Sciences-Po: bienvenue à la Cour du roi Richard!

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Tous les commentaires

Excellente enquête, mais j'ai bien peur que bon nombre d'universités ne fonctionnent guère différemment sur le fond, avec une petite cour autour du hobereau local.

Les hommes ne sont pas meilleurs à l'université. D'où l'intérêt de mettre en place une organisation qui protège l'institution des abus de pouvoir en protégeant ceux qui s'opposent au bon plaisir du "chef". Les conseils d'administration servent, en général, à ça, sauf quand tout le monde se couche. Le problème c'est que l'université, comme tous les lieux de pouvoir, a toujours attisé les convoitises. Mais alors qu'il y avait quelques garde-fou, notamment la collégialité, au lieu de les améliorer on les retire en donnant tous les pouvoirs au président de l'université et en multipliant les contrats précaires dans les administrations, où l'on associe la flexibilité du privé à l'absence de droit du travail du public pour arriver à une niveau de soumission qui ferait baver le plus despotique des chefs d'entreprise.

Au passage la remarque suivante est intéressante : « si vous laissez décider des profs isolés, ils vont faire cours sur le sujet qu'il travaille depuis 150 ans. ».Ce n'est pas faux, mais c'est comme ça que fonctionne la recherche. Effectivement, s'ils veulent mettre en place une grille de compétences avec des items qu'on valide à la fin de la l'année, il vaut mieux des profs obéissants qui valsent à tour de bras. Ca montre bien l'ambition de cette école : vendre ses formations et non servir le progrès scientifique.

Et je ne parle pas des composantes d'université...

Auxquelles pensez-vous ? A celles de l'UFC ? :-) Insolent va !

Bien à vous

Cervolant

Trop fort ! Comment avez-vous deviné ?

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Je n'ai pas encore eu le temps d'explorer. Je n'y manquerai pas.

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Mais, d'ores et déjà, je rejoins le questionnement de Jean-Louis Legalery, s'il y a jeu de pouvoirs à Sciences Po Paris, la cause est-elle à chercher dans la situation particulière, et quelques personnalités qui auraient su se créer une cour, ce qui déjà mériterait d'être dénoncé et combattu; ou s'agit-il - ce qui est tout autre chose - d'un système de fonctionnement beaucoup plus général qui s'observe dans un grand nombre d'établissements d'enseignement supérieur ?

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Je connais pas mal d'étudiants qui se plaignent (anonymement bien sûr, comme dans l'enquête de Jade Lindgaard - on comprend pourquoi ) de ce que l'enseignement que diffuse l'Université en général est formaté et a pour objectif la diffusion du formatage.

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jean-paul yves le goff

http://www.lelivrelibre.net

Après avoir lu avec attention cet article, je m'attriste de voir que cette formidable école tend à devenir au fil du temps, une formidable machine à formater les esprits du fait de rouages très puissants.
Elle ne "tend pas à devenir", elle l'est ! Et quand vous pensez que les radios "dites publiques", France-Inter et France-Info ne savent pas qu'il existe des "spécialistes" en dehors des économistes, des profs, et autres vedettes toutes formatées sur la base de la pensée unique à Sciences Po et dans ses satellites. !

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Ne pas oublier les livres de sophie coignard et autres qui me semblent très bien poser le problème de la république bananière française.

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coignard_livres.jpg

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jean-paul yves le goff

http://www.lelivrelibre.net

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  • 13/10/2009 10:11
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Avant mon arrivée, on les voyait où ? Nulle part !

Le parler Lefebvre-Sarkozy-UMP-beauf de base deviendrait-il une obligation au sein des élites françaises?

Oui, c'est un langage caricatural, en plus dans la bouche du "directeur scientifique".

Quant à la photo Mediapart du "MediaLab", des micros et un écran de télé, cela ressemble à la salle de réunion de n'importe quel site d'entreprise... quand on a vue le Medialab du MIT, on espère que celui de SciencesPo est un peu plus costaud que ce qu'on voit sur cette photo....

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  • 13/10/2009 10:17
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Nadia Marik apprécie peu la question : « Regardez autour de vous ! Regardez les entreprises, les PME, dans le petit commerce, la fonction publique. Combien de personnes travaillent en couple sur le marché du travail ? » Le risque de conflit d'intérêt, de confusion des rôles ? « Mais en quoi peut-il y avoir conflit d'intérêt si on travaille pour le même objectif ?» tonne Nadia Marik

Ah ah! La perte de la dignité se fait toujours dans la colère...

