La difficile prise en charge des violences sexuelles à l’université

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Il est curieux que vous n'évoquiez pas le cas de l'URMITE.

 

https://www.ouest-france.fr/faits-divers/harcelement/harcelement-sexuel-un-directeur-de-recherche-du-cnrs-marseille-revoque-5377616

 

Et les commentaires syndicaux sur le cadre général:

http://www.ferc-cgt.org/communique-de-presse-sur-l-umr-urmite-13-novembre-2017-marseille

 

Sans oublier la défense par les cadres du labo:

https://www.petitions24.net/urmite_laissez_nous_travailler

 

Merci pour les liens.

C'est intéressant, je n'en avais pas entendu parler.

Bonjour,

Le site d'information et de réflexion critique participatif sur les sciences, Sciences Critiques, a publié il y a quelques jours une interview de Rachida Lemmaghti : "L'université n'échappe pas aux violences sexistes et sexuelles".

La rédaction de Sciences Critiques

 

"L'université n'échappe pas aux violences sexistes et sexuelles".

C'est vrai, les universitaires n'arrêtent pas de se faire enculer par les gouvernements successifs depuis le siècle dernier ! 

  • Nouveau
  • 11/12/2017 21:39
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Vous dites:

« lieu par excellence où se traduisent des rapports très forts de domination et de hiérarchie, terreaux des violences sexuelles en tout genre.« 

je suppose que vous avez des données quantitatives pour étayer de telles affirmations. C’est un mi lieu que je connais. Je dirais « hiérarchie » oui cela fait partie des statuts de la fonction publique. « domination »: ni plus ni moins que dans le reste de la société. « Violences sexuelles en tout genre »: vous avez des éléments?

Êtes vous journaliste?

bien cordialement

 

 

Si vous connaissez le milieu universitaire, vous devriez savoir que les rapports de dominations sont bien plus importants que dans le reste de la société. Dans une entreprise, on peut claquer la porte et aller voir ailleurs. A l'université, on ne peut claquer la porte sous peine de sacrifier sa carrière entière.

Par ailleurs, le droit du travail n'est pas du tout appliqué à l'université. Si une entreprise agissait comme les universités au niveau de l'exploitation des étudiants/employés (travail gratuit, heures sups non payées, statuts ultra précaires même à bac+10), ca ferait la une de tous les journaux.

Dans ce contexte, difficile de voir une jeune étudiante porter plainte contre un puissant mandarin proche du président de l'université et des politiciens locaux...

Je ne crois pas qu’on puisse dire cela sérieusement. C’est un lieu commun très diffusé. Je crois au contraire que le moindre geste déplacé aurait dans la plupart des établissements de répercutions immédiates.

les mandarins sont déboulonnés depuis longtemps. On ne retrouve pas dans les universités de phénomènes tels que ceux décrits par cash investigation au sujet de Lidl. Il ne faut pas pousser. Beaucoup de personnels sont protégés par leur statut. Maintenant c’est vrai que bien des universités se trouvent dans un état délétère avec une baisse des postes disponibles et un climat des plus morose. Une certaine violence symbolique peut s’exercer sur de gros ego blessés....

concernant l’existence du travail précaire vous avez raison, c’est un scandale! De là à parler d’un milieu particulièrement violent et où s’exercent les violences sexuelles.... faut pas pousser! Où je suis, la moitié au moins des postes et responsabilités sont occupés par des femmes et les couloirs sont vides de tout prof et profe qui restent chez eux....

le seul conflit d’interet qui a été soumis en France est celui du dir. de thèse et doctorants. Il ne participe plus au vote! On le soupçonne sûrement de possible concupiscence alors que la plupart du temps son travail est La défense du doctorant ou la doctorante. Je ne dis pas que ce genre de situations n’a jamais existé mais ce n’est pas parce qu’on a vu « Shining » que tous les hôtels sont des lieux d’angoisse.

l’article ne me paraît pas sérieux du point de vue journalistique. Il ne repose pas sur des enquêtes. C’est juste une suite d’opinions et de lieux communs.

A ma connaissance, Sandrine Rousseau n'est pas juriste mais économiste.

"Tous les établissements d’enseignement supérieur devront, dès la rentrée 2018, se doter d’un dispositif de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, avec une cellule d’écoute et d’accueil ouverte à l’ensemble de la communauté universitaire."

Excellente nouvelle.

