Nice, une ville saisie d'effroi

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Entre tristesse et colère, les sentiments des Niçois sur la promenade des Anglais sont multiples et parfois divergents.

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De notre envoyé spécial à Nice.- Moussef tape nerveusement sur son bureau avec un stylo. Dans l'arrière-salle de la station-service dont il assure la gestion, l'homme peine à se concentrer sur l'écran de son ordinateur. À sa gauche, son téléphone portable repasse en boucle les mêmes images. « J'ai filmé ces cadavres pour que ma femme me croie, pour qu'elle comprenne ce qu'a vu notre fille », sanglote-t-il. « C'est mon enfant de trois ans qui nous a sauvé la vie. Après le feu d'artifice, nous remontions de la plage sur la promenade des Anglais, elle m'a échappé et a couru vers un marchand de ballons. Je l'ai suivie. Si je n'avais pas bougé, nous serions morts tous les deux. »