A Paris, la plus grosse manif' depuis 1974 et l'ORTF

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« Sarkozy t’es foutu, la télé est dans la rue ». Placés en fin de cortège, le sifflet autour du cou, les retraités de l’ORTF n’avaient pas assisté à un tel boucan depuis 1974. Reportage sur la manif' de France télévisions.
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« Sarkozy t’es foutu, la télé est dans la rue ». Placés en fin de cortège, le sifflet autour du cou, les retraités de l’ORTF n’avaient pas assisté à un tel boucan depuis 1974. Entre 3000 et 4000 salariés de la télévision et de la radio publiques ont défilé, mercredi 13 janvier à Paris, le long de l’avenue Montaigne, pour montrer leur inquiétude.

Depuis que le président de la République a annoncé le mois dernier la disparition de la publicité sur les chaînes et les radios publiques, les salariés de l’audiovisuel public se demandent comment sera comblé le manque-à-gagner et attendent des réponses qui ne viennent pas.

 

Selon le site de France-Info, la direction de France Télévisions parle d’une grève "massivement suivie", dans des proportions "inédites". À France 3, environ 56% de grévistes ont été recensés à la mi-journée, dont plus de 60% dans les régions. À France 2, 38% des salariés en moyenne ont cessé le travail, mais ils étaient 53% de grévistes à la rédaction. Les éditions d’information (Télématin et JT de 13h) ont été supprimées. A TV5 Monde, le taux de grévistes a atteint 70% d’après les syndicats. Aucun journal ni flash n’a été diffusé aujourd’hui.

« Une télé sans pub ; c’est un beau projet, une belle promesse mais il faut les moyens de la financer… déjà que les projets de fiction à France 2 et France 3 sont en stand-by... », nous confie une journaliste de la rédaction de France 2. Attachés à la notion de service public, les syndicats s’inquiètent de la disparition annoncée des recettes publicitaires, évaluées à 1,2 milliard d’euros, d'autant que la hausse de la redevance n'est pas d'actualité.

« Privatisation » partielle de France 3, précarité des jeunes journalistes qui cumulent cdd sur cdd, craintes de mariage forcé entre RFI, TV5 Monde et France 24, baisse de qualité des programmes ou menaces de compression du personnel : cette manifestation exprimait également bien d’autres frustrations chez les grévistes (voir la vidéo ci-dessous). Heureusement qu'il restait des caméras pour filmer les journalistes en colère …. de Canal +, du web, de la BBC et même de la télévision russe. Un bon coup de pub.

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