Les écologistes relancent le débat sur leur participation au gouvernement

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Samedi, Pascal Durand le secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts a donné six jours au gouvernement pour donner des gages sur la transition énergétique. Un ultimatum provoqué par les reculs de l'exécutif, à deux mois du congrès du parti.

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À Marseille, pour leurs journées d’été, les écologistes savouraient leur victoire et célébraient une participation gouvernementale que la présence de Christiane Taubira, Philippe Martin et sa contribution climat énergie venait conforter. Un mois plus tard, le fragile édifice vacille de nouveau. Samedi, lors du conseil fédéral d’Europe Ecologie-Les Verts, le secrétaire national Pascal Durand a donné « six jours » au gouvernement, avant la conférence environnementale des 20 et 21 septembre, pour « pour nous dire ce que va vraiment être la transition énergétique ».

« J’aurais aimé tirer un bilan positif des réalisations depuis un an et demi que nous sommes dans la majorité », a lancé d’emblée Durand, parlant de « colère » et de « souffle de l’échec ». « Oui nous avons eu des victoires mais à quel prix ? (…) L’écologie a reculé depuis un an. (…) On se moque de nous, on nous ment », a-t-il dit à propos de la fiscalité écologique et de la transition énergétique. Avant de conclure par une demi-menace : « Je ne serai pas le secrétaire national des renoncements écologistes. »

Pascal Durand sur BFM TV Pascal Durand sur BFM TV

« L’heure de vérité pour les écologistes au gouvernement sonne au moment du budget. On  y est et la vérité apparaît toute nue. En acceptant le bricolage, on prend le risque de partir avec le goudron et les plumes », estime le député Noël Mamère, habituel pourfendeur du gouvernement. Mais la critique dépasse cette fois le camp des plus sceptiques. « La question n’est pas de savoir si on veut rester au gouvernement mais de savoir si le gouvernement veut d’une coalition avec les écologistes. Soit il indique un message de sursaut et d’action écologique. Soit on est dans le bla-bla. À ce moment-là, on n’a rien à faire dans ce gouvernement », explique le député européen Yannick Jadot.

Une déclaration peu habituelle dans la bouche de l’ancien responsable de Greenpeace, qui intervient après la colère de Pascal Canfin sur le diesel et les menaces de ne pas voter le budget formulées par un autre très modéré d’EELV, le coprésident du groupe vert à l’Assemblée, François de Rugy. « Mais s’il est amélioré, il est votable ! J’ai tiré la sonnette d’alarme parce qu’on était en train de perdre sur la fiscalité écologique », a-t-il expliqué samedi.

Les écologistes viennent de vivre une semaine calamiteuse. Mercredi, c’est Philippe Martin, le ministre de l’écologie, qui fermait la porte à une taxation du diesel et provoquait un incroyable imbroglio comme le gouvernement Ayrault en a le secret. Vendredi, le ministre du budget Bernard Cazeneuve a promis que le dossier n’était pas encore bouclé. « Tout cela doit être expertisé, discuté, évalué et il y aura une décision de prise au terme des consultations que nous conduisons – j'en ai dans quelques heures – et nous prendrons une décision »a-t-il affirmé. Le projet de loi de finances pour 2014 doit être présenté le 25 septembre. D’ici là, Cazeneuve a prévu de rencontrer de nouveau les parlementaires écologistes mardi.

Mercredi, Philippe Martin a également confirmé le report de la loi sur la transition énergétique, initialement prévue pour l’automne et reportée au printemps prochain, après les municipales. C’était un secret de polichinelle – le texte n’est toujours pas prêt – mais le gouvernement n’a toujours pas indiqué si le report concernait l’examen au parlement ou la présentation en conseil des ministres. Or cela change tout : si le projet de loi est validé par le conseil des ministres à la fin de l’année ou en début d’année prochaine, il pourra encore être voté par les parlementaires en 2014. S’il n’est déposé qu’au printemps, après les municipales, il pourrait n’être voté qu’en 2015 ou bien être carrément enterré en cas de remaniement…

Or c’est dans ce texte que François Hollande doit honorer sa promesse de réduire la part du nucléaire de 75 % à 50 % d’ici 2025 et de fermer la centrale de Fessenheim d’ici 2017. « Le report du calendrier parlementaire est-il une excuse pour reporter ces échéances ? » s’inquiète un proche de Cécile Duflot. « Il n’y aura pas de transition énergétique si la loi n’est pas soumise au parlement avant la fin 2014 », a également expliqué le secrétaire national d’EELV devant ses militants.

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