Jean-Marie Delarue : le contrôle de l'Etat n'est « pas un luxe »

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L'ancien président de la Commission nationale chargée du contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS) revient sur les polémiques portant sur la loi sur le renseignement. Et il appelle l'État à accepter de se prêter aux contrôles indépendants.

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Jean-Marie Delarue présidait la Commission nationale chargée du contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS). Depuis le 3 octobre, la loi sur le renseignement a laissé la place à la toute nouvelle Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR), qu'il ne préside plus. « J'ai estimé que je ne pouvais pas cautionner un tel affaiblissement du contrôle », explique Delarue, très critique sur le contenu de la loi renseignement votée cet été, qui autorise les pratiques jusqu'ici illégales des services secrets. Il revient également sur la nécessité d'autorités de contrôle de l'État vraiment indépendantes. « J'ai eu à présider successivement deux organismes de contrôle. Je voudrais qu'ils soient indépendants du contexte politique et économique. (...) Les autorités administratives indépendantes ne sont pas un luxe qu'il faudrait garder pour les périodes de prospérité. »