Hollande : les risques d'un «pari démocrate»

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Et si le président de la République était fidèle à lui-même en opérant un virage politique ? Il vient enfin d'affirmer sa ligne de toujours, en partie dissimulée pendant la campagne, celle d’un socialisme converti à la « modernité démocrate », prônée dès 1984. Pour faire comme Obama, au risque d’imiter Prodi.

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Les libéraux sourient, la gauche traditionnelle grimace. C’est sans surprise l’effet produit par la grande conférence de presse de François Hollande mardi. Il a séduit les éditorialistes parisiens, rassurés que le président renonce à « son programme économiquement indigent, lui qui prétendait que la France n'avait pas de problème de compétitivité et préférait faire la chasse aux riches » (Le Monde) et que le chef de l’État « s’assume » enfin comme « social-libéral » (Les Échos) ; il a plu à Laurence Parisot – « Il a dit que la situation était grave et malheureusement, il a raison » – et ravi François Bayrou, pour qui s’il « y a des oppositions dans la vie politique française », elles ne sont plus « entre droite et gauche », mais « entre les plus radicaux de chaque côté et ce que j’appelle la majorité centrale » (voir la vidéo).