Front national: les paradoxes de la dédiabolisation

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Si elle relève d’abord d’une stratégie de communication, la dédiabolisation du FN a néanmoins des effets performatifs, en incitant de nouveaux groupes à s’y engager. À partir d’une enquête sur la section FN d’un bourg rural, cet article interroge la diversité sociale des nouveaux militants, au regard de leurs appartenances de classe et de genre, et les oppositions qui en découlent dans leur manière de s’approprier l’organisation et sa stratégie.

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L’arrivée de Marine Le Pen à la tête du Front national, en 2011, a contribué à diffuser l’idée d’une dédiabolisation de ce parti. Les travaux sur les élites du FN tempèrent cette image d’un « nouveau FN », en rappelant que la dédiabolisation est d’abord une stratégie d’affichage (Crépon, Dézé et Mayer, 2015) et que d’autres tentatives de banaliser le FN ont eu lieu par le passé (Igounet, 2014), sans que ces infléchissements ne modifient son socle idéologique (Alduy et Wahnich, 2015).