Municipales : mauvais cru pour le MoDem à Paris

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Après avoir perdu son groupe à l’Assemblée nationale en juin, le MoDem est sur un siège éjectable au Conseil de Paris. La stratégie de sa chef de file est contestée.

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Si à l’échelle nationale le MoDem espère bien passer le cap des 2000 élus (contre un petit millier pour la défunte UDF), dans la capitale la moisson s'avère catastrophique. Parmi ses dix sièges d'élus actuels au Conseil de Paris, le Mouvement démocrate pourrait en effet n’en conserver qu’un : celui de sa chef de file Marielle de Sarnez. Un bien maigre résultat au vu du score de François Bayrou à la présidentielle à Paris (près de 21%).

 

 

Premier mis en cause au MoDem, le mode de scrutin (la liste arrivée en tête rafle la moitié des sièges, le reste est attribué proportionnellement).« Ce mode nous pénalise car il favorise les deux premiers », s’insurge Eric Azières, tête de liste dans le XIIIearrondissement et responsable des élections au Mouvement démocrate. Le MoDem a pourtant choisi de se maintenir dans les trois arrondissements où ses résultats lui permettaient de prétendre à une triangulaire. Dans le Ve, Philippe Meyer (14,33%) vient troubler le jeu entre l’UMP Jean Tiberi (37,94%) et la socialiste Lyne Cohen-Solal (34,67%), mais il ne peut pas espérer enlever un siège de conseiller. Dans leVIIe, Véronique Delvolvé-Rosset a quelque 1200 voix de retard pour devancer la socialiste Laurence Girard (deuxième derrière Rachida Dati) et décrocher un siège. Enfin, dans le XIVe, Marielle de Sarnez, arrivée en troisième position (13,93%), ne pourra conserver le sien que si elle progresse de quelques points.

 

 

« On se maintient à Paris parce qu’il n’y a pas eu de dialogue possible », regrette Eric Azières. A gauche, c’est avec les Verts que Bertrand Delanoë a choisi de gouverner. « Delanoë nous a fermé la porte pour des raisons d’ambition nationale et non de divergences de programmes : il veut prendre le PS par la gauche pour s’opposer à la stratégie de Ségolène Royal de création d’un grand parti social-démocrate avec le centre. Son discours, c’est ''J’ai une ligne de fracture, donc pas de MoDem'' ».

Quitterie Delmas, animatrice du mouvement dans le XIIIe, qui était partisane d’une alliance claire avec les socialistes, déplore le « signe qu’envoie Bertrand Delanoë. 60000 votes MoDem pour zéro élu, c’est pas terrible ». Tout en reconnaissant les torts du MoDem : « Une alliance, ça ne s’improvise pas à la dernière minute. Il aurait fallu soit jouer l’autonomie jusqu’au bout, soit affirmer notre volonté de nous allier à Delanoë avant le 1er tour.»

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