Transparence: les assistants parlementaires aussi?

Les assistants parlementaires vont-ils devoir eux aussi déclarer leurs conflits d'intérêts ? Certains députés plaident pour. Car la précarité des petites mains du Parlement conduisent parfois à des situations troubles.

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C'est un petit alinéa caché dans les centaines d'amendements du projet de loi sur la transparence de la vie publique, qui sera discuté la semaine prochaine à l'Assemblée. Mais il fait beaucoup parler au Palais-Bourbon. En plus de leurs activités ou rémunérations annexes (un sujet déjà très sensible), les députés pourraient être contraints d'indiquer « les noms », et peut-être les « activités professionnelles » de leurs collaborateurs. Du jamais vu au Parlement, où les assistants parlementaires sont aussi indispensables au quotidien qu'inexistants aux yeux de l'institution.
« Les 2 400 assistants et collaborateurs de l'Assemblée nationale sont un objet caché de la République », résume Jean-Jacques Urvoas, rapporteur PS du texte sur la transparence. Qui entend bien profiter du débat de la semaine prochaine pour les sortir des oubliettes. En posant, aussi, la question qui fâche : certains assistants, qui rédigent souvent les amendements de leurs élus, ne seraient-ils pas aussi d'efficaces agents de lobbying installés au cœur même du Parlement ?
Très bon connaisseur de l'Assemblée, le député PS René Dosière estime que « 30 à 40 % » des collaborateurs parlementaires de l'Assemblée seraient « employés par des entreprises privées ». Un chiffre sans doute exagéré, et qui recouvre d'ailleurs des réalités fort différentes : certains assistants sont ainsi chargés de cours à l'université, ce qui n'est guère répréhensible.

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