Perquisitionné, Mélenchon dénonce la "police politique" de Macron

Par
Le domicile de Jean-Luc Mélenchon et le siège de La France insoumise (LFI) ont été perquisitionnés mardi matin, une opération dénoncée comme l'oeuvre d'une "police politique" par le chef de file de LFI, qui a filmé les policiers au travail.
Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner

PARIS (Reuters) - Le domicile de Jean-Luc Mélenchon et le siège de La France insoumise (LFI) ont été perquisitionnés mardi matin, une opération dénoncée comme l'oeuvre d'une "police politique" par le chef de file de LFI, qui a filmé les policiers au travail.

Une source proche de l'enquête a précisé à Reuters que ces perquisitions, encore en cours en milieu de matinée, étaient conduites par l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) dans une quinzaine de sites au total.

Elles s'inscrivent dans le cadre de deux enquêtes préliminaires ouvertes par le parquet de Paris : l'une à la suite d'une dénonciation relative à l'emploi des assistants parlementaires européens de LFI, l'autre après un signalement du président de la Commission nationale des comptes de campagne relatif à la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon.

Dans une vidéo publiée sur son compte Facebook, le chef de file de LFI se filme chez lui, entouré de huit policiers procédant à des fouilles. Selon lui, les domiciles de neuf personnes liées à LFI et au Parti de gauche, en plus des sièges de ces mouvements, sont visés par ces perquisitions.

"Dites partout que ceci est un acte politique, c'est une agression politique. Ils ne vont pas aller au siège d'une autre personne qui a une enquête préliminaire", ajoute-t-il.

L'ex-candidat à la présidentielle, qui se pose en principal opposant au chef de l'Etat, fait allusion à l'enquête ouverte par le parquet de Lyon sur le rôle de la ville et de la métropole lyonnaise dans l'organisation et le financement de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron.

"Non, ils viennent chez moi pour une enquête préliminaire sur mes assistants de députés européens, sur la base de la dénonciation d'une femme d'extrême droite", poursuit-il.

"JE NE ME LAISSERAI PAS FAIRE"

Jean-Luc Mélenchon dit ne rien avoir à craindre concernant ses comptes de campagne : "J'ai demandé que tous mes comptes de campagne soient réexaminés."

"Je n'ai peur de personne. Ces gens-là peuvent envahir ma maison, les locaux de mon parti et de mon mouvement, ils ne me font pas peur, nous n'avons rien volé nous sommes honnêtes", dit-il, en passant son écharpe tricolore de député.

Après avoir appelé ses partisans à se rassembler devant le siège de La France insoumise à Paris pour protester contre la perquisition, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé devant eux une "énorme opération de police politique".

"C'est une volonté de leur part de nous intimider, de criminaliser notre action politique, je ne me laisserai pas faire", a-t-il lancé de manière véhémente sous les cris de "résistance" des ses soutiens.

"Monsieur Macron est un petit personnage, et sa bande de ministre de la même nature. Madame Belloubet, garde des Sceaux, vous devriez avoir honte de ce que vous êtes en train de me faire", a-t-il déclaré, lui rappelant leur ancienne "amitié" au sein du PS.

"Nous ne sommes plus dans un Etat démocratique normal, ce n'est pas normal de perquisitionner des sièges comme ça, ce n'est pas normal de bousculer des permanents politiques, d'empêcher des parlementaires en écharpe d'entrer dans leurs propres locaux", a-t-il poursuivi.

ENQUÊTES SUR D'AUTRES PARTIS

L'immunité parlementaire, assouplie en 1995, interdit toute poursuite pour des actes accomplis en mission mais permet en dehors de ce champ la poursuite et la mise en examen d'un élu. Le bureau de l'Assemblée doit cependant autoriser toute mesure de privation de liberté.

Pour ce qui est du volet européen, la mise en cause de Jean-Luc Mélenchon a débuté par une dénonciation, en mars 2017, de Sophie Montel, eurodéputée du Front national, dénonciation qui impliquait en outre le MoDem et avait précipité la sortie du gouvernement de trois ministres issus des rangs centristes.

Soupçonnés d'avoir mis en place un système frauduleux pour rémunérer leurs permanents avec des deniers européens, plusieurs responsables du Rassemblement national (ex-FN), dont Marine Le Pen, ont déjà été mis en examen dans ce dossier.

Il y a un an, le siège du MoDem, à Paris, avait lui aussi fait l'objet d'une perquisition dans le cadre de cette enquête.

En matière de financement de la campagne présidentielle, le parquet de Paris a classé sans suite une plainte de l'association anticorruption Anticor visant les comptes d'Emmanuel Macron, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon en 2017.

Mais deux enquêtes préliminaires continuent de suivre leur cours la première dirigée par le parquet de Lyon sur la campagne du candidat Macron dans cette ville, sur plainte du chef de file de l'opposition de droite lyonnaise, Stéphane Guilland (Les Républicains).

La seconde sur des soupçons de surfacturation concernant les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon à la suite d'un signalement en mars de la Commission nationale, qui avait validé avec des corrections les comptes des onze grands candidats à l'élection présidentielle.

Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale