Eric de Montgolfier : «Rachida Dati, c'est la justice au service de la politique»

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Réforme de la procédure pénale, suppression du juge d'instruction, indépendance du parquet... Eric de Montgolfier, pour la première fois, s'exprime sur ces thèmes, en exclusivité pour Mediapart. L'iconoclaste magistrat n'est pas hostile à la suppression des juges d'instruction («pas aussi indépendants qu'ils le proclament», selon lui), mais souhaite en contrepartie offrir d'importantes prérogatives aux juges de l'enquête censés leur succéder. Le procureur de Nice, rendu célèbre par l'affaire VA-OM en 1993, puis par sa dénonciation des réseaux maçonniques à son arrivée sur la Côte d'Azur (en 1999), ne ménage pas la garde des Sceaux : «Mme Dati, c'est la justice au service de la politique», dit-il. Il révèle que la chancellerie lui refuse toute promotion. «C'est la preuve que l'indépendance a un prix», conclut M. de Montgolfier.

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Réforme de la procédure pénale, suppression du juge d'instruction, indépendance du parquet... Autant de thèmes qui agitent les milieux judiciaires depuis plusieurs mois. L'une des voix les plus écoutées dans la magistrature, celle d'Eric de Montgolfier (photo ci-dessous), ne s'était pas encore fait entendre. L'actuel procureur de Nice, qui s'est rendu célèbre par l'affaire VA-OM en 1993, puis par sa dénonciation des réseaux maçonniques à son arrivée sur la Côte d'Azur (en 1999), a choisi de s'exprimer sur ces thèmes, en exclusivité, pour Mediapart. Un entretien sans langue de bois, à l'image de ce magistrat décidément incontrôlable.