médiocrité le dispense d'une compréhension originelle. Le rapport originel au « ce-sur-quoi » de la parole se perd donc dans le dit et le communiqué 44

la question de l'authenticité

En régime de quotidienneté, le Dasein est perdu dans le « On ».Il se plie à d'innombrables règles de comportement La question n'est plus de savoir si dans telle situation le Dasein aurait pu agir autrement qu'il ne l'a fait ce que l'on appelle traditionnellement la question du « libre arbitre », mais de savoir si le Dasein a pu « choisir ce choix », et se « décider pour un pouvoir-être puisé dans le soi-même le plus propre » 45.Pour Heidegger, la possibilité d'un tel pouvoir-être authentique est attestée par la « voix de la conscience », voix qui n'a ni le sens théologique ni le sens moral qu'on lui attribue habituellement.

l'appel de la conscience

Ce que conserve Heidegger dans l'idée de Conscience c'est essentiellement le phénomène de la « voix », la « voix de la conscience » Stimme des Gewissens, qu'il va soumettre à une analyse ontologique et reconnaître en tant que phénomène originaire du Dasein, c'est-à-dire comme un existential46 . Cet appel intérieur dit quelque chose de spécifique quant au mode d'être de l'« être-au-monde » , il est donc une modalité particulière du comprendre, qui possède à ce titre un pouvoir de révélation propre. Cet appel pressant et particulier vient interrompre tout le bavardage public qui entoure le Dasein47 Ce qui se donne à comprendre dans cet advocation c'est justement le « pouvoir-être authentique »

le pouvoir être authentique

  • l'instance appelante .L'appel se présente comme une voix étrangèreN 7, or le Dasein est aussi, dans son être étranger, à lui-même et au monde comme on voit plus loin dans la notion de Unheimlichkeit. *C'est à ce caractère fondamental du Dasein comme être originairement toujours jeté dans le « non-chez-soi » qui permet de rendre compte du phénomène de « l'appel de la conscience », Gewissen qui sinon en tant qu'appel à soi-même, nous resterait parfaitement inexplicable .Le Dasein vivant sur un mode impropre se convoque lui-même au nom de son étrangeté essentielle à quitter le « On » à quitter sa fascination pour le monde 48
  • le contenu de l'appel.La voix appelle le Dasein à sa singularité insubstituable et non à un idéal de vie, ni à une injonction d'avoir à se dépasser.La voix appelle le Dasein, nous dit Heidegger, à son « être-en-dette » Schuld (traduction Martineau) ou « en faute » (traduction Vezin)N 8(voir article Être-en-faute)

la non appartenance au monde Die Unheimlichkeit

Die Unheimlichkeit ou le caractère de non-appartenance comme quoi le Dasein est toujours un étranger dans son monde et pour lui-même Françoise Dastur, en particulier, a travaillé sur ce concept limite comme la finitude49.

  • Il y a le phénomène de l'angoisse qui défait le sentiment de familiarité que le Dasein entretient avec son monde.
  • Le Dasein qui « habitait » jusque-là en toute quiétude le monde quotidien qui était le sien, avec l'angoisse, est subitement expulsé de chez lui.Dans l'angoisse, l'ensemble de la tournure du monde se révèle indéfinissable et absurde .

Il n'est plus dans ses aises avec les choses et les êtres qui l'entourent. Cette étrangeté de situation Die Unheimlichkeit est aussi un mode essentiel de son rapport au monde.

  • Heidegger nous dit que la structure de ce comportement comme étranger au monde est même plus originelle que la situation de quiétude et de familiarité, témoin déjà ce dire ancien d' Héraclite sur la présence de l'insolite au sein même du plus familier 50,51
  • C'est la familiarité qui est un mode déchéant et dérivé, du ne pas « être-chez-soi »52; on est « chez soi » en se masquant que l'on est toujours essentiellement « pas chez soi » y compris dans le monde ambiant, le monde rassurant du quotidien N 9.
  • La Verfallenheit traduite par chute ou fuite, est une fuite de l'étrangeté vers la familiarité autrement dit une recherche de quiétude, de certitude et de sécurités.
  • En son fond le Dasein de l'être-jeté ne trouve jamais de fondement, ni de sol natal il est Heimatlosigkeit ; le toujours « ne pas être chez soi » appartient à son essence la plus propreN 10.
  • L'habiter « authentique » prend une toute autre signification que la réception traditionnelle (la familiarité avec le monde), l'habiter « authentique » de l'homme est l'ouverture à l'étrangeté, à l'insolite53, à la négativité même (voir Être-en-faute). Cette conséquence a échappé à Emmanuel Levinas qui dans Totalité et infini reproche l'enfermement d'Heidegger et l'impossibilité d'ouvrir le Dasein à une éthique de l'autre. Sur toute cette question de l'homme sans abri livré à la violence de l'être voir Gerard Guest dans ses conférences sur Paroles des JoursN 11

L'Être comme Souci

« L'être-au-monde est essentiellement Souci54 (Sorge) »

— Heidegger, Être et Temps55

Avant Être et Temps, dans les Prolégomènes à l'histoire du concept du Temps, Heidegger avait déjà posé dans une première équation l'identité du Souci et du concept husserlien d' Intentionnalité, note Jean GreischN 12. Dans cette nouvelle interprétation ce Souci ne peut en aucun cas être compris et réduit, à de simples pulsions psychologiques, telles que le vouloir, le souhait ou le penchant, insiste Être et Temps56

L'insistance de Heidegger sur cette détermination montre que le « Souci » doit être considéré comme un mode fondamental de l'« être de l'homme », et gardien de sa plurivocité 57, il ne doit pas, par exemple, être compris comme « Souci de Soi »58, car le Soi, en lui-même, est déjà ontologiquement entièrement défini comme retour sur soi et y rajouter le souci serait écrire une tautologie. Ce Souci est à comprendre comme souci « quant à son être », ce qui diffère absolument du concept de Soi Le Dasein n' est, qu'en étant préoccupé par le monde et sollicité par autrui. Le souci va être l'élan premier qui procure au monde sa significativité59

Le concept de Souci apparaît comme un moment essentiel de la compréhension du Dasein. Elevé à la dignité d'existential, par Heidegger, il est appelé à jouer , à travers la préoccupation Besorgen, et la sollicitude pour autrui FürsorgeN 13, pour l'« être toujours en avant de soi », qu'est toujours le Dasein, un rôle prépondérant et unifiant 60.

Die Sorge, le Souci, va prendre chez Heidegger une tonalité particulière, très éloignée du sens usuel de pure préoccupation qui ne peut être comprise qu'en liaison avec l'existence : « Le mot existence nomme l'être de cet étant qui se tient ententif à l'ouverture de l'être qu'il soutient ». Ce « soutenir » ainsi ressenti, cette attention à l' Être a le nom de « Souci » (Question I p. 34), car tout Souci est Souci de l' Être . Ainsi note aussi Marlène Zarader « le souci usuel s'enracine dans un plus haut sens qui est le soin que l'homme prend de son être »61

C'est par le Souci que l'expression, mainte fois répétée, « Il y va de son être » prend sens, que l'on doit comprendre précisément comme « Souci de se perdre » N 14 à propos du Dasein va prendre tout son sens
C'est dans la préoccupation inquiète du chrétien chez Saint Augustin qu'étudie Heidegger dans les années 1920 12, qu'apparaît le thème du « Souci », thème qui sera progressivement amplifié et étendu, jusqu'à devenir la détermination essentielle et le fondement du Dasein.

Il porte attention à l'étant qu'il est lui-même, mais aussi à l'étant qu'il n'est pas, et qui peut être de l'ordre du Dasein lui aussi. Il faut interpréter le Souci comme une ouverture originaire, à son être en propre et aux autres et c'est cette ouverture à soi et aux autres que le Dasein inauthentique fuit pour se réfugier dans la familiarité et dans l'intimité du chez soi52.