 

Quand on voit comment ces gens se croient chez eux dans une institution publique, on comprend pourquoi le monde n'avance pas sur la question climatique. Personne ne pense à l'après-soi...Le monde dans la dictature du présent. Tragique, entropique.

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  • 13/10/2009 10:21
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Ah ah! regardez la vidéo, elle est terrible...C'est incroyable ce qu'elle me rappelle la séquence de Sarkozy bourré au début de son mandat après la rencontre avec Poutine.

Mais là, on se demande si c'est l'alcool. Les reniflements intempestifs font penser à quelque chose d'autre... En tout cas le jeu d'épaules est totalement sarkozyste. Et en plus il est cassant et méprise ses intervieweuses. Bravo Jade, ça a dû être un moment difficile. Quelle honte! Finalement je regrette Lancelot...Il est temps que l'ère Descoings se termine.

Exact ! je n'avais jamais entendu le directeur de l'IEP mais là...... c'est le choc, je comprends pourquoi il plait à NS et quelle rhétorique ! quel mépris pour ses interlocutrices.......

c'est vrai qu'il a l'air très bizarre ce type! alcolo ou quelque chose comme ça.

et pas l'air très intelligent, c'est surprenant!

 

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  • 13/10/2009 11:25
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Bonjour,

je tenais à remercier Mediapart d'avoir traité de ce sujet!! Je suis à science po Lyon, certe ce n'est pas Paris, mais vous mettez le doigt sur des points très justes qui se retrouvent aussi en Province. Venant de la Fac, quand je suis arrivée à scienco po, j'ai découvert un nouveau monde!!

Je tenais aussi à vous féliciter de défendre un journalisme de qualité, loin des pressions économiques et du pouvoir!! Je suis obligée de me désabonner pour des raisons financières et vous allez me manquer!!!

Continuez et à bientôt!!! ;-)

Un petit témoignage personnel de l'atmosphère de terreur politique UMP qui régnait à Pipo de mon temps...

http://manueldomergue.over-blog.org/article-2524046-6.html

Vivement queJean Sarkozy reprenne tout ça en main !

 

 

 

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  • 13/10/2009 12:34
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Je suis déçu, j'imaginais cette école tellement mieux démocratique, tellement loin du fonctionnement d'autres lieux d'apprentissage. J'appréciais même les interventions de Richard Descoings dans les médias. Bref, j'étais mal informé et manipulé par l'image média. Merci pour cette enquête... quant à mes enfants, qui ne vont pas tarder à chercher leur après bac, comment les aider à ne pas trop se tromper ?

Je sors moi même de quatre ans dans cette noble institution et je me retrouve complètement dans ce qui est dit dans cette enquête ! Joli travail !

Le charisme et la toute-puissance de Richie, les profs qui râlent parce qu'ils ne sont pas assez payés, les vacataires qui en ont marre d'être payés au lance-pierre et traités comme quantité négligeable... Je tiens à signaler pour la petite histoire qu'il y a quelques tempsn l'Association des anciens de Sciences Po -qui fait partie aussi de la FNSP, qui finance l'IEP- employait elle aussi des vacataires pour les travaux administratifs, généralement choisis parmi les étudiants, et s'est retrouvée avec un inspecteur du travail aux fesses, les Prud'hommes et un dédommagement à payer pour avoir jeté deux vacataires du jour au lendemain, sans contrat. Je n'ai jamais rien compris à ces histoires de vacation, mais si ces vacataires ont pu râler et obtenir un dédommagement pour leur renvoi sans ménagement, ne serait-ce pas possible pour les profs vacataires?

Cela dit, Richard Descoings est effectivement très populaire, et a fait de belles choses pour Sciences Po (les ZEP, les différentes écoles qui ont ouvert...). Ca doit être mes origines soviétiques qui parlent, mais quoi de mieux qu'une main de fer pour diriger une institution de cette ampleur?

Un certain DSK ne fut-il pas prof là-dedans?

Et qu'est-ce que c'est que cette caricature d'université américaine? Est-ce que ce n'est pas fait pour avoir la meilleure qualité de formation possible, donc des conditions de recrutement et de traitement des enseignants les meilleurs aussi? On croit rêver...

Enfin une journaliste qui :

1) fait une enquête

2) ne renonce pas à dire le vrai parce qu'elle rêve d'enseigner dans "l'école de journalisme" de Sciences-Po

3) a compris qu'il ne faut pas confondre la réalité de ScPo avec l'image de ScPo telle qu'elle est diffusée par la formidable machine à communiquer qu'à monté Richard Descoings

Au journal télévisé à 13 h sur LCP, on a parlé de Richard Descoings, qui a planché sur la nouvelle "réforme" du lycée. Il nous a été présenté comme un homme de "gauche"...

 

J'ai peut-être loupé cette info dans votre article, Jade ?

 

Mais il est vrai qu'on ne sait plus trop aujourd'hui ce que dire être de "gauche"...

 

Merci pour cette enquête passionnante sur cette école qui formate les "zélites" de la République,

pardon, je voulais dire "Nation"...

 

J'attends la suite avec impatience !

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Bravo pour cette enquête!.. J'ai hâte de lire la suite..

Si il apprécie tant la liberté de parole et l'indépendance des journalistes (ce qu'il promeut afin de développer sa propre Ecole de Journalisme), nul doute que le Roi Richard ne verra rien à objecter à cet article!

Evidemment, même méthode, NS ne l'a pas choisit par hasard....

Gauche ? Gauche "moderne" très ploutocrate et néo-libérale mixée, maintenant, d'une "gauche Carla Bruni"..... !! Vous suivez ou z'êtes paumés ?

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  • 13/10/2009 17:40
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Les commentaires et analyses sur Sciences-Po c'est pas mal, mais j'aimerais bien trouver sur Mediapart une information sur la lutte des Sans Papiers à la porte des Lilas, ceux qui travaillent à la construction du tranway. Parceque si la presse et les médias continuent à les ignorer superbement, ils vont se faire virer par la police dans l'indifférence.L'enjeu de leur lutte c'est d'être visibles en tant que travailleurs, c'est d'exiger à travail égal salaire égal et de contester la sous traitance (en l'occurence, il peut y avoir 3, voire 4 niveau de sous traitance).

Un employeur, un sous-traitant, un autre sous-traitant, une agence d'intérim et au final des travailleurs sans-papiers. Tout le monde s'en doute mais tout le monde s'en fout et surtout les futurs "économistes" de sciences po. C'était juste pour faire un lien avec la rubrique.

A bientôt une info complète sur les sans-papiers Merci

je partage votre constat

cordialement

Hé ho là !!!Le gars sur la vidéo, quelle tête à claques dîtes-donc!!

Quand le primat des narcissismes explose de cette façon tout en haut de l'échelle ça peut empuantir tout le corps social.... ou alors ne serait-ce pas le corps social qui enfante de telles aberrations? Quelle horreur ces caricatures d'autosatisfactions: aucune modestie ni écoute naturelle, aucune gentillesse.. On y revient, "faut se montrer méchant quand on se croit supérieur" et qu'on a entre les mains des fortunes à gérer, à former, à déployer?.... Aucun de ce type de talent hypertrophié représente la vraie richesse.

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Cette enquete est le signe de la sante insolante de cette institution.

C est bien connu on ne prete qu aux riches!

Si son directeur est populaire aupres des etudiants tant mieux,vous en connaissez beaucoup des etudiants qui plebiscitent leurs superieurs?

Franchement pour moi,il n y pas de quoi fouetter un chat,une enquete en contre point pour eclairer le delabrement de l universite serait la bienvenue...

 

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  • 13/10/2009 20:56
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D'accord avec Seveg, visiblement pote au népote, même mots à gerber - genre représentant de commerce pour came à écouler, même came consommée aussi sans doute qui donne tics et regard traqué.

Une bonne illustration de la misère du fonctionnement de l'enseignement supérieur en France. Ce qui est développé dans cet article s'applique aussi à certaines grandes écoles de commerce, d'ingénieur et à certaines universités: rapports féodaux, peu lisibles, parfois violents. Dans certains établissements, il arrive que les enseignants terminent leurs conflits personnels en procès. Quant à la concurrence entre établissements pour les étudiants, celle-ci a parfois pris entre les plus réputées, la forme de méthodes de barbouzes...

