Municipales : mauvais cru pour le MoDem à Paris

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«Repartir à zéro»

A droite, Françoise de Panafieu aurait proposé aux centristes quatre sièges, dans le VIIIe derrière Pierre Lellouche (arrivé derrière François Lebel, le maire sortant dissident, au premier tour), dans le Ier derrière Jean-François Legaret, dans le XVIIe derrière elle-même et une sixième position dans le XVe, où Philippe Goujon, également président de la fédération UMP de Paris, est menacé par la socialiste Anne Hidalgo. Des conditions jugées « inacceptables » et « ridicules » par les candidats du MoDem. « A Paris, l’UMP est fermée de l’intérieur. Ils ne nous proposent que quelques airbags : la place du mort dans le VIIIe, et trois sièges dans le Ier, le XVe et le XVIIe. Rien dans le XIVe, rien sur la constitution d’un groupe MoDem au conseil ! », s’insurge Eric Azières. Pour lui, la stratégie de l’UMP est claire : «Depuis six mois, ils pensent que Françoise de Panafieu a perdu et ils préparent l’après Delanoë. Ils sont dans une logique d’opposition qui doit être le ferment de leur victoire dans six ans».

Officiellement, la décision de ne pas engager de discussions avec l’UMP à Paris a été prise mardi 11 mars midi, à l’unanimité, lors d’une conférence téléphonique avec les vingt têtes de listes du MoDem dans la capitale. Mais dans la tête de son leader, le divorce est consommé depuis novembre, lorsque l’ancien journaliste Jean-Marie Cavada a accepté de mener la liste UMP dans le XIIe arrondissement parisien. François Bayrou avait alors décroché son téléphone pour mettre en garde Françoise de Panafieu : « J’espère que tu sais ce que tu fais », avait-il prévenu.

 

Mais certaines voix s’élèvent déjà au MoDem pour dénoncer la stratégie de campagne de la numéro deux du parti. Chez les adhérents du mouvement dans la capitale, la déception est perceptible. « Ils ont l’impression d’avoir travaillé pour rien », explique Quitterie Delmas. « On ne peut pas tout le temps dire "ce sont les institutions qui nous volent nos élus". Marielle de Sarnez devra prendre acte de l’échec de sa stratégie. Quand on travaille seul, voilà ce qu’on récolte. » Mais l’étoile montante du mouvement se veut optimiste : « C’est l’occasion de repartir de zéro. La vieille garde a construit un socle, aujourd’hui elle n’est plus représentative, il faut un renouvellement générationnel ». Un changement qui pourrait bien avoir lieu en avril, lors du renouvellement des instances de la fédération MoDem de Paris. Pour certains, il ne fait aucun doute que Marielle de Sarnez ne se représentera pas à la présidence de la fédération parisienne, «pour éviter de la perdre».

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