La cellule de Lille III évoquée dans l'article est u  modèle. Cela fait longtemps que j'attends qu'une telle cellule voit le jour dans mon Université (Paris 6). Mais il faut des moyens et du personnel pour cela. J'ai demandé qu'elle soit dans notre PF de liste intersyndicale : silence radio. Non plus un observatoire des inégalités.

Le lien :

https://www.univ-lille3.fr/cellule-harcelement-sexuel/

Pouvoir, familiarité, prise de possession... et déstabilisation de jeunes adultes mis en confiance.

Mais la confiance est le terrain de l'amitié, et de l'amour.

Pas le terrain de la prise de possession,

et ça, la proie ne le sait pas.

Sauf si elle est aussi perverse.. : mais alors, c'est un jeu partagé, entre adultes, sans souffrance ni blessure.

Examiner les fonctionnements de l'institution,

qui vraisemblablement joue sur les mêmes ambiguïtés, (pouvoir jeu de dupes et copinage hypocrite)

pour obtenir tacitement un consentement passif,

sans dire par avance à quelles reformes on va consentir.

Vous avez raison ponctuellement, mais pour moi, ces histoires de violences sexuelles, sont la dernière vague puritaine venue des USA, un peu comparable à la vague salafiste venue du Moyen Orient, après la vague néolibérale venue de Hayeck et Friedman…

Peut-on espérer que notre socle républicain, social et laïc ne s'effondrera pas ?

L'adage "féminisme(ou lutte contre les violences sexuelles) = nouvelle forme de moralisme" sortait déjà dans des écrits de 70... et ressort probablement chaque année depuis... Donc pour le coté "dernière vague", il faudra repasser...

Ensuite je vois difficilement en quoi il y aurait une forme de moralisme à lutter contre les violences sexuelles. Par ailleurs, si vous verriez le nombre de viols commis par des gens qui se disent salafistes, ou de tarrés qui disent défendre telle ou telle forme de rigorisme moral, vous verriez que les deux ne sont pas opposé mais vont de paire...

Vous savez on a toujours navigué entre la séduction féminine et le désir masculin. Souvent très difficiles à départager.

Culture du viol...

Wahou-ou-ououou… quelle rigolade ?

L'université est un lieu bien spécifique, séduction et pouvoir y coexistent: fascination. Le problème sera de bien distinguer une violence réelle, subie, de relations troubles, partagées parfois, émanant souvent du professeur mais qui peut l'être tout autant de la part de l'étudiant. 

Détrompez-vous : vous rencontrerez les mêmes ambiguïtés dans la fausse camaraderie supra hiérarchique au travail.

Le fameux esprit de famille qui recouvre le management néolibéral générateur de burn out. Qui a pourri les fonctions publiques après le secteur privé. 

Pouvoir et copinage intéressé. 

En 2000, je suis à la fac de Lille 3, en psycho... Le prof de psychologie cognitive qui est malsain avec certaines étudiantes, est bien connu. Une copine a reçu des avances qu'elle a refusées. Total : très mauvaise note au partiel corrigé par ce prof. Une étudiante qui a eu des bonnes notes partout et pour laquelle ledit prof a refusé la consultation de copie. Que faire ensuite? La fille a, comme nous toutes, eu peur que son cursus entier soit brisé... alors personne n'a rien dit. Qui aurait été cru? J'apprends donc avec cet article qu'il a récidivé et qu'il a été puni...

il y a désormais dans toutes les universités des cellules pour traiter ce genre de situations. Il ne faut pas hésiter à les contacter. Les avances si elles sont explicites sont tout à fait déplacées et à priori on écoute les étudiants.

l'Université est le lieu idéal pour le harcèlement non seulement pour les étudiantes pendant leurs études de 1er et 2éme cycle mais aussi pendant le doctorat où la structure a tout pouvoir sur vous. Il faudrait aussi parler du harcèlement moral au sein des labos qui concernent aussi bien les hommes que les femmes.Le système est assez moyenâgeux et le droit du travail quasi inexistant.Les condamnations pour harcèlement de quel type que ce soit sont très rares et au prix de difficultés quasi insurmontables.

Franchement je crois que décrivez une réalité largement dépassée. Les Université ont mis en place des structures pour accueillir les témoignages de harcèlement et un enseignant qui abuse risque gros désormais.

Il me semble que l'"université" - je parle là au niveau Master-doctorat, et après, recherche, labos, etc. - est un lieu inextricable car des désirs sexuels compulsif y côtoient des refoulements d'un autre âge. Le sexe est très présent, presque obsédant pour certaines personnes, mais rarement visible.

Refoulement et désir sont de toutes les époques! 

et de tous les milieux, mais à des degrés divers...

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