Sept auteurs en campagne: «Ecrire et ne pas écrire»

Par Marie Cosnay

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Parfois on aimerait bien avoir les outils de l’enquête. Parfois on essaie de s’en donner, un peu, les moyens. Dans mon cas j’aime quand les images s’emballent – et combien il y en a dans les phrases. Pour parler de ce que je tente de faire quand je raconte, par exemple, mon passage dans le camp d’Amygdaleza, je dis que je saisis l’instant, la relation entre toi qui es enfermé dans ce camp et moi, le ciel par-dessus nous, ce policier au milieu, celui-là, avec ces gestes, ces paroles, les impressions, les clichés écrasants, les odeurs, c’est subjectif, intersubjectif, j’entends des bribes de conversations, je les ré-entends après, dans le bus ou le taxi, dans le désordre et je les note, dans le désordre.