Notre débat: le Grand Paris, l'urgence ou la peur?

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Le Grand Paris est à un tournant. Dix grands cabinets d'architectes ont présenté leurs travaux au président de la République. Edouard Balladur a rendu son rapport. Christian Blanc, secrétaire d'Etat en charge de cette question, s'apprête à révéler ses plans. Mediapart a proposé à Philippe Dallier et à Pierre Mansat d'en débattre. Le premier est un sénateur (UMP) de Seine-Saint-Denis, auteur d'un rapport remarqué sur le sujet en 2008. Le second est adjoint au maire de Paris et est chargé du développement de Paris-Métropole.

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Le débat sur le Grand Paris s'accélère. Nicolas Sarkozy a reçu vendredi 13 mars les dix cabinets d'architectes qui ont établi des projets pour un futur Grand Paris, dont Mediapart avait révélé la teneur. Surtout, Christian Blanc, le secrétaire d'Etat en charge de cette question, nommé il y a un an par Nicolas Sarkozy, s'apprête à révéler enfin ses intentions, jusque-là bien mystérieuses.

 

Parallèlement, le 5 mars, Edouard Balladur a rendu à Nicolas Sarkozy un rapport sur les collectivités territoriales dans lequel il propose de fusionner dans un seul département Paris et la petite couronne. Nicolas Sarkozy n'a pas officiellement enterré cette suggestion. Mais il a reporté son examen. Au grand dam de Philippe Dallier.

 

Ce sénateur (UMP) de Seine-Saint-Denis avait l'an passé rendu un rapport très intéressant dans lequel il soutenait que cette fusion était la seule option réaliste pour aller vers le Grand Paris qu'il appelle de ses vœux. Mais il s'était pris une volée de bois vert: on ne fait pas disparaître des départements impunément.
De son côté, la Ville de Paris a son propre projet. Depuis que Bertrand Delanoë est maire, son adjoint en charge de la question, Pierre Mansat, a initié un dialogue avec les communes de la région et monté des conférences métropolitaines pour parvenir à une solution commune, qui ne soit pas imposée d'en haut par le gouvernement.

 

Mais pour l'instant, cette instance de dialogue et d'étude n'en est qu'au stade des discussions alors que le temps presse: des investissements en transports sont urgents (RER, prolongement de la ligne 14, projet de métro autour de Paris en première couronne, etc.), tout comme des constructions de logements. Or rien n'avance. Ou si peu.

 

Le conseil général et les maires UMP des Hauts-de-Seine, qui boudaient jusqu'à présent l'instance de réflexion du maire de Paris, ont décidé début mars de rejoindre la conférence. Signe encourageant? Ou volonté d'intégrer l'instance pour mieux geler tout projet futur?

 

Difficile d'y voir clair. Mediapart a donc proposé à Philippe Dallier et Pierre Mansat de confronter leurs opinions pour sortir d'un débat souvent confiné aux seuls initiés et pour faire valoir leurs arguments respectifs. Alors que Philippe Dallier pense qu'une impulsion venue d'en haut est nécessaire car tous les acteurs concernés ne parviendront jamais à se mettre d'accord, Pierre Mansat, sans nier «l'urgence» de la situation, continue de défendre une nécessaire concertation, refusant de confondre vitesse et précipitation.

 

Avant de les écouter, et afin de mieux cerner les enjeux majeurs du débat, Mediapart a sélectionné et rassemblé les cartes les plus intéressantes qu'avaient réalisées ou récoltées les dix cabinets d'architectes chargés de réfléchir au Grand Paris. Elles illustrent graphiquement les inégalités majeures entre différentes zones de la région capitale.

 

Nous avons classé ces données en quatre volets que vous retrouverez en PDF ci-dessous:

Sociales et économiques (les cartes non créditées sont de l'équipe Rogers).

L'habitat (la première carte a été réalisée par l'équipe Descartes; la deuxième ainsi que la dernière par l'équipe Rogers).

Les infrastuctures et les équipements (éducation, loisirs, santé, etc.).

Les transports.

 

Maintenant, place au débat. Face à Pierre Mansat (PC), Philippe Dallier (UMP) explique l'urgence de la situation et pourquoi, il ne faut pas, selon lui, avoir peur d'un Grand Paris (8 minutes).

 

 

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