Un droit de réponse du directeur général d'Artevia

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Suite à la publication, le 10 avril 2018, d'une enquête de Mediapart sous le titre «Un trou d’un million d’euros au Havre rattrape Edouard Philippe», nous avons reçu un droit de réponse d'Alain Thuleau, directeur général de l'entreprise Artevia. Nous le portons à la connaissance de nos lecteurs.

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Monsieur,

Faisant suite votre article paru sur votre site Mediapart, Un trou d’un million d’euros ou Havre rattrape Edouard Philippe en date du 10avril 2018, j’exerce par la présente mon droit de réponse.

J’estime en effet que les propos tenus mon encontre par M. Hajdenberg et M. Rouget portent atteinte mon honneur outre qu’ils comportent de très graves contre-vérités.

Un Eté au Havre a été un succès artistique, public et économique reconnu de tous. A sa place, Artevia a été l’un des artisans de ce succès. Toutes les oeuvres, dont certaines relevant de véritable défis techniques et expositions ont été livrées en temps et en heure et réceptionnées par le GIP (nous tenons votre disposition tous les PV de réception). Artevia a contribué mobiliser dans le cadre du budget général de la manifestation plus de 5M E de partenariat privé. Toutes les manifestations événementielles dans l’espace public, tant pour la journée d’inauguration que pour la venue du Royal de Luxe (600 000 personnes), n’ont rencontré aucun problème de gestion des flux très importants de public. Enfin le marché a été notifié le 9 mars 2015 avec un budget de 18608901, 20E TTC. Le budget réalisé remis il y a un mois s’élève un montant 18 514 526,97 E TTC. Ce qui témoigne d’une parfaite gestion des fonds alloués Artevia pour l’organisation de cette manifestation.

En ce qui concerne la passation du Marché avec le groupement de 8 co traitants représenté par Artevia en tant que mandataire, celui-ci a été attribué alors que nous étions mieux et moins disant. Notre groupement intégrait en effet des expertises plus complètes tant concernant le cœur des besoins, l’expertise technique, la production, le mécénat, la communication mais également le conseil en développement durable, l’insertion et la médiation. Notre offre, validée par le contrôle de la légalité, était également la plus compétitive financièrement

Le CCAP du marché appréciait le CA des trois derniers exercices (2014, 2013 et 2012) sur le cumul des CA des sociétés participants au groupement. Le marché ayant comme la toile prévoit été attribué au mandataire Artevia.

Concernant la relation de Planet Finance avec Artevia. Le contrat auquel vous faites référence a été signé par le vice-président de Planet Finance et non par moi comme vous le mentionnez. Toutes les prestations prévues dans le cadre de ce contrat ont été réalisées par Artevia. L’association Planet finance service que j’ai dirigée de 2012 2015 était présidée par M. Attali et avait pour objet la mise en œuvre des événements liés aux projets de l’économie positive mais également la gestion support des services généraux (loyer, gardiennage, nettoyage....) de toutes les entités du Groupe. Le budget de cette association a été validé en assemblée générale de son CA pour chaque exercice. Enfin toute la gestion administrative et comptable de l’association était centralisée pour toutes les structures du Groupe et donc ne relevait pas de mon autorité. Je disposais d’une délégation de signature de 25K E.

L’exposition Osiris dont Artevia était le co producteur majoritaire aux côtés de l’IMA et de la Fondation Hilti devait trouver son équilibre 400 000 visiteurs payants (nous avions réalisé au Grand Palais une exposition similaire qui avait totalisé 834 000 visiteurs payants pour 3 mois d’exploitation, cela ne relevait donc pas d’une gestion approximative et chaotique) pour une durée de 6 mois (deux fois plus qu’au Grand Palais !). Comme je vous l’ai écrit, les attentats de novembre 2015 ont fait plongé la fréquentation qui ne s’est pas relevée (état d’urgence, pas de fréquentation touristique, pas de fréquentation pendant les vacances de No& etc....) pour atteindre 240 000 visiteurs la clôture du projet, soit une perte pour Artevia de près d ‘1 M E t. C’est l’origine de nos difficultés. Cela n’est pas relevé dans votre article. Nous avons tout mené pour obtenir une aide du Fond de soutien mis en place par le Ministère de la Culture mais celui-ci n’a bénéficié qu’aux entreprises du spectacles vivant, mais également de faire reconnaître en vain le cas de force majeure. L’article ne mentionne pas également que notre principal créancier a obtenu une saisie conservatoire de nos comptes auprès du GIP le 4 octobre 2017,4 jours avant la clôture du projet, privant ainsi Artevia du règlement du solde de ses factures, 1 309 000 Euros par le Groupement d’intérêt public le Havre 2017. Nous avons eu de cesse depuis cette date que de proposer des solutions afin de pouvoir honorer le paiement des prestataires d’Un Eté au Havre. Afin de nous protéger, nous sous sommes placés en redressement judiciaire prononcé par le tribunal de commerce le 25janvier dernier. Ce redressement judiciaire doit permettre le paiement des créanciers mais également la poursuite de notre activité. Sur ce dernier point, le préjudice de votre article risque de porter un coup fatal Artevia et ses salariés.

A défaut, je me réserve le droit d’intenter une action en justice contre votre site pour diffamation. Je vous prie de croire Monsieur en l’expression de ma considération distinguée.

Alain Thuleau,

Artevia.

 

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