La « Temporalité » du Dasein

La « Temporalité » du Dasein comme la Temporalité en général sont en tant que questions fondamentales, abordées à travers les travaux de Françoise Dastur62.La question que se pose Heidegger est, quelle est la temporalité qui est impliquée dans les structures existentiales qui caractérisent de l' « être-au-monde » ?

L'analyse existentielle

Article détaillé : phénoménologie de l'existence.

Pour l'appréhender, le philosophe doit expliciter en tant que tels les aspects de la mobilité du Dasein : comme projet en vue de soi-même, le Dasein quotidien s'explicite existentiellement (dans le monde concret) en une suite de moments qui sont ses modes d'être.

L'« être-au-monde » quotidien existe d'abord, toujours et à chaque fois, sur le mode de la « dispersion », du « hors de soi », où le « soi propre » ne se distingue pas de la moyenne, du « on » (« on » pense comme les autres pensent) : c'est la « déchéance » qui signifie un mode d'être, eloigné de son moi propre, un « être-déchu » en immersion dans le monde (affaires ou divertissement). Pour Heidegger Ce mode en immersion n'est rien d'autre qu'un refus et un recul devant la marche vers le propre « soi-même », ordonné par la conscience au sens heideggerien63 d'où il résulte un sentiment de défaut permanent, de manque, d'incomplétude64 de l'être qui se sent alors « en dette ».

Cependant, il ne peut y avoir fuite devant soi-même que si, en quelque façon, le Dasein est déjà mis en présence de son soi-même en propre, de son être possible car on ne peut fuir que devant ce que l'on connaît déjà en quelque manière. Or, il n'y a rien dans la préoccupation quotidienne y compris la méditation solitaire, qui puisse expliquer ce face-à-face, rendre compte de cette connaissance anticipée, ni de l'angoisse qui en résulte : au contraire, puisque le but de cette immersion dans le quotidien, de l'affairement et de l'étourdissement dans le monde comme des comportements de retrait visent justement de l'éviter, de l'oublier65 ; c'est dans une autre dimension qu'il faut rechercher les conditions et modalités de cette confrontation. La résolution et la décision pour le Soi n'impliquent à priori, aucun renoncement mais seulement un autre regard sur le monde.

L'analyse existentiale

L'« angoisse », qui libère momentanément de la fascination du monde, transporte bien le Dasein devant son « être-possible » le plus propre. Mais mal comprise, elle conduit le plus souvent à accélérer la fuite et à un redoublement de la « préoccupation », au sens où elle n'est pas la modalité d'existence qui assure l'appropriation du « soi » dans sa vérité62.

C'est le phénomène anticipé de sa mort qui va assurer au Dasein la base phénoménologique de cette compréhension, et lui donner la possibilité d'exister en mode propre, par la «Résolution anticipante »62.
La mort n'est alors plus événement lointain, mais endurance, ici et maintenant, d'une pure possibilité selon l'expression de Françoise Dastur : « possibilité de l'impossibilité sans mesure de l'existence » qui est aussi la conquête de son « être en propre », l'« Être-vers-la-mort », où le Dasein a à faire face à la déréliction la plus complète, mais qui est aussi le fondement nécessaire de son ipséité, de son être-soi.

Le temps comme structure intime du Dasein

Article détaillé : Heidegger et la question du Temps.

C'est dans l'analytique du Dasein menée dans son ouvrage Être et Temps que Heidegger expose le caractère temporal du Dasein et donc de l'être humain, à travers la mise à jour des divers moteurs de sa mobilité comme l'anticipation de la mort, son « avoir-à-être » à partir de son « être-jeté » et son exposition au monde, qui se manifestent conjointement dans ce que Heidegger appelle sa triple extase temporelle ou temporalité « ek-statique » ou originaire, originaire au sens où le temps physique ne serait qu'un dérivé. Cette triple extase ouvre l' « être-Là », le Dasein, aux trois dimensions du Temps, « l’à-venir, l’avoir été, le présent ». C'est Françoise Dastur qui présente le commentaire le plus approfondi sur ce phénomène de la temporalité dans son livre66

La vrai rupture avec la tradition consiste à considérer que l'être de l'homme n'est pas seulement dans le temps, temporel comme l'on dit habituellement, mais qu'il est en quelque sorte, dans sa substance propre, constitué de Temps, qu'il est « temporal », ou « historial ».

temporalité extatique ou ek-statiquetemporalité kairologique

l'Historialité ou l'historicité du Dasein

Articles détaillés : Heidegger et la question du Temps et Heidegger et la question de l'Histoire.

Dire que le Dasein est historial, c'est dire que le Dasein n'a pas simplement une histoire mais qu'il est lui-même historial, et ceci en deux sens distincts :

  • Comme il est spatialisant , le Dasein est aussi un un être temporalisant , il est cet « cet être-étendu » entre sa naissance et sa mort d'une extension qui lui est consubstantielle67. Heidegger combat ainsi de toutes ses forces le risque qui pèse sur une représentation temporelle d'être comprise en termes de spatialité ou de successivité qui supposerait l'existence d'un soi auquel il échoirait en outre de s'étendre68. Comme la spatialité le Dasein est d'emblée « constitué en extension » et non comme un soi statique avec une relation au temps problématique. C'est dans cette mesure seulement que le Dasein peut être dit « temps ».
  • La vérité factuelle de la science historique se ferme à la force du possible, l'historique renvoie d'abord à une possibilité d'être, possibilité qui m'est propre d'ouvrir, avec d'autres Dasein, un avenir inédit, à partir de possibilités partagées que révèle l'analytique existentiale 69
  • Jacques Rivelaygue note que la temporalité horizontale (Ek-statique) serait à elle seule insuffisante pour assurer l'unité du Soi dans le temps, il y faut l'approche historiale comprenant à la fois l'implication réciproque de la Résolution anticipante et de la reprise de l'héritage70

La Dynamique du Dasein

La Mobilité du Dasein

C'est à l'Herméneutique de l'expérience de la vie religieuse12 qu'il a intensément étudiée71 que Heidegger doit sa compréhension de la mobilité du Dasein, expérience marquée par « la pesanteur, la tentation, la fuite devant soi, la chute », qu'il généralise à la compréhension de tous les daseins

Article détaillé : Phénoménologie de la vie religieuse.

Selon Heidegger, « l'essence du Dasein réside dans son existence »72, c'est donc la Phénoménologie de l'existence qui est à explorer73 :

  • L'existence est mouvement permanent (sortie hors de soi).
  • Ce mouvement n'est ni spatial, ni temporel, ne se déroule pas dans le temps, n'est donc pas non plus redevable de la psychologie ni de la volonté : il s'agit d'un mouvement immobile dans l'être même.Ainsi, être-hors-de-Soi ou en avant-de-Soi, c'est être sur le mode du « pouvoir-être ». Le mouvement le plus caractéristique est celui de la chute du Soi dans l'impropriété du monde qui ne doit pas être conçu comme extérieur au Dasein mais comme un mode d'être de celui-ci, le monde impropre est aussi celui du Dasein (§38, dans Être et Temps).
  • La « mienneté »74 - ou le retour sur soi - est le phénomène principal : le Dasein se rapporte constamment à lui-même, comme à son pouvoir-être, d'où il ressort toujours en avance sur lui-même, deux directions de mouvements sont possibles, la fuite dans l'affairement auprès du monde et la dispersion75, ou, a contrario, le retour sur son pouvoir-être le plus propre (caractère de ce qui est propre), l'authenticité, ou la perte dans l'inauthenticité76.
  • L' « être-jeté », Die Geworfenheit le Dasein a « toujours-déjà-été » : cet « avoir-été » est partie intégrante de l'existence du Dasein, il est ainsi comme toujours en charge de son « être-été », toujours amputé d'un certain pouvoir-être originelN 15, le Dasein de la quotidienneté verse immanquablement dans l'errance et l'inauthenticité, il est toujours fini, toujours incomplet, toujours dispersé et accaparé dans le mondeN 16 ; il est, de par sa constitution, toujours en manque de quelque chose. Il se comprend, mais se comprend mal, comme une chose au milieu d'autres choses. Pour autant, l'erreur sur le « soi » ne concerne que la vision existentielle de la vie (l'affairement au monde), et nullement la pré-science ontologique qu'a le Dasein de lui-même à travers l'appel lancinant de la conscience qui le somme, en étant à la hauteur de sa tâche, de se préoccuper de son être en propre. Cet appel que Heidegger attribue dans un mouvement de rétroversion au Dasein lui-même, à celui qu'il pourrait être .

