Drones: révélations sur les projets de la police

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Tous les commentaires

Rue Nélaton, l'ancienne place forte de la DST est construite à l'emplacement du Vélodrome d'Hiver (détruit en 1959 après cinquante ans d'existence), où avaient lieu les Six jours de Paris, mais aussi des combats de boxe et des rassemblements politiques (Pierre Poujade était un habitué des lieux). C'est là que furent parquées, les 16 et 17 juillet 1942, les victimes de l'opération « Vent printanier », ainsi nommée par la police française, qui y prit une part active : la rafle du Vel' d'Hiv' (la seule photographie ayant fixé l'événement montre un autobus en stationnement rue Nélaton). Nous étions alors encore dans une technique terriblement terrestre...
Les Néo-Facistes sont bien présents, non je n'ai pas peur d'utiliser ce mot, car sous couvert d'un dogme sécuritaire version "Patriot-Act" made in france, l'état devient de plus en plus policier donc répressif. La Politique sécuritaire fait en sorte qu'elle "bouffe" nos libertés au nom d'une pseudo sécurité, on rogne doucement nos droits toujours pour les mêmes principes. Ce fichier montre du doigt les l'orientations sexuelles des uns et des autres et du coté potentiellement dangereuse de cette orientation... sans oublier les syndicalistes méchants terrorisme d'un patronat souhaitant la mise à mort du code du travail pour mieux réinventer l'esclavage LIGHT. Mais bon, les morts de faim seront toujours plus nombreux, et quand l'heure de la révolte sonnera... on connait la suite
Jean-Louis Legalery Quel article remarquable ! Pédagogique, techniquement informatif et assez inquiétant, malgré les dénégations de Thierry Delville sur un ton présumé rassurant. Le choix du fond sonore de la machine à écrire comme ponctuation de l'entretien vidéo est également remarquable et savoureux. L'acronyme Elsa est sinistre et nous éloigne singulièrement d'Aragon, tout comme Lapi de Lazzuli. Quant à la précision d'Antoine Perraud, elle montre que, si le choix de la rue Nélaton est dû au hasard, c'est, au mieux, du mauvais goût avéré. Merci encore à David Dufresne. C'est, une fois encore, le type d'enquête qui devrait inciter les visiteurs de passage à s'abonner définitivement à MédiaPart.
Cher Jean-Louis, Merci pour vos remarques et votre soutien. Depuis les premières rumeurs autour des drones, dès 2006, je dois reconnaitre que cette question me semblait centrale. Et tellement significative. Merci encore à vous. Et n'hésitez pas à suggérer des enquêtes, des envies, des propositions, etc. A bientôt.
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  • 15/04/2008 20:20
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Aveu d'impuissance Scénario monté de toutes piéces Pretextes Mensonges Manipulation Fréquences Ecoute Liberté Démocratie Ventes Clients Droits Politiques Corporatismes Justice Citoyens
Bon il ne nous reste qu'un espoir : que toute la technique ne surpasse jamais l'expérience et l'intelligence humaine. Je pense au film Spy Game. Mais ne rêvons pas.Il va falloir en plus comptabiliser les erreurs judiciaires, les abus de pouvoir, les vies brisées.
Bonjour ! Merci pour cette enquête ! Elle montre la part des phantasmes des uns et des autres dès lors qu'il s'agit des technologies, en particulier militaires. Je signale du reste un papier récent là-dessus, qui reprend les débats des chercheurs anglais, notamment, qui se sont longtemps étrillés sur ces affaires de militarisation : http://www.cairn.info/revue-deviance-et-societe-2008-1-p-101.htm (je ne pense pas que l'article soit en accès direct, mais on peut s'arranger...). Ce qui est intéressant, c'est que les partisans du "preuve contre aveu" trouvent toujours de nouveaux apôtres. Intéressant en particulier au moment où Jacky Eulo vient d'être acquitté par la Cour d'assises de Bobigny. Jacky Eulo est cet homme de 42 ans jugé pour la mort d'un convoyeur de fonds en 2000, à Stains (mon père tenait la boutique attenante à la banque visée - je me souviens bien de cette affaire). Le conducteur a été tué quasiment à bout touchant par l'auteur. On retrouve l'ADN de Eulo dans la camionnette des tueurs. On retrouve aussi une cartouche sur place, similaire à une autre affaire pour laquelle Eulo avait été condamné. Affaire pliée ? ADN, police scientifique, minutie des enquêteurs ? Oui, mais intime conviction des jurés, fondement de la procédure pénale. Car d'une part une ADN n'est pas indicateur de l'événement : elle dit seulement que Eulo s'est trouvé dans la camionnette à tel ou tel moment. Mais pas qui a tiré. Au procès, selon les compte-rendus du Parisien 93, les enquêteurs ont admis que l'ADN "n'est pas la preuve absolue". Et puis, surtout, Jacky Eulo n'a jamais avoué. Jamais passé d'aveu. Aveu contre ADN, match inégal ? Assurément. Mais en quel sens ? L'avocat de M. Eulo l'a rappelé, toujours selon le Parisien93 "mieux vaut un coupable dehors qu'un innocent en prison". Voilà pour la confusion éventuelle entre "trace" et "preuve'. Je soutiendrais aveuglément Thierry Delville s'il défendait le point de vue selon lequel l'ADN est une trace irréfutable. Mais ce n'est pas une preuve absolue et suffisante. Du coup, il faut s'interroger sur la place qu'il convient d'accorder à la scientifisation du travail policier. Quelques recherches montrent le statut tout à fait particulier de l'ADN en la matière, et la fragilité des autres moyens technologiques, notamment les systèmes d'identification électronique des plaques d'immatriculation : http://www.cesdip.org/IMG/pdf/EDP_no_96.pdf. Jean-Paul Brodeur, du Canada, a montré la par écrasante des affaires criminelles résolues sans l'adjonction de la technique, tout simplement parce que les meurtres sont souvent commis entre proches, ou bien devant témoins, ou bien que l'aveu ne tarde jamais : http://www.crime-reg.com/police/tsi_ch38_brodeur.pdf. Des résultats que Laurent Mucchielli recoupe sur des données françaises : http://www.cesdip.org/IMG/pdf/EDP_no_98.pdf. Mais il restera toujours une part infime, mais tragique, d'affaires irrésolues, ou de meurtriers trop longtemps dans la nature. C'est le problème économique classique du coût marginal : on investit énormément sur une part infime d'affaires. Mon avis est que le problème s'engage dès lors que l'on confond cette part résiduelle (en nombre) d'affaires et le gros du travail de police judiciaire, où la connaissance du terrain, du voisinage, de l'humain, compte considérablement. Ce dont, sur un tout autre terrain, les Américains se sont rendus compte dans leurs stratégies de contre-espionnage. Vastes débats. A quand un blog "police scientifique" sur Mediapart ? Amicalement, FJ
Cher Fabien, Merci, une nouvelle fois, d'être intervenu ici. A la fois pour ce commentaire irréfutable comme une trace, et efficace comme une preuve ,-) Je répondrais juste à la fin. A quand un blog "police scientifique" sur Mediapart ? Ou plus exactement: A quand une édition «Sécurité» sur Mediapart, où nous pourrions nous retrouver à plusieurs? Je suis partant. Qui d'autres? Fabien? D'autres?
Partant.
Bonjour, Merci pour votre article sur les derniers gadgets de la police. Quelque part, il me soulage, j'avais le sentiment de sombrer dans la paranoïa tout seul dans mon coin. En effet, j'habite Saint-Denis et j'ai la chance de disposer d'une terrasse ensoleillée, à l'abri du regard des voisins... mais pas de celui des divers engins qui sillonnent "mon " espace aérien. J'ai donc pu apprécier aux premières loges les performances des petits avions rouges et blancs "munis de boules optroniques". La première fois, c'était le 13 octobre 2007, je crois bien à l'occasion de la demi-finale de la coupe du monde rugby, France-Angleterre, qui se déroulait au Stade de France. Les engins ont tourné à moyenne altitude toute la journée et jusqu'à 23h passées. Bien qu'assez discrets, difficile de ne pas les remarquer au bout d'un moment. Mais depuis bien plus longtemps, nous avons aussi les bons vieux hélicoptères. Cela a commencé me semble-t-il lors des émeutes de novembre 2005. Durant deux semaines, nous y avons eu droit toutes les nuits, au ras des toits, avec ou sans projecteurs, avec des moyens de vision nocturne certainement, d'enregistrement peut-être, et je dois dire que cela m'a bien plus choqué que les "violences urbaines" elles-mêmes, somme toute plutôt limitées et sporadiques à Saint-Denis, quoiqu'on ait pu en dire. Depuis cette époque, les hélicos sont de sortie à la moindre occasion : événement au Stade de France, manifestations de sans-papiers, etc. Ils sont plus discrets qu'en novembre 2005, mais c'est tout de même pesant, quand on y pense, et je serais curieux de savoir s'ils font simplement de l'observation préventive ou s'ils sont dotés de moyens d'enregistrement. Pour ce qui est des drones eux-mêmes, je n'en ai pas vu, mais par nature, ils ne sont pas très visibles et je ne prendrais pas pour argent comptant les déclarations de Thierry Delville. J'ai entendu dire de source plutôt fiable qu'ils ont été expérimentés en novembre 2005 en Seine-Saint-Denis. Mais je n'ai aucun moyen de vérifier cette information. Encore merci pour votre enquête (j'espère que vous allez la poursuivre) et aussi pour l'ensemble de vos articles, que je lis toujours avec plaisir et intérêt.
Nous sommes confrontés dans certaines parties du territoire à de véritables émeutes ethniques et ou à des réactions de bandes qui veulent protéger leurs trafics de toute incursion dans leurs territoires. Ces phénomènes sont de plus en plus violents comme en témoignent les deux meurtres commis en 2005 et les coups de feu tirés plus récemment sur les forces de l'ordre qui ont eu le sang-froid de ne pas riposter. Face à ces bandes très organisées; il est normal que l'Etat se dote des moyens adéquats. Le maintien de l'ordre et la protection des personnes font partie des missions fondamentales de tout Etat de droit.
Ce commentaire a été dépublié par son auteur·e.
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  • 17/05/2008 22:46
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Ce qui m'étonne le plus c'est que les technologies mises en oeuvre sont à la portée budgétaire et technique d'un bon club d'aéromodélistes, (le vol en immersion vous portez des lunettes qui vous renvoient les images de la caméra, le lithium-ion comme batteries, le vol de nuit, le vol par gps...achetez à Hong-Kong c'est moins cher surtout avec notre euro) les pays à moindre réglementation en font un usage intensif mais une fois de plus il s'agit de fabriquer français. Dans la navale qui voudrait un drone à décollage verticale il y a la même démarche qui va coûter des millions d'euros...à croire que les gyroscopes électroniques et le passage vol stationnaire-vol dynamique serait une révolution technologique. Mais il est vrai que l'on croit inventer avec l' A400M les ailes soufflées et les hélices contre rotatives alors que Bréguet en avait fait un appareil dès la fin des années 1950! En fait le vrai problème n'est pas de surveiller l'évolution d'émeutes ou comme à toulouse une folle course poursuite qui a provoqué la mort de deux gendarmes mais de tout judiciariser. Si en Mai 1968, l'on avait poursuivi tous les émeutiers, ne leur laissant aucune chance de s'en sortir socialement par la suite, ne croyez vous pas que des moyens encore plus radicaux auraient été employés? Ces techniques comme expression d'un besoin venant se subtituer au renseignement humain dénote en tout le manque d'infiltration des bandes organisées et des quartiers délicats. Bon, je retourne au montage de mon biplan (sans rire).
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L’irruption de la technologie signe probablement l’une des évolutions majeures de la police. Elle est à la fois massive, profonde et toute récente. Or, tout semble indiquer que cette profusion a lieu, non en catimini, mais dans une certaine indifférence. Indifférence qui laisse dès lors le champ libre aux abus... comme aux fantasmes. Ainsi des drones. S’y intéresser, c’est tenter de cerner les préoccupations policières d’aujourd’hui et les enjeux sociétaux de demain. Avec, notamment, plusieurs questions essentielles autour des libertés individuelles et d’une certaine militarisation des forces de l’ordre.