Gilles Carrez (UMP): pour en finir avec la baisse des impôts!

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Le rapporteur général (UMP) du budget à l'Assemblée nationale estime que le dogme, édicté par le chef de l'Etat, de la baisse des impôts est «brisé». Il avance ses propositions pour réformer la fiscalité.
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Député UMP du Val-de-Marne, rapporteur général du budget à l'Assemblée nationale, Gilles Carrez se garde le plus souvent de courir micros et caméras et préfère jouer sur le registre qu'il revendique, celui du «technicien». Pour tous les sujets qui touchent aux finances publiques et à la fiscalité, il jouit, pour cette raison, d'une forte autorité au sein du parti majoritaire.

Il en est l'expert le plus qualifié au Palais-Bourbon. Il a fait aussi partie, en 2007, de la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy, qui a aidé le candidat à élaborer le volet économique de son programme présidentiel. Enfin, dans son camp, il a la réputation de parler droit et de dire parfois son fait au chef de l'Etat, quand il pense que les bonnes décisions ne sont pas prises.

C'est précisément l'intérêt de l'entretien vidéo de Gilles Carrez à Mediapart: il révèle l'état d'esprit de nombreux élus de l'UMP, au lendemain de la déroute des régionales. Approuvant les grandes priorités de la politique économique de Nicolas Sarkozy, mais en pointant la «dispersion» des trop nombreuses réformes engagées, il confie surtout que le dogme de la baisse des impôts est définitivement – et heureusement selon lui – brisé, et qu'il va falloir désormais trouver 2 milliards d'euros de recettes complémentaires chaque année, en 2011, 2012, 2013.

Pour Mediapart, il détaille, à la veille de la Conférence sur les déficits qui aura lieu le 20 mai, le travail de réflexion qu'il a engagé, sur les célèbres niches fiscales.

Iconoclaste pour son camp, il recommande que les ménages ne soient pas les seuls concernés, mais que les niches dont profitent les entreprises soient aussi retouchées. Préconisant la suppression du bouclier fiscal en même temps que celle de l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF), il estime pourtant que, si ces allégements sont retenus, ils ne pourront pas être contrebalancés par la simple instauration d'une nouvelle tranche d'imposition de l'impôt sur le revenu. Selon lui, dans un souci de justice fiscale, il faudrait encore rouvrir le débat sur la fiscalité du patrimoine, et en particulier certains volets qui ont trait aux plus-values, ou aux donations, où les allégements ont été excessifs.

Ce plaidoyer va donc à l'encontre du credo affiché par le chef de l'Etat, qui répète fréquemment qu'il est hors de question de relever les impôts. Il atteste pourtant que, dans un contexte gravissime de crise des finances publiques, le débat fiscal est de retour. A gauche bien sûr. Mais tout autant à droite.

C'est l'importance de cet entretien : pour la première fois, le principal dirigeant de l'UMP en charge des questions budgétaires et fiscales livre ses pistes de relèvement des impôts. Voici donc, en quatre vidéos successives, l'échange que nous avons eu avec Gilles Carrez.

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