Politique de la ville : les agences sont-elles au service de l’Etat ?

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Le délégué interministériel à la ville a entendu les critiques des élus concernant les résultats de la politique de la ville lors de son audition à la commission des finances.

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La commission des finances, présidée par Didier Migaud, a auditionné Yves-Laurent Sapoval ce matin à 11 heures à l'Assemblée nationale. Le délégué interministériel à la ville et responsable du développement social urbain était entendu et interrogé par une petite dizaine de députés sur l'action de la DIV. Sur la sellette pour certains, l'ancienne incarnation quasi unique de la politique de la ville, qui ne compte plus aujourd'hui que 70 agents, n'est pour d'autres déjà plus « dégraissable ». Rapidement, en revanche, les critiques se sont portées sur deux agences, l'ANRU et l'ACSé, la première étant chargée de la rénovation urbaine, et la seconde de la cohésion sociale et de l'égalité des chances.
« Avez-vous la capacité de piloter l'ensemble du programme dont vous avez la charge ? » a, d'emblée, questionné Didier Migaud. Créées en 2004 et 2006, les deux agences ont en effet absorbé la plus grande partie des budgets et des responsabilités de l'ancien ministère de la ville.

Yves-Laurent Sapoval a rappelé, de son côté, que « l'ANRU est au service d'une politique ». Quand en 2003, Jean-Louis Borloo décide de créer cette agence, il exprime clairement son souhait d'instaurer un guichet unique, et de fait une instance aux pouvoirs importants. Un poids qui renforce le rapport de force parfois tendu entre élus locaux et l'ANRU sur la mise en place du plan de rénovation urbaine. Ce que semble regretter aujourd'hui le député socialiste de Haute-Vienne, Alain Rodet, présent lors de l'audition : « La centralisation se renforce... On sait que ce sont le directeur général de l'ANRU et l'Etat qui prennent les décisions (...) Il faut pouvoir disposer de contrepoids face à ce pouvoir centralisé... Parfois, devant le jury de l'ANRU, on se demande si on n'est pas pris pour des débiles profonds. »
Un autre socialiste, Alain Cacheux, s'est, pour sa part, inquiété des coûts que doivent assumer les collectivités: