« Cinéma du réel » : treize films à voir sur Mediapart

Par Cinéma du réel et Mediapart
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Merci beaucoup. Très sympa.

Globalement pas terrible: des auto fictions pénibles, sentencieuses et prétentieuses par leur néant formel qui se pensent novatrices, des jeux vidéo détournés qui n'ont pas grand chose à dire (ça c'est la tendance qui bluffe et plait beaucoup aux jurys de festivals de docs), des étudiants qui ne savent pas trop ce qu'ils ont envie de filmer, alors ils filment n'importe quoi en se disant qu'ils se sont au moins bien amusés, etc... Une exception notable cependant dans cette sélection: Début d'hiver qui relate et documente dans le meilleur sens du terme - c'est à dire de manière humaine et sensible - la rencontre de 2 mondes vivants, celui des graffeurs et celui des sdf.

On a vraiment l'impression que le comité de sélection est tout droit sorti de la Fémis ou de l'école alsacienne: pour l'essentiel un entre-soi déconnecté des réalités du monde qui ignore les enjeux cinématographique du genre documentaire. Dommage, le cinéma du réel mérite mieux.

J'ai commencé à regarder début d'hiver. J'ai arrêté au bout de 10 minutes : idée intéressante de l'irruption du réel, de la souffrance, de la vie avec des mecs qui font mumuses avec leur bombes, avec de jolis slogans. Reste qu'au bout de 10 minutes, ça devient chiant. J'ai regardé aussi le doc sur les pigeons : l'histoire d'amour à Athènes n'a aucun intérêt, y avait une trame en se focalisant qu'avec la gamine, le papy et le rapport de la vie et de la mort, et pourquoi ces gros plans de cadavres  aucun intérêt. Comme c'est plus court, j'ai regardé jusqu'au bout. Allez, pas trop envie de regarder les autres. 

Le film devient intéressant précisément après ces premières 10 minutes... Pour le reste, bien d'accord avec vous, malheureusement !

Wow vous êtes rudes ! Je vois beaucoup de films et beaucoup d'images et j'imagine que vous aussi. Mais même si j'ai aussi eu des sentiments de répétition dans cette édition, je suis surpris que vous n'ayez pas été touchés par la poésie de Je n'ai pas le temps. C'est au contraire l'anti TikTok par excellence. J'ai 48 ans, je ne vis pas en France, je ne connais rien du jeune homme qui a fait ce film. Mais justement il montre que même avec un minimum de moyen un oeil de cinéaste peut construire quelque chose. Derrière ce film je vois que chaque seconde peut faire du sens, que la routine ou la banalité de chaque journée vient justement du regard que l'on porte sur les choses. Avec des séquences aussi courtes il raconte quand même une histoire, des gens et des émotions. Je lui lève mon chapeau et je vous souhaite de vous remettre à regarder le monde autour de vous avec la même fraicheur. Par exemple, si vous avez deux minutes, renseignez vous sur Judith Heumann. Certains la voient comme une personne malade, d'autre comme la personne la plus forte qu'ils n'ont jamais rencontré. Tout dépend de la perspective de vue que vous vous autorisez à prendre. Tout dépend du sens que vous donnez à ce qui vous entoure. 

Je ne pensais pas défendre autant ce petit film de 7 minutes, mais sérieusement, merci à l'auteur de l'avoir proposé. Je ne suis pas loin d'être un inconditionnel de la nouvelle vague, mais en s'en inspirant il a su, même modestement, toucher quelque chose de beau et d'essentiel.  

Entre les films "Tik-Tok" où de très jeunes gens se filment en une succession de plans sans intérêt, sauf pour leurs proches, les films de recyclage de jeu vidéo et ceux qui pensent et oublient le cadre, on cherche le cinéma-du-réel désespérément. Seul, effectivement, le film de Louis Barthélémy Rousseau "Début d'hiver" sort du lot. 

Par le choix du dispositif d'abord, le seul possible sur un tel sujet, sur l’os, sans voix off,  sans musique de fosse, sans intervention inopportune du réalisateur/documentariste qui se prendrait pour un guide touristique de la misère, sans interviews façon reportage télé. Par la place de la caméra ensuite, vivante, à la bonne distance et qui n’esthétise pas le propos et n'oppresse pas les personnes filmées et le spectateur. L’inverse des choix opérés par exemple dans le long-métrage de Claus Drexel « Au bord du Monde » où pour souligner la-beauté-dans-la-misère, on a le droit à des gros plans sur des visages ravagés sur fond de Wagner et de Puccini et des diaporamas, pardon, des panoramiques de Paris sous la neige. 

Dans ce film aucune pornographie compassionnelle, juste, et c'est beaucoup, du cinéma direct, des éclats de vie, des voix, des femmes, des hommes familiers et lointains à la fois. 

Il est dommage de ne pas aller au-delà des dix premières minutes. Trente minutes pour arracher des êtres humains à l'invisibilité, c'est même tellement peu. 

 

Je me renseignerai sur Judith Heumann. Merci pour ce conseil. 

Autour de moi, à peu près tous les 15/25 ans ont des films dans leurs portables qui captent quelques secondes de leur vie quotidienne, montées le plus souvent par une application Google (choix de la musique compris). J'ai donc du mal à m'extasier.

Peut-être mon regard sur "Je n'ai pas le temps" manque-t-il de fraîcheur. Je ne sais plus regarder ce qui m'entoure et suis peu sensible au discours sur le regard de l'artiste censé transformer le plomb en or et le moindre micro événement en métaphore poétique. Je le reconnais. Même en littérature, le succès et l'apologie du banal soi-disant transcendé par l'écriture me lasse. Le recensement  des "plaisirs minuscules" dans "La première gorgée de bière" de Delerm m'est tombé des mains et des yeux. Mon cas est désespéré. 

La Nouvelle Vague, source d'inspiration ? Je n'y ai pas pensé une seconde quand j'ai regardé "Je n'ai pas le temps", assommée par la musique éreintante qui étouffe les sept minutes du film. Ceci dit, si le jeune réalisateur revendique cette filiation, je n'ai rien à dire à part lui conseiller de voir et revoir "Les Mistons". 

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