Pour une nouvelle nuit du 4 août

Plusieurs rapports publics viennent de mettre en évidence qu'une toute petite oligarchie profite d'invraisemblables privilèges fiscaux. Alors, la gauche, qui plaide en faveur d'une « révolution fiscale », aura-t-elle le courage non seulement de refonder un impôt général sur tous les revenus mais aussi d'y soumettre ces plus hautes fortunes? Pour qui a entendu les appels recents à la prudence de François Hollande, c'est loin d'être acquis.

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A un an de l'élection présidentielle, il peut paraître injuste de jeter la suspicion sur le projet socialiste, qui envisage d'engager une véritable « révolution fiscale ». Car s'il y a bien un domaine où les dignitaires du Parti socialiste ont changé, c'est assurément celui des impôts. La conversion est même spectaculaire. Hier, contaminés par le virus libéral, ils étaient les chantres du « moins d'impôt ». Alors qu'il était ministre des finances du gouvernement de Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn s'était même distingué en proposant une scandaleuse baisse de la fiscalité sur les stock-options ou encore du taux supérieur de l'impôt sur le revenu, deux réformes que Laurent Fabius a ensuite achevées. Et puis voilà que la direction du Parti socialiste change radicalement de doctrine, et préconise une réforme fiscale en apparence aussi radicale qu'ambitieuse, avec deux mesures phare : la fusion de la Contribution sociale généralisée (CSG) et de l'impôt sur le revenu pour refonder un véritable impôt citoyen, c'est-à-dire un impôt général et progressif sur tous les revenus; et un alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail.

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