Logement social: le décret de tous les dangers

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Emmené par François Pérol, le lobby des grandes banques privées est entré en croisade pour que l'argent collecté grâce au Livret A soit de moins en moins centralisé par la Caisse des dépôts et n'aille plus financer le logement social. Le gouvernement s'apprête à prendre un décret. Enquête sur une privatisation qui ne dit pas son nom.

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C'est une réforme gravissime mais dont on parle peu : comme on pouvait le craindre dès sa mise en œuvre, le 1er janvier 2009, la banalisation du Livret A risque à brève échéance de faire imploser le système de financement du logement social, en France. Et c'est un proche de Nicolas Sarkozy, récemment décoré par lui de la Légion d'honneur, qui est à la manœuvre : François Pérol. Secrétaire général adjoint de l'Elysée, c'est lui, aux côtés du chef de l'Etat, qui a conçu la réforme initiale, bouleversant de fond en comble les règles de fonctionnement de l'épargne populaire. Et c'est lui, dans ses nouvelles fonctions de patron de BPCE (résultant de la fusion des Caisses d'épargne et des Banques populaires) et de président de la Fédération bancaire française, qui, menant croisade, s'applique à donner l'ultime coup de boutoir.