Au fond, ce système produit des statuts, des diplômés, la sélection, la réputation se joue davantage dans le recrutement, dans ce qui précède, origines sociales, lycées, prépas, concours, que dans la dite "excellence de la formation" elle-même, vu la plutôt faible implication des étudiants dans les cours. Alors, que celle-ci soit réalisée par des vacataires payés au lance-pierre ou par des permanents peu motivés, l'efficacité pédagogique penche du côté de la première formule, et financière également: 50 euros + charges sociales restraintes pour une heure de cours d'un côté et de l'autre un salaire mensuel de 2500 euros plafonné à 192 heures annuelles. C'est du simple au sextuple. Ceci n'empêche pas dans la presse que certaines institutions se vantaient dans les années 2000, recruter des enseignants en finance pour soit disant 600.000 euros annuels... tout celà pour des questions d'images qui façonnent cette perception subjective d'appréciation via les médias, des entreprises, des prépas dans des soi-disant classements annuels des diplomes qui font forcément vendre... L'ensemble fait système, fait marché... et même marcher.

Bref, sur quoi tout celà tient?... de la subjectivité, de la frime, pas tant de pédagogie, de savoirs/compétences transmises. Certes, l'écrémage préalable a permis de sélectionner certains profils d'étudiants qui se ressemblent assez d'ailleurs, adaptés pour faire le sale boulot que les entreprises demandent actuellement aux trentenaires... plutôt narcissiques, arrogants, pensée clivée qui fonctionne par "prêts à penser"... parfaits petits soldats et relais des "bottom lines" et d'une souffrance au travail développée par ailleurs.

Bref, pas sûr que ces institutions produiront un jour des responsables au style de travail coopératif, capable de faire avec un existant, pas sûr qu'ils puissent former des étudiants avec une réelle curiosité intellectuelle, capacité d'apprendre ou se passionner dans des domaines multiples, d'innover...? Questions que l'on se posait déjà, il y a un siécle et même deux... espérons que les générations à venir pourront avoir cette chance là...?

Bref, une situation qui au fond satisfait tout à fait certaines petites cours en place tant que celles-ci ont le sentiment de pouvoir faire ce qui les intéresse et qui gratifient leur égos....

Mais qui sait l'actualité va peut-être nous démontrer que toutes ces institutions comme territoires et rites d'accès au pouvoir/savoir sont en train de devenir ringardes?

Sans me prononcer sur le fond (certaines choses sont éventuellement gênantes d'autres ne me semblent pas bien grave), je voudrais juste confirmer que les conditions des vacations sont les mêmes dans d'autres universités.

Je suis un professionnel qui a donné et donne des cours dans plusieurs universités (Paris-Créteil, Cergy, Lyon-II) et à chaque fois, j'ai eu mon contrat de travail ou ma lettre de mission après le début des cours; le paiement se fait à l'heure (à un tarif proche de celui annoncé dans l'article), et généralement 4 à 6 mois après la prestation.

À noter que le fait de faire appel à de très nombreux professeurs pour de petites formations (en nombre d'heures) fait sens, surtout en master, où il y a peu de longs cours sur tout le semestre ou l'année (généralement les cours de "théorie générale"), et beaucoup de cours de 2 à 12 heures disons, sur des sujets pointus et donnés par une personne (universitaire, professionnel) connaissant bien le sujet.

Belle enquête et bel article, mais qu'en pensent les élèves? Car aprés tout , et tout le monde semble l'oublier, l'université est faite pour eux..
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Pour cette enquête, Mediapart a interviewé environ 50 personnes. A l'exception des dirigeants de Sciences-Po, toutes les personnes interviewées ont demandé à ne pas voir leur nom cité dans l'article. L'anonymat des sources risque toujours d'en amoindrir la crédibilité. L'immense majorité des propos cités en off sont extraits d'entretiens réalisés, souvent pendant plusieurs heures, avec des personnes travaillant ou ayant travaillé à Sciences-Po.

Ces entretiens ont été sollicités en tant que Mediapart, pour une enquête sur le système Sciences-Po. Sans piège. Ce sont des paroles réfléchies et confiées en connaissance de cause à la journaliste. Dans la rédaction de l'article j'ai privilégié les anecdotes vérifiables ou confirmées par d'autres. J'ai écarté les propos trop extrêmes. Une ou deux citations sont extraites de conversations plus impromptues au téléphone. Pour ce volet de l'enquête, il s'agit de la phrase : « Les gens sont bien payés à Sciences-Po. » Les membres de la direction (Richard Descoings, Bruno Latour, Hervé Crès, Laurent Bigorgne, Nadia Marik, Cyril Delhay) ont eux accepté de parler en « on ». Leurs entretiens ont été réalisés à Sciences-Po, et enregistrés avec leur accord.