C'est en découvrant la « temporalité du Dasein » que Heidegger met à jour le fondement de sa mobilité essentielle qu'il attribue à l'expérience limite de l'Être-pour-la-mort 77.

La Spatialité du Dasein

La Spatialité comme question est abordée principalement à travers les livres de Didier Franck78 et de Françoise Dastur7, et l'ouvrage de référence Être et Temps79.

  • Le sens spatial : ici aussi, il faut remiser momentanément la notion d'espace au sens métaphysique, c'est-à-dire un espace habité par une énumération d'étants. Le sens spatial du Dasein ressort avec vigueur de la traduction française, le « Le-Là » qui manifeste le décèlement et l'ouverture et évoque un lieu80. C'est à même ce lieu que s'expose le monde. Mais cet être n'est pas abstrait, il est à chaque fois « le mien », celui qui est l'objet de mon souci, « la mienneté » est le rapport du Dasein à son être qui rend possible le « je », « spatialement incarné et sexué »74.
  • Le phénomène fondamental est toujours l'« Être-au-monde » à partir de quoi une détermination spatiale doit pouvoir être exposée. « L'espace n'est compréhensible qu'à partir de la mondanéité parce que l'espace est dans le monde et non le monde dans l'espace »81.
  • Le monde ambiant Umwelt de la quotidienneté s'étend sur tous les étants dont le Dasein a le souci. Les étants s'organisent en complexes d'outils, en contrées (exemple : la table de travail avec livre, cahier, stylo…). Jamais il n'y a primitivement perception d'objet séparé82. C'est la préoccupation qui assure le discernement du Dasein quotidien, c'est elle qui se heurtant au dysfonctionnement, découvre tout à coup l'objectivité de l'objet, cachée à ses yeux jusque ici.
  • La finalité : dans la préoccupation du Dasein auprès du monde, ce qui est premier est « la finalité » (le marteau sert à enfoncer un clou, le clou à réparer une semelle, la semelle complète le soulier, etc.). Il n'y a de compréhension que de « celle d'un complexe référentiel tout entier »83 et « ces rapports, cramponnés les uns aux autres en une totalité originaire, sont ce qu'ils sont en tant que référer-signifiant par lequel le Dasein se donne d'avance à comprendre son être-au-monde »84.
  • « Au sens existential, l'être-au, ne vise donc pas l'inclusion dans une étendue corporelle (dans un espace), mais un habiter »85 : habiter étant compris comme une façon d'être à l'espace, un mode de spatialisation. Le Dasein habite son monde, dans lequel il a ses aises (Wesen), monde qui se distribue en contrées fonctionnelles dans lesquels les étants, comme « outils respectent leur appartenance finalisée à un ensemble »86. Dans son commerce avec le monde ambiant, le Dasein est essentiellement « é-loignant » qui dans le sens que lui donne Heidegger, est une constitution d'être du Dasein signifiant « abolition du lointain » en laissant venir à son encontre dans la proximité87.
  • La spatialité du Dasein : Avec une tendance fondamentale à la proximité, le Dasein est aussi « orientant » à travers l'organisation des contrées. La proximité ou la distance ne sont pas des grandeurs fixes. Le plus éloigné physiquement peut être le plus proche, c'est le Dasein qui dans sa préoccupation circonspecte décide de ce qui lui est proche ou lointain88. La possibilité de penser la spatialité et notamment l'orientabilité du Dasein soulève la question du corps que les deux commentateurs Jean Greisch et Françoise Dastur reconnaissent manquer dans l'analyse existentiale et ce manque poser problème.
  • Le Dasein n'est jamais dans l'espace à la manière d'une chose, il « l'occupe » sur le fond de sa préoccupation7, il est à la fois un « ici » mais aussi un « là-bas », un proche et un lointain comme il est dans sa temporalité un « à-venir » et un « avoir-été ». Le Dasein porte son espace avec lui.

La Multi-dimensionnalité du Dasein

L'entreprise de Martin Heidegger ne consistait pas seulement à élaborer de nouveaux horizons inexplorés au sein de la phénoménologie transcendantale de Husserl. En mettant en lumière la coappartenance du voilement et du dévoilement, de la présence et de l'absence, de la vérité et de la non vérité Hans-Georg Gadamer89 pointe un changement décisif dans le concept de l'essence ou WESEN en provenance de la tradition métaphysique, qui sera dorénavant perçue comme la manière temporelle dont une chose déploie son être qu'elle soit présente ou non, qu'elle soit ici ou ailleurs. Selon Hölderlin l'absence des dieux ne nomment pas un non-être mais un « être » d'autant plus dense qu'il est silencieux.

Être-en-faute, Conscience et Résolution

  1. C'est à travers l'expérience de sa finitude que le Dasein se découvre, selon l'expression de Heidegger, « en faute ». Dans son existence jetée, il est remis à lui-même et responsable de lui-même, sans jamais avoir été maître de son propre fondement90. De plus, comme « être jeté-se-projetant », il renonce à certaines possibilités de Soi qui représentent une seconde source de négativité. Or jeté dans l'existence, il existe comme vivant comprenant toujours déjà « QUI, il peut être », « QUI, il est » et « QUI, il a à être »91. La conscience qui lui révèle son être possible n'est autre que l'appel du Dasein lui-même en tant « qu'il a à être et qu'il n'est pas à ce qu'il est92 ». À noter que cette conscience, qui n'est autre que le Dasein lui-même dans ses profondeurs, n'a aucun caractère moral, juridique ou psychologique.

Article détaillé : Être-en-faute.

  1. La conscience Gewissen ramène le Dasein, perdu dans le « On », à son être en propre, qui n'est autre que l'Être-en-faute pétri de négativité 93. Sur l'injonction de la conscience, le Dasein s'ouvre à lui-même comme il est ouvert au monde. C'est cette ouverture à soi-même, dans son intime vérité, qu'Heidegger nomme Résolution, cette Résolution, qui est aussi transparence, fait écho, la décision volontaire en moins, à l'injonction augustinienne « à ne pas s'en laisser conter ». À noter qu'il ne s'agit pas d'un enfermement sur Soi et que le Dasein résolu, inquiet pour son être, reste toujours « être-au-monde », il est toujours auprès des autres mais dorénavant, à partir de lui-même, et non plus sur la base d'un comportement moyen public et dans cette mesure il devient apte à accueillir le propre d'autrui, c'est-à-dire autrui dans sa vérité non mondaine94 .Il reste à bien préciser que cet appel de la conscience ne consiste pas à présenter une option à la manière du libre-arbitre mais à « laisser apparaître la possibilité d'un se-laisser-appelé hors de l'égarement du « On » »95. Entendre l'appel de sa conscience c'est donc rester aux aguets.

Article détaillé : Être-avec.

Facticité et Contingence

L'analyse des modes marquants de l'existence facticielle, autrement dit les situations concrètes successives du Dasein dans son quotidien est potentiellement infinie96.

Il suffit de décliner les termes de peur, d'emballement, de tentation, de désir, de répulsion, de culpabilité, de fragilité, de chute, de dispersion, de fuite, de fardeau, de faillibilité et d'empêtrement dans des situations impossibles, tous ces termes recouvrent des vécus qui correspondent à l'emportement et à la confusion de la vie concrète de l'homme, dans la tribulation de l'existence, d'un homme qui ne cesse pas de se perdre et de se retrouver.

