Jean Arthuis dénonce les bonus de retraites au Sénat

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Le sénateur centriste, président de la commission des finances, réclame la fin du système des «suppléments de retraites» réservé par le Sénat à ses dignitaires, dont Mediapart vient de révéler l'existence.
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Le sénateur Jean Arthuis, président de la commission des finances, réclame la fin du système de «suppléments de retraites» réservé par le Sénat à ses dignitaires, dont Mediapart vient de révéler l'existence. Comme nous l'expliquions le 8 septembre, les sénateurs dotés de responsabilités particulières (vice-présidents, questeurs, présidents de commission, etc.), touchent un complément d'indemnité pendant leur mandat, et bénéficient, une fois à la retraite, d'un bonus qui s'ajoute à leur pension de base et qui peut atteindre plusieurs milliers d'euros.

L'exemple le plus frappant ? Michel Charasse (ex-PS), ancien secrétaire et questeur du Sénat, aujourd'hui membre du Conseil constitutionnel, touche 8.740 euros de retraite chaque mois, plus 4.470 euros de «complément». Soit, au total, plus de deux fois l'indemnité de base d'un sénateur en fonction! Jean Arthuis, président de l'Alliance centriste, candidat à son renouvellement aux sénatoriales du 25 septembre en Mayenne, affirme avoir découvert ce dispositif par l'intermédiaire de Mediapart (bien qu'il cotise chaque mois en vue de ce bonus). Il n'en veut plus.

En tant que président de la commission des finances, vous faites partie des « autorités politiques » du Sénat et profiterez, à ce titre, d'un « supplément de pension ». Qu'en pensez-vous ?

J'ignorais tout de ce système. Je suis président de la commission des finances, or ce sont les questeurs (ndlr : trois sénateurs, deux issus de la majorité, un socialiste) qui s'occupent de cela. J'avais à l'esprit que ma retraite se situerait entre 5.000 et 6.000 euros. Après avoir passé un coup de téléphone pour me renseigner, j'ai découvert qu'à 66 ans, si j'étais battu le 25 septembre, j'aurais une pension globale, avec ce complément, de 9.600 euros par mois. Ça doit être revu à la baisse.

C'est-à-dire ?

Je demande que dans le cadre des travaux entrepris par la présidence du Sénat et les questeurs (ndlr - pour réformer le système de retraites des sénateurs), cela soit revu à un niveau équitable. Je l'ai dit à Gérard Larcher (le président du Sénat). Il a d'ailleurs rédigé une note d'intention, pour la campagne sénatoriale, où il exprime sa volonté de réformer.

Mais faut-il supprimer ces « suppléments de pension » ?

Je ne vois pas pourquoi on traiterait différemment les sénateurs que vous appelez «les dignitaires» de tous les autres. Qu'on traite tout le monde de la même manière.

 

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Cette courte interview a été réalisée par téléphone mardi 13 septembre, dans l'après-midi.