Les conditions de travail, un tabou dans les hôpitaux

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Dans un rapport publié lundi 10 septembre, l'Isnih, syndicat des internes en hôpitaux, met en avant des fautes médicales commises par ces derniers après un non-respect du repos de sécurité.

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Interrogé par Streetpress, Emanuel Loeb, vice-président de l'Isnih, un syndicat des internes en hôpitaux, revient sur un rapport inquiétant publié en début de semaine. Alors qu'une loi de 2002 édicte que « après une nuit de garde, un interne a l’obligation d’arrêter tout travail, que ce soit dans l’enceinte de l’hôpital ou à l’université », le syndicaliste explique que « dans 20 % des cas, les internes doivent travailler sur ce temps de repos ». Ce chiffre révélé par l'étude de l'Isnih est d'autant plus inquiétant que « 15 % des internes qui travaillent en dehors de leurs heures de boulot avouent avoir déjà fait des fautes médicales », explique Emanuel Loeb. Un problème pour les patients, mais aussi pour les internes eux-mêmes : près de 30 % d'entre eux ont déjà eu un accident (accident de voiture, accident domestique ou même des soucis de dépression, de santé mentale). Plus que des raisons d'ordre financier, le vice-président de l'Isnih évoque une pression de la direction : ne pas satisfaire votre chef peut « vous griller » en termes de carrière. « Il y a une telle pression que la grande majorité des internes préfère se taire », explique-t-il. Pour autant, le syndicat des internes ne demande pas d'augmentation de salaire, mais plutôt le respect indispensable d'une loi qui permet de se préserver des erreurs médicales.