Enquête sur le Cran: comment il s'est imposé en porte-parole de la condition noire

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Le Conseil représentatif des associations noires fête ses trois ans d'existence en rêvant d'un Barack Obama à la française. Reçus à l'Elysée, au ministère de Brice Hortefeux ou à l'Assemblée nationale, ses représentants se sont imposés comme d'incontournables porte-parole des minorités visibles. En guerre contre les discriminations, s'appuyant sur de solides réseaux intellectuels, ils séduisent une classe moyenne noire fatiguée de se voir associée à la misère des sans-papiers et aux ghettos. Enquête sur ce mouvement.

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Lundi 10 novembre au matin, une délégation du Cran, conseil représentatif des associations noires, est reçue à l'Elysée. Pas par le président, ni par son épouse – qui a soutenu la veille «le manifeste pour l'égalité réelle» – mais par un haut responsable de son cabinet. Bilan mitigé pour le porte-parole de l'association, l'universitaire Louis-Georges Tin : «Trois hirondelles ne font pas le printemps: il ne faut pas limiter l'affirmative action aux nominations ministérielles de l'année dernière.»