Jean Greisch fait dans son ouvrage « L'Arbre de vie et l'arbre du savoir73 » une ample description du contenu de ces phénomènes.
En outre la facticité heideggerienne exprime le fait que « l'être-Là est facticiellement responsable de son être qu'il ne peut pas ne pas être »97.

L'être le plus « inquiétant », le Dasein

Autre trait particulièrement mis en évidence par Heidegger dans "Introduction à la métaphysique"98,N 17, le caractère terrible, effrayant et violent Gewalt-tätigkeit du Dasein dans son essence.

πολλὰ τὰ δεινὰ κοὐδὲν ἀνθρώπου δεινότερον πέλει. τοῦτο καὶ πολιοῦ πέραν πόντου χειμερίῳ νότῳ….Multiple l'inquiétant, rien cependant au-delà de l'homme, plus inquiétant…Traduction par Heidegger du 1 chœur d'Antigone (ve 332-375)

Parmi tous les étants, l’homme est celui qui est le plus in-quiétant, qui nous rejette en dehors de toute quiétude, parce qu'il sort hors de ses limites, transgresse les limites du familier… La sentence prononcée par le chœur n'énonce pas une qualité particulière de l'homme mais donne, là, ce qui peut être considéré comme la véritable définition grecque de l'homme99.

La Finitude du Dasein

Comme l'être chez Aristote, la Finitudese dit de multiples manières, la plupart chez Heidegger apparaissent comme une transposition d'origine religieuse.D'origine chrétienne La Finitude désigne chez les Pères grecs, ce qui est marqué par l’imperfection radicale de ne pas être Dieu Tout Être et Temps est ainsi imprégné de motifs néotestamentaire 97, constate Christian Sommer ; le thème de la Finitude, d'origine paulinienne, tourne autour du même constat de la « Nihilité » du vivant humain qui se déploie dans toute l'analytique du Dasein, à travers des thèmes fondamentaux notamment le concept d' Être-en-faute étudié ailleurs:

Article détaillé : Être-en-faute.

Les thèmes classiques fondamentaux de la Finitude

qui reprennent plus ou moins, jusqu'à Être et Temps ce thème traditionnel de l'imperfection déclinés ainsi:

  1. L'angoisse : l'angoisse ordinaire révèle l'insignifiance du monde et la futilité de tous les projets de la préoccupation quotidienne. Par contre-coup, cette impossibilité dévoile la possibilité d'un pouvoir-être propre, dégagé des préoccupations mondaines.
    « En faisant disparaître les choses intra-mondaines l'angoisse interdit la compréhension de soi même à partir des possibilités ayant trait à elles et elle amène ainsi le Dasein à se comprendre à partir de lui-même, le ramène à soi-même »100.
    Ramené à soi-même, le souci, qui reste une compréhension du monde, comprend sa possibilité à partir de sa propre possibilité d'exister, c'est-à-dire conformément à sa situation d'« être-jeté », et non plus à partir du maniement des objets extérieurs101.
    Le Dasein angoissé n'en reste pas moins « empêtré » et « empêché » de retrouver son être le plus propre que seule la conscience authentique de la mort lui donnerait.
  2. La déchéance : à la vie « facticielle » qui se dissout et s'aliène dans la multiplicité, auquel tente de s'opposer un contre mouvement de retenue et de retour à l'unité. Le Dasein responsable de lui-même souffre d'un verrouillage du chemin d’accès à soi-même que lui impose l'opinion moyenne en lui offrant un abri dans de fausses théories et d'illusoires sécurités97.
  3. La mort : Le "ON" cherche à surmonter la mort en faisant miroiter le réconfort d'un au-delà ou bien en disant que la mort n'est pas encore là 102. C'est l'angoisse qui nous délivre de cette pression, qui nous fait passer d'emblée d'un mode d'être déchu à l'autre, au mode "authentique". Une telle angoisse nous projette face au Néant devant lequel le plus intime de nous-même (l'essence de notre être) se trouve définitivement annihilée. Le Dasein promis au Néant, existe de façon finie. Avec le mourir, le Dasein authentique comprend qu'à chaque instant, la vie a un sens et que la seule certitude qui lui reste c'est que ce sens ne sera jamais parachevé.
    Le sens de l'existence n'est alors plus à penser comme un accomplissement103.

La Finitude du Dasein s'affirme, sans le dire expressément, de bien d'autres manières104 :

  • Tout pro-jet se trouve jeté, c'est-à-dire déterminé par le déjà existant, la négativité lui est constitutive.
  • Sa temporalité circulaire est finie.
  • Vis-à-vis de l'Être le Dasein est en position d'écoute.
  • Pour se comprendre, lui-même, le Dasein a besoin du Monde.
  • C'est l'histoire de la vérité de l'Être qui commande sa propre compréhension.
  • Toute possibilité existentielle mise en œuvre implique d'autres possibilités retirées.

Enfin et en toute rigueur la « Die Unheimlichkeit », le à jamais « ne pas être chez Soi » examiné plus haut est un des traits les plus caractéristiques de la Finitude humaine.

La radicalisation du thème de la Finitude chez Heidegger

À partir de 1930, Heidegger nous dit que l’homme est plus grand qu’aucun dieu ne pourra jamais être, thème qu'il confirmera dans les Beitrage, disant cela on ne voit plus comment il pourrait continuer à définir la Finitude comme une imperfection105

« Plus originelle que l'homme est la Finitude du Dasein en lui. »

— Heidegger, Questions I & II,p. 32

Ce qui est remarquable et proprement révolutionnaire dans cette approche c'est le rôle attribué à cette Finitude. En effet, note Hans-Georg Gadamer, ce n'est pas malgré, mais à cause de la Finitude et de son historicité, que le Dasein incarne le sol authentique à partir duquel pourront être compris tous les modes dérivés de la métaphysique classique le Monde, le Temps, l'Objectivité, le Sujet 106.

Le destin du concept de Dasein

Dés 1929, dans son livre consacré à Kant, (Kant et la problème de la métaphysique) , il n'est déjà plus question, pour Heidegger du Dasein de l'homme, mais tout à coup du Dasein  « dans » l'homme »107, la conception de l'« être » et du « Là » à partir de l' Alètheia, pour un penseur qui retournait vers le commencement Héraclite et Parménide ne pouvait plus être ignorée nous dit Hans-Georg Gadamer108.

  • Puis avec la période dite du Tournant, l'effacement de l'homme, sa soumission au règne de l'Être se précisant, va interdire dorénavant de donner au Dasein le rôle de fondement qui lui avait été attribué dans Être et Temps109.
  • Aors que dans Être et Temps, l'accent était mis sur le Sein du Dasein, avec le Tournant, c'est au contraire le Da, c'est-à-dire, l'expérience spatio-temporelle qui prime constate Pierre Caye110.
  • L'homme garde pour autant un statut privilégié, car sans lui, même pour un Dasein, sans feu ni lieu, l'ouverture de l'Être, l'Être comme ouverture, le don de l'Être, n'auraient aucun sens. L'Être n'advient, ne se destine que dans le «  », que l'homme assume dans « l'ek-sistence »111,N 18.

