Des enseignants face à la «détresse»

Par et
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Tous les commentaires

Lancêtre, ce n'est pas ce qui s'est passé partout. Souffrez de lire que d'autres établissements, sous  la houlette de leurs personnels de direction, ont fait vivre une matinée planifiée dès samedi avec des courriels organisant, suscitant l'échange et soutenant, avec en point d'orgue une cérémonie républicaine.

Mais nous ne sommes que médiocres petits chefs, n'est-ce pas.

Je n'écris pas que cela s'est passé partout.

C'est un témoignage qui concerne UN collège.

Il y a en France plus de 7000 collèges.

Ce qui m'interpelle (comme on dit...), c'est que ce chef d'établissement se gargarise de diriger un collège qui évalue par compétences, et se veut toujours à la pointe des dernières lubies ministérielles.

Je partage donc pleinement la colère du professeur qui m'a expédié ce mail.

Oui, mais il faut aussi dire ce qui est positif, car tout n'est pas noir, loin de là.

Par ailleurs, vous semblez assimiler le suivi des "lubies ministérielles" et le désinvestissement concret sur le terrain ; je vous réponds qu'un cas ne fait pas la règle générale.

Je n'écris pas que cela s'est passé partout.

Bon alors pourquoi en tirer des généralités ?

Après ça, on viendra nous faire des leçons de morale sur les forums citoyens, le vivre-ensemble etc. ! "

Comment on peut qualifier ça sur le plan intellectuel ?

Réponse ci-dessus:

"on" est un... chef d'établissement !

Rigolant

Vous êtes chef d'étabissement: vous défendez l'indiscipline et le manque de travail?

Vous prenez des mesures contre les profs qui dénoncent cela? Mauvais emploi du temps, rétention de la note administrative, suppression de poste de professeur principal, pour le donner au béni-oui-oui de service?

Vous êtes adepte du "pas-de-vague", l'ordre du Rectorat et le désordre dans les établissements?

Vous avez un gros fauteuil qui tourne?

Dans le collège que je connais il n'y a pas non plus eu de solennité particulière, ni d'accueil de la part d ela Direction.

Le collège est en ZEP, le Principal n'avait qu'une crainte : les débordements...

Il a donc décidé de faire respecter la minute de silence dans les classes à 9 h 30 !!

Rien de prévu pour la minute de silence à 12 h, même pas avec les enseignants.

Un enseignant a suggéré cette minute de silence des professeurs à 12 h après la sortie des classes.... hésitation puis enfin acquiescement.

Les élèves présents se sont joints spontanément à la minute de silence des professeurs !!

Il avait donc peur de quoi ce c.... ?

Une question forte posée au professeur  :

MONSIEUR, S'ILS VIENNENT ICI, MON PERE A DIT QUE VOUS NOUS PROTEGEREZ.

C'EST VRAI ?

Le professeur a répondu OUI et le calme et la confiance ont retrouvé leur place dans la classe.

 

 

Lancêtre n'a tiré aucune généralité, dire le contraire peut être qualifié de mauvaise foi

quant au vivre ensemble, sauce éducation nationale, ça me fait juste marrer

"Vous êtes chef d'établissement ":

Euh...

Non, pas du tout !

Rigolant

Erreur d'aiguillage ?

un inconnu, le président Kennedy disait "ne demandez pas ce que le pays peut faire pour vous mais ce que vous pouvez faire pour votre pays"....  difficile d'imaginer cela  ici...

Qui empêche chaque enseignant concerné de perdre 1 petite heure de son emploi du temps à faire de la pédagogie citoyenne et démocratique ? C'est aussi ça l'école de la République !

On ne vous demande certainement pas madame d imposer vos idées politiques personnelles aux enfants dont vous avez la charge

j espère   que vous avez cette déontologie minimale

Je crois que votre discours passerait mal auprès des élèves. Ils ne sont pas aussi bêtes que vous croyez.

Pourquoi les propos tenus par Clopinette vous font penser qu'elle prend les élèves pour des idiots. Vous croyez qu'ils ne savent pas que la guerre en Irak a été déclarée par Bush et ses faucons sur un média mensonge (comme toutes les autes guerres) et que d'armes de destructions massives il n'y en avait pas.

Je me demande bien comment vous expliquez les causes de cette guerre. J'ai lu avec grand intérêt un texte d'un écrivain belge : Van Reybrouck, c'est dans les blogs de Médiapart et le titre est : Monsieur le Président, vous êtes tombé dans le piège !

vous l'avez lue ?

Elle ