Au procès Aubier, l’éclatante mauvaise foi du médecin de Total

Par

En avril 2015, Michel Aubier, pneumologue et mandarin, n’avait pas mentionné devant une commission d’enquête du Sénat sur la pollution le fait qu’il travaillait depuis 18 ans pour Total, pour environ 100 000 euros par an. Mercredi, il était jugé pour « faux témoignage ». Une occasion rare d’aborder la question des conflits d’intérêts au tribunal.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Un médecin jugé devant le tribunal correctionnel, cela arrive. Mais pour avoir oublié de déclarer qu’il était rémunéré par une entreprise privée, jamais – bien que cela puisse constituer un délit. Le pneumologue Michel Aubier a connu ce triste privilège mercredi à Paris, pour « faux témoignage ». Il faut dire qu’il y a mis du sien. En tant que représentant de l’AP-HP (Assistance publique-hôpitaux de Paris), il était auditionné le 16 avril 2015 au Sénat, dans le cadre d’une commission d’enquête parlementaire sur les coûts économiques et financiers de la pollution de l’air. Alors qu’il venait de prêter serment de dire la vérité et qu’on l’interrogeait sur ses « liens avec des acteurs économiques », il n’a pas pensé que cela pourrait intéresser les sénateurs de savoir qu’il travaillait depuis 18 ans pour Total, pour des revenus de l’ordre de 100 000 euros par an.