Après-guerre, Heidegger va adopter une nouvelle graphie du terme « Da-sein » avec un trait d'union, valant comme signe d' évolution dans sa compréhension de l'essence humaine. Dans la Lettre sur l'humanisme de 1946 Heidegger accentue la thématique de la Finitude et de l'errance112. De quasi-configurateur de monde dans Être et Temps, le Dasein est alors perçu comme « ek-sistant dans l'ouverture de l'être113 ». Gerard Guest, en introduction de sa conférences consacrée à la Lettre sur l'humanisme, souligne la volonté de Heidegger d'inscrire l'ouverture du Dasein dans l'éclaircie de l'Être 114 . L'homme n'est dorénavant plus compris comme le « fondement-jeté » de l'éclaircie mais comme celui qui se tient en elle et qui lui est redevable de son propre être115. Tout cet effort de rupture avec la métaphysique de la subjectivité, remarque Michel Haar, aboutit à la figure ténue, minimale, exsangue du mortel116
Le Dasein des débuts, en ce qui lui reste de l'homme métaphysique, s'efface définitivement devant le qualificatif de « mortels » pour être compris sur un pied d'égalité, dans l'unité du « Quadriparti » : les hommes, les dieux, la terre et le ciel. Ce « Quadriparti », où tous les termes s'entre-appartiennent, va constituer la dernière appellation de l'Être.

Références

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  1. Marlène Zarader Lire Être et Temps de Heidegger Histoire de la philosophie VRIN 2012 pagte 357
  2. a, b et c Dastur 1990
  3. Greisch 1994,p. 285
  4. Dastur 1990,p. 57
  5. Dastur 1990,p. 48-49
  6. Françoise Dastur, Heidegger et la question du temps, PUF, coll. « Philosophies », 1990
  7. Jacques Rivelaygue Le Problème de l'Histoire dans Être et Temps, Être et Temps de Martin Heidegger collectif Questions de méthode et voies de recherche SUD 1989 page 264
  8. Françoise Dastur Heidegger et la question du temps Philosophies PUF 1990 page 81
  9. Servanne Jollivet Heidegger Sens et Histoire (1912-1927, Philosophies PUF 2009 page 122
  10. Jacques Rivelaygue ibid op cité page 264
  11. Greisch 2000,p. 22-29
  12. Levinas 1988,p. 86
  13. a et b Greisch 2000
  14. a et b Franck 1986,p. 31
  15. Larivée et Leduc 2001,p. 30-50
  16. Greisch 1994,p. 114
  17. Dastur 1990,p. 56-73
  18. Franck 1986
  19. Heidegger 1986,p. §70
  20. Franck 1986,p. 18
  21. Franck 1986,p. 41
  22. Franck 1986,p. 43
  23. Franck 1986,p. 50
  24. Franck 1986,p. 51
  25. Franck 1986,p. 58
  26. Franck 1986,p. 67
  27. Franck 1986,p. 82
  28. Greisch 1994,p. 151
  29. Hans-Georg Gadamer Les Chemins de Heidegger Textes Philosophiques VRIN 2002 page 94
  30. Dubois 2000,p. 79
  31. .Heidegger 1986,p. 333
  32. Greisch 1994,p. 284-298
  33. Dubois 2000,p. 80-81
  34. Dubois 2000,p. 81
  35. Christian Sommer Heidegger, Aristote, Luther Les sources aristotéliciennes et néo-testamentaires d'Être et Temps PUF 2005 page 247
  36. Greisch 2000,p. 17.
  37. a, b et c Sommer 2005,p. 140
  38. Martin Heidegger Introduction à la métaphysique TEL Gallimard trad Gilbert Kahn 1987
  39. Gerard Guest Paroles des Jours 30e Conférence 03/2013 vidèo 11 http://parolesdesjours.free.fr/seminaire30.htm [archive]
  40. Levinas 1988,p. 74
  41. Levinas 1988,p. 75
  42. Jean Grondin Le tournant dans la pensée de Martin Heidegger Epiméthée PUF 1987 page 85_86
  43. JL Nancy, Être pour la mort, France Culture, 17/05/2011 - Les Nouveaux chemins de la connaissance
  44. Corvez 1961
  45. Franz-Emmanuel Schürch HEIDEGGER ET LA FINITUDE KLĒSIS –– REVUE PHILOSOPHIQUE : SPÄTER HEIDEGGER/ 2010 = 15 http://www.revue-klesis.org/pdf/1-F-Schurch.pdf [archive] page 9
  46. Hans-Georg Gadamer Les Chemins de Heidegger Textes Philosophiques VRIN 2002 page 151
  47. Hans-Georg Gadamer Les Chemins de Heidegger Textes Philosophiques VRIN 2002 page 134
  48. Hans-Georg Gadameribid op cité page 135
  49. Pierre Caye Destruction de la Metaphysique et accomplissement de l'homme Heidegger et la question de l'humanisme Faits, concepts débat direction Bruno Pinchard Themis Philosophie PUF 2005 page 160
  50. Pierre Caye Destruction de la Metaphysique et accomplissement de l'homme dans Heidegger et la question de l'humanisme Faits, concepts débat direction Bruno Pinchard Themis Philosophie PUF 2005 page 161
  51. Préface Roger Munier Martin Heidegger, Lettre sur l'humanisme, trad. franç. de Über den Humanismus par Roger Munier, Paris, Éditions Montaigne, 1957, 189 p. (texte suivi d'une Lettre à Monsieur Beaufret, de l'auteur, datée du 23 novemeidegger bre 1945, en allemand avec traduction française
  52. Lettre sur l'humanismep. 145 et sq
  53. Dastur 2011,p. 92
  54. Gerard Guest Séminaire sur Heidegger Paroles des Jours 23/01/2010 15e séance http://parolesdesjours.free.fr/seminaire15.htm [archive]<
  55. Françoise Dastur Heidegger et la pensée à venir VRIN 2011 page 62
  56. Michel Haar Heidegger et l'essence de l'homme collection Krisis MILLON 2002 page 13

Notes

  1. l'inutilité de la question en raison de la nature trop universelle ou très générale de l'être voir la page qu'y consacre Christian Dubois Heidegger , Introduction à une lecture, SEUIL, coll points Essais, 2000 page 19
  2. Emmanuel Lévinas En découvrant l'existence avec Husserl et Heidegger VRIN 1988 page 60-61,l'être qui apparaît au Dasein, ne lui apparaît pas sous forme d'une notion théorique qu'il contemple, mais, dans une situation de tension intérieure dans le souci que le Dasein prend de sa propre existence
  3. Nous sommes d'abord présents aux choses mêmes, et en second lieu seulement nous nous rapportons représentativement aux objets qui en deviennent les lieutenants Jean Beaufret dans Heidegger Cahier de l'Herne biblio, page 214
  4. « La première chose incontestable qui se donne au regard et de laquelle il faut partir impérativement, c'est que lorsqu'il y a Dasein, ce Dasein est d'ores et déjà en rapport à.Il n'y a pas de Dasein sans monde et d'ailleurs il n'y a pas de monde sans Dasein »Marlène Zarader Lire Être et Temps de Heidegger Histoire de la philosophie VRIN 2012 page 102
  5. La relation d'inclusion d'un être dans un autre : "est une détermination catégoriale qui ne peut, comme telle, s'appliquer à l'être-là. L'être-dans-le-monde est un existential, c'est-à-dire une détermination constitutive de l'exister humain, un mode d'être propre à l'être-là. (…) L'être-dans-le-monde, en tant qu'existential, est une relation originaire. L'être-là n'existe pas d'abord isolément, à la façon du sujet cartésien par exemple, pour entrer ensuite en relation avec quelque chose comme le monde, mais se rapporte d'emblée au monde qui est le sien. Le phénomène de l'« être-dans-le-monde » n'est pas assimilable, en particulier, à la connaissance d'un objet par un sujet. Loin d'être interprétable comme une relation gnoséologique, l'être-dans-le-monde est bien plutôt ce qui précède et rend possible toute connaissance, c'est-à-dire la saisie thématique de l'étant comme tel" (A. Boutot, Heidegger, PUF, 1989,p. 27.)
  6. Marlène Zaraderdétaille en instabilité, dispersion et agitation les caractères de cette curiosité insatiable op cité page 222
  7. L'appel provient de moi, tout en me tombant dessus(trad Vezin Der ruf kommt aus mir und doch über mich) Ici note Jean Greisch surgit au cœur même de l'ipséité , une altérité dont il faudra bien définir le statut , Jean Greisch ibid page 288
  8. « La décision stratégique de Heidegger consiste à concevoir l'idée d' être-en-dette à partir du mode d'être propre du dasein » que lui révèle de devancement de la mort note Jean Greisch ibid 1994 page 293
  9. Dans le cercle immédiat de l'étant qui nous entoure, nous nous croyons chez nous.L'étant y est familier, solide, assuré.Néanmoins, une perpétuelle réserve court à travers l'éclaircie sous la double forme du refus et de la dissimulation.L'assuré au fonde n'est pas assuré; il n'est pas rassurant du tout- De l'origine de l'Œuvre d'art Chemins qui ne mènent nulle part Tel Gallimardp. 59
  1. « Dans sa volonté farouche de perpétuel autodépassement fait qu'il n'y a plus de chez soi, plus d'appartenance, le Dasein est deve une sorte de clochard métaphysique: der unberhauste Mensch selon le titre d'un ouvrage célèbre » ean Greisch, Ontologie et temporalité. Esquisse systématique d'une interprétation intégrale de Sein und Zeit, PUF, 1994 page220
  2. Gerard Guest Séminaire Paroles des Jours Conférence 31e 05/2013 vidéo 4 L'épreuve grecque de l'afflux de l'Être et vidéo 5 L'être humain comme deinotaton, violence et contre-violencehttp://parolesdesjours.free.fr/seminaire.htm
  3. « Le vrai visage vu de l'intérieur, de l'intentionnalité n'est pas un « se diriger-vers », mais le devancement de soi du souci » rapporte Jean Greisch ibid page 66
  4. Article détaillé : Être-avec.

  5. Pour bien marquer la différence entre le plan ontique et le plan ontologique auquel se situe Heidegger Jean Greisch note qu'il est impossible de mettre en concurrence « souci de soi » et « souci de l'autre » car tous deux manifestent l'être pour qui il y va de son être , Jean Greischibid page 237
  6. « L'être-là en tant qu'il est au monde, y est jeté; il n'est jamais la cause ( l'origine) de son être-au-monde, et il en ignore la fin (dans les deux sens du terme »Alexandre Schnell De l'existence ouverte au monde fini Heidegger 1925-1930 bibliothèque d'histoire de la philosophie VRIN 2005 page 69
  7. Ce caractère de dispersion est directement tiré chez Heidegger de sa lecture des épîtres pauliniennes .On trouvera un long commentaire de cette influence dans: Annie Larivée, Alexandra Leduc, Saint Paul, Augustin et Aristote comme sources..Revue Philosophie n 69 Ed de Minuit
  8. « Pour tous les lecteurs de Heidegger depuis des générations, l’Introduction à la métaphysique aura été un document décisif pour comprendre le chemin parcouru, par Heidegger dans les années trente et cerner le fameux tournant; le cours inaugurait -en effet en rupture tranchée avec les cours de Marbourg et Sein un Zeit- une nouvelle lecture de la pensée grecque à travers le retour aux paroles les plus anciennes de la philosophie (Parménide, héraclite) mais aussi des Tragiques, Eschyle mais surtout Sophocle » .L'Introduction à la métaphysique de Heidegger p. 13. [archive], publié par Jean-Francois Courtine.
  9. « L'existence, qui désignait dans Être et temps, l'être du Dasein en tant que celui-ci se rapporte à lui-même, s'écrit maintenant ek-sistence et signifie le rapport du Dasein non plus à soi-même mais à l'ouvert, l'exposition à la désoccultation de l'étant comme tel »Françoise Dastur ibid op cité 2011 page 61-62

Bibliographie

  • Didier Franck, Heidegger et le problème de l'espace, Éditions de Minuit, coll. « Arguments », 1986 (ISBN 2-7073-1065-4)
  • Jean Greisch, L'Arbre de vie et l'arbre du savoir, le chemin phénoménologique de l'herméneutique heideggérienne (1919-1923), Éditions du Cerf, 2000
  • Jean Greisch, Ontologie et temporalité. Esquisse systématique d'une interprétation intégrale de Sein und Zeit, PUF, 1994
  • Jean Greisch, « La «tapisserie de la vie», le phénomène de la vie et ses interprétations dans les Grundprobleme des Phänomenologie (1919/20) de Martin Heidegger », dans Jean-François Courtine (dir.), Heidegger 1919-1929 : De l'herméneutique de la facticité à la métaphysique du Dasein, Paris, J. Vrin, coll. « Problèmes et controverses », 1996 (ISBN 978-2-7116-1273-4),p. 131-152
  • Dominique Janicaud, Heidegger en France, Paris, Hachette Littérature, coll. « Pluriel », 2005 (ISBN 2-01-279185-9 et 2-01-279282-0)
  • Servanne Jollivet et Claude Romano, Heidegger en Dialogue (1912-1930), J. Vrin, coll. « Problèmes et Controverses », 2009 (ISBN 2-7116-2203-7)
  • Servanne Jollivet, Heidegger, Sens et histoire (1912-1927), PUF, coll. « Philosophies », 2009, 160 p. (ISBN 978-2-13-056259-7)
  • Annie Larivée et Alexandra Leduc, « Saint Paul, Augustin et Aristote comme sources gréco-chrétiennes du souci chez Heidegger », Revue philosophie, Éditions de Minuit, no 69, 2001, p. 30-50 (ISSN 1968-391X, DOI 10.3917/philo.069.0030)
  • Emmanuel Levinas, En découvrant l’existence avec Husserl et Heidegger, J. Vrin, coll. « Bibliothèque d'histoire de la philosophie », 1988 (ISBN 2-7116-0488-8)
  • Christian Sommer, Heidegger, Aristote, Luther - Les sources aristotéliciennes et néo-testamentaires d'Être et temps, PUF, coll. « Épiméthée », 2005 (ISBN 978-2130549789)
  • Marlène Zarader, Heidegger et les paroles de l'origine, J. Vrin, 1986 (ISBN 978-2711608997)
  • Hans-Georg Gadamer Les Chemins de Heidegger Textes Philosophiques VRIN 2002
  • Martin Heidegger Introduction à la métaphysique TEL Gallimard trad Gilbert Kahn 1987
  • Michel Haar Heidegger et l'essence de l'homme Coll Krisis éd Jerome Millon 2002

Ne pas confondre la langue et le Langage...c'est déjà un minimum lorsqu´il est question de la circulation des idées et trop souvent de la notion de sens " interdit" qui fonctionne avec....

Ne pas confondre la langue et le Langage...

Langue

Dans une perspective .

Je te ferais, ASAP*, la quintescence que l'esse,ce de ma pensée PenseurPenseurPenseur pourra te faire bénéficier Mort de rire (lol)Mort de rire (lol)Mort de rire (lol)...

A bientôt.

Amitié.

* http://fr.wikipedia.org/wiki/ASAP

Il semble que vous ne dites rien du jeu de mot sous-tendu Das ein :  Le un, là. qui met en lien la conscience et l'existence. Je traduirais par l'être conscient d'être là.

04/11/2013, 11:02 | Par Bouche cousueBouche cousue...

A bientôt.

Amitié.

Force, aussi.

les liens et copier/coller envahissant de vivre est un village empêchent le débat. Aucune envie de lire ce genre de copier/coller quand ils sont en surnombre. CONTRE PRODUCTIF.

L'adieu au participatif

30 décembre 2011 |  Par Bouche cousueBouche cousue.

* 3. Décohérence/intrication

Le terme de catastrophe garde une connotation négative, car tout nous aspire à la permanence, à la stabilité des choses et des autres, comme de nous-mêmes. C'est bien entendu ce même désir qui oriente notre intention et façonne les structures de notre Imaginaire. Or, notre approche nous conduit, de façon contre_intuitive, à mettre l'accent sur les fractures, les coupures,les changements de rythmes, ou de ton, à chaque saut diachronique d'un niveau Imaginaire synchronique à l'autre.

En quoi une telle structure fractale, heurtée syncopée, serait-elle la réponse la mieux adaptée (puis qu’universelle) que  nous ayons développée en réponse à notre désir ? Comment, par exemple, un concept nouveau, ou un objet quelconque de notre attention,pourrait-il être le fruit d'un processus Imaginaire aussi chaotique ?

Pour aborder cette question, au cœur de la création Imaginaire, notre réflexion s'articulera autour du concept d'information, langage élémentaire construit sur la rupture la plus radicale (0/1), parce que la plus élémentaire, de notre entendement, permettant d'exprimer notre désir de permanence en termes de recherche de stabilité. Ensuite, nous verrons ce qu'il en advient, au contact du Réel, là où ces concepts eux-mêmes ont dû se forer d'une façon ou d'une autre.

Alain Simon "L'Homme quantique" Page 110

Dans notre vocabulaire, dire que la décohérence s'intéresse à une modification d'un système en observation lorsque l'on saute d'un niveau descriptif à  un autre, c'est dire qu'il s'agit par définition d'un concept diachronique http://fr.wikipedia.org/wiki/Ferdinand_de_Saussure, par rapport au concept synchronique http://fr.wikipedia.org/wiki/Ferdinand_de_Saussure d'intrication.

Nous retiendrons de tout ceci que notre façon de mettre l'accent sur la différence entre synchronie et diachronie se laisse voir à chaque point de contact tuchê* élémentaire entre l'Imaginaire et le réel, et le vacillement de l'objet que l'on y constate signe la nature anthropomorphe de cette impermanence qu'il garde en creux.

* Dans le séminaire sur la La Lettre volée, Lacan oppose le tuchê à l'automaton : c'est à propos de la liaison Imaginaire/Symbolique, le même mécanisme vu ici à la charnière du Réel et de l'Imaginaire.

Alain Simon "L'Homme quantique" Page 121

http://www.youtube.com/watch?v=A1sMEZBR-yU

Le réseau yoyote un peu ici (citation de ASN) : long à charger, alors je m'énerve, je clique et reclique, et au final, le commentaire s'inscrit une quantité impressionnante de fois

Pour ne pas "yoyoter" :

Josiane Blanc "Une mère face à l’École L'autorité, les abus, trouver un juste équilibre" page 58

http://www.souffledor.fr/boutique/produits_une-mere-face-a-l-ecole_18_2932.html

Myriam Revault d'Allonnes http://fr.wikipedia.org/wiki/Myriam_Revault_d%27Allonnes m'a permis de comprendre ce qui s'est passé grâce à l'article paru dans la revue Esprit d'août/septembre 2004, "De l'autorité à l'institution ; la durée publique" : dans "la distinction du pouvoir et de l'autorité : ... ce que les deux termes ont en commun, c'est la relation "hiérarchique" (dissymétrique)..." (H.Arendt, 1989 Qu'est-ce que l'autorité ? p.123). La relation est donc dissymétrique. L'un, celui qui détient l'Autorité, doit acquérir, parfois conquérir, l'apposition la plus haute, l'autre peut accepter cette position à certaines conditions : reconnaissance, légitimité, précédence*, trois éléments qui dépassent la relation commandement/obéissance. Le "coup de tonnerre" disloque cette unité, séparant la personne de ses attributs ; "le roi est nu", l'auréole de son pouvoir a disparu, il ne reste qu'un "simple mortel" occupant une place qu'il ne mérite pas.

Aujourd'hui, je suis sortie de ce silence imposé et je comprends mieux à la lumière du travail de Alain Didier-Weil http://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Didier-Weill le processus que j'ai vécu.

Dans un premier temps, tout se joue au niveau de l'inconscient : si l'inconscient ne connaît pas le temps, cela signifie pas qu'il le refuse. Au moment du hiatus, le sujet a la capacité de revenir au point de départ du temps où il n'était pas encore soumis à la sidération et de faire un nouveau choix. A partir de ce point d'où un nouveau départ est possible, "le sujet peut cesser de répéter pour recommencer autrement" (Didier-Weill A., 1995, p. 18).

https://www.youtube.com/watch?v=uo8mm6eZxQ8

Si l'on cherche une analogie, on pourrait dire que lei disque était rayé jusqu'au hiatus et se répétait indéfiniment, désormais au lieu de réentendre la même phrase musicale, le sujet a pu enfin passer au sillon suivant et le morceau de musique va pouvoir se déployer à nouveau.

LA SPIRALE A VAINCU LE CERCLE !

* On reconnait ce type d'autorité au fit qu'elle vient de plus loin que celui qui l'exerce.

Source : Josiane Blanc "Une mère face à l’École L'autorité, les abus, trouver un juste équilibre" page 58 http://www.souffledor.fr/boutique/produits_une-mere-face-a-l-ecole_18_2932.html

UNE PETITE POIRE POUR LA SOIF !!!

Clin d'œilClin d'œilClin d'œil

L'homme qui connaît la liberté n'y renonce que contraint et forcé. Mais ceux qui n'ont jamais connu la liberté « servent sans regret et font volontairement ce que leurs pères n’auraient fait que par contrainte. La première raison pour laquelle les hommes servent volontairement, c’est qu’ils naissent serfs et qu’ils sont élevés comme tels. » Comme le précise La Boétie, « on ne regrette jamais ce que l’on n’a jamais eu ».

Ce n'est pas que l'homme nouveau ait perdu sa volonté, c'est qu'il la dirige vers la servitude : le peuple, comme s'il était victime d'un sort, d'un enchantement, veut servir le tyran. En effet, pour l’auteur du Discours, la domination du tyran ne tient que par le consentement des individus. Sans ce consentement, la domination ne serait rien : « soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres ». Les hommes sont responsables de leur assujettissement au pouvoir. En un mot, la tyrannie repose moins sur la répression que sur la dépossession volontaire de la liberté.

Pour La Boétie, la liberté n'est pas l'objet de la volonté, mais désir (volonté) et liberté sont confondus : désirez et vous êtes libre, car un désir qui n'est pas libre n'est pas concevable, n'est pas un désir. La liberté c'est ce que nous sommes, et si vous n'êtes pas libre, c'est que vous avez renoncé à votre désir. Le point central de la domination est ainsi le refus par le moi, le je, de s'assumer comme liberté.

C’est le principe de la désobéissance civile qui sera ensuite repris d’Henry David Thoreau à Gandhi. La Boétie est un de ces premiers théoriciens d’un mode d’action qu’il faut distinguer de la rébellion, qui elle est active. Sans le soutien actif du peuple, les tyrans n’auraient aucun pouvoir. La désobéissance passive suffit à briser les chaînes de la domination.

Comment ne pas rentrer dans la servitude ? En gardant l'esprit libre. Un tyran peut-il régner sur un peuple d'Hommes Libres ? (Inspiration de saint Augustin)

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Discours_de_la_servitude_volontaire

A bientôt.

Amitié.

 Sur Mediapart, nous assistons, peut être, au début d'un temps de recherche de solution dans la gestion des conflits

Dans une réponse, fort courtoise, à l’un de mes commentaires, Edwy PLENEL m’invitait, début juin, à laisser ses deux journalistes en charge du Club, Sabrina KASSA et Bruno DOGUET, disposer du temps nécessaire pour se faire connaître et il concluait par : «Merci de votre compréhension ». Pour ceux qui ne lisent pas tous les billets des uns et des autres avec une grande régularité, cet échange découlait d’une forte montée d’adrénaline d’un certain nombre de membres du Club, dont j’étais, à la suite de coupures étranges nous ayant fait douter du sens du mot « modération ».

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-paul-bourges/230615/l-homeopathie-au-service-de-mediapart

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A bientôt.

Amitié.

  • Nouveau
  • 04/10/2015 05:29
  • Par

Vivre, j'apprécie vos contributions, mais là c'est un peu abuser !

À destination de la presse en général, et de Mediapart en particulier donc : 

"Sa première obligation est à l'égard de la vérité, sa première loyauté envers les citoyens, sa première discipline la vérification et son premier devoir l'indépendance."

Vous devriez parfois vous relire Edwy Plenel...

 

arrivant tardivement mais grace a un temps enfin libéré de tout travail, je vous remercie pour votre contenu...

en effet la vérité est une bonne analyse de sol pour pouvoir fonder un ouvrage une oeuvre une citoyenneté une justice une joie de vivre!

restant à votre disposition pour contribuer de temps en temps, modestement.

cordialement

En fait vous avez raison , la presse n'est que le reflet aussi d'une société française corrompue et mafieuse, médiocrate, un pandémonium et ce n'est pas un euphémisme . Les évènements et dénonciations diverses , en particulier du média MEDIAPART , corroborent mon affirmation. Mais la presse est en train de se réveiller , face à cette crise démocratique . Albert Eisntein disait "On ne règle pas les problèmes avec ceux qui les ont créés" et comme disait Balzac " La comédie humaine c'est avant tout l'échec du politique". Ce n'est donc pas un signe de bonne santé démocratique que la presse française soit bien adaptée à une société profondément malade. Rien ne changera en France .....????, c'est la réalité sauf que la presse et les journalistes ont enfin cessé d'être aveugles , car de bonnes vérités leur ont crevé les yeux. La presse , les journalistes qui devaient contrôler, s’étaient endormie sur la complaisance.
Dans des temps de tromperie généralisée, le seul fait de dire la vérité est un acte révolutionnaire disait Georges Orwell , alors qu’attendent les journalistes et les médias.
Un pessimiste voit une difficulté dans chaque opportunité et un optimiste voit l'opportunité dans chaque difficulté.
Veritas Thesaurus est ! Ad astra per aspera …Vulnerant Omnes , Ultima necat !  Res Gestae
Le contre-pouvoir est nécessaire à la démocratie et donc à la justice ,Vous pouvez voir la suite à l'adresse suivante : https://blogs.mediapart.fr/edition/critique-raisonnee-des-institutions-judiciaires/article/200416/le-contre-pouvoir-est-necessaire-la-democratie-et-do
Les contre-pouvoirs médiatiques n’existent pas en France =
http://blogs.mediapart.fr/edition/critique-raisonnee-des-institutions-judiciaires/article/050615/les-contre-pouvoirs-mediatiques-n-existent-pas-en-fr


 
A méditer = 
Deux Très grands journalistes ils sont rares:
-« 
Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie » Albert Londres
-« Il n’est pas un crime, pas un truc, pas un sale coup, pas une escroquerie, pas un vice qui ne perdure sans le secret qui l’entoure. Exposez ces faits au grand jour, décrivez-les, attaquez-les, ridiculisez-les dans la presse et, tôt ou tard, l’opinion publique les chassera. Informer n’est peut-être pas la seule chose nécessaire mais c’est une chose sans laquelle toutes les autres démarches resteront vaines »
Joseph Pulitzer
Blaise PASCAL (Pensées) :
Il est juste que ce qui est juste soit suivi, il est nécessaire que ce qui est le plus fort soit suivi. La justice sans la force est impuissante ; la force sans la justice est tyrannique. La justice sans force est contredite, parce qu’il y a toujours des méchants ; la force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force ; et pour faire cela faire que ce qui est juste soit fort, ou que ce qui est fort soit juste.Blaise PASCAL (Pensées)

Comme disait un avocat, la vérité est dans les injustices, cette vérité là est la seule qui compte, elle est même à l’origine du mot Avocat « ad vocatus – Au secours ! », elle en est le moyen « ad vocare- parler pour ! ». La vérité judiciaire n’existe pas, car la justice n’a pas pour but de dire la vérité, la justice doit seulement la rechercher. Mais trop peu de fois les services judiciaires, l’administration recherchent la vérité .Enfin, un grand avocat ne va pas à la facilité, il cherche la vérité non l’intérêt, quand le malade est grave le médecin est grand.

                                                                                                                                    

Le prix de la liberté es très bine défini par François Bonnet en début de la vidéo https://www.youtube.com/watch?v=mwvnnDgr5kc

CoolCoolCool

Il suffit de passer, très vite, de la parole aux actes

Bouche cousueBouche cousueBouche cousue

A bientôt.

Amitié.

Vivre s'il était un village serait réducteur, mais parfois c'est étendu qu'il se peut qu'à traverser ce village  on n'en voit plus les détails pour simplement vivre... qui sait, on se réserve ainsi peut-être des découvertes, des rencontres insolites ou pas, on s'éduque à la vie, on apprend aussi  au delà du périmètre au grè des pérégrinations qu'on imagine et parfois il semble qu'en sur place on voyage sans visa et sans sac à dos juste une boussole qui dit le cap vers où on veut aller. Souvent on emporte avec soi quelques brins de vérité,  on en prend un dans la bouche qui nous fait réfléchir et qui parfois nous dessine dans l'esprit tous les combats pour vivre, on ne se laisse pas faire si facilement qu'on croit, on résiste, on lutte pour ce droit de vivre ou survivre  qui dans le zoom parfois de nos visions ressenties ou l'état de nos conditions alors nous montre aussi que nous ne sommes pas tous accompagné par les mêmes raisons qui nous feraient dépasser sans y vivre plus vite ou raccourcis qu'autrui, l'abîme qui s'ajoute à l'épreuve, qu'on prie parfois les courants de nous venir en secours sans mot dire. Amicalement vôtre. 

on prie parfois les courants de nous venir en secours sans mot dire. 

Sans prier mais en étant attentif,ces courants peuvent nous arriver

(lire : https://blogs.mediapart.fr/vivre-est-un-village/blog/011117/et-la-transcendance-bordel)

Le danger principal est le brouillard  https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=mwvnnDgr5kcmener qui mêne à : 

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Je pense qu'il est possible de provoquer une "érection" à cette ligne et je pense, aussi, qne peut vivreu'il est de mon devoir de faire le maximum pour ne sortir

cool

Je prépare, en compagnie de ASN, Lindon Blossom, une triple concerto quantique https://www.youtube.com/watch?v=cmpjXrS6ekkdont Linden sera le violon, ASN le piano et moi le violoncelle dont j'attends beaucoup et dont je suis sincèrement convaincu qu'il peut faire bouger les choses.

sealed

Sans espoir, nul ne eut vivre est j'ai beaucoup trop investi dans Mediapart pour otu perdre sans essayer de retrouver la courbe ascendante dont nous avons besoin.

tongue-out

En effet "on se réserve ainsi peut-être des découvertes, des rencontres insolites ou pas, on s'éduque à la vie, on apprend aussi  au delà du périmètre au gré des pérégrinations qu'on imagine et parfois il semble qu'en sur place on voyage sans visa et sans sac à dos juste une boussole qui dit le cap vers où on veut aller. Souvent on emporte avec soi quelques brins de vérité,  on en prend un dans la bouche qui nous fait réfléchir et qui parfois nous dessine dans l'esprit tous les combats pour vivre, on ne se laisse pas faire si facilement qu'on croit, on résiste, on lutte pour ce droit de vivre ou survivre  qui dans le zoom parfois de nos visions ressenties ou l'état de nos conditions alors nous montre aussi que nous ne sommes pas tous accompagné par les mêmes raisons qui nous feraient dépasser sans y vivre plus vite ou raccourcis qu'autrui, l'abîme qui s'ajoute à l'épreuve, qu'on prie parfois les courants de nous venir en secours sans mot dire."

smile

Un grand merci pour votre amitié qui m'est précieuse.

A bientôt.

wink

 

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Cet article a été mis en ligne le 2 décembre 2007, au soir du lancement du pré-site qui dévoilait « Le projet MediaPart ». C'est en quelque sorte notre éditorial de lancement. Il présente surtout l'enjeu démocratique de l'aventure que nous proposons à nos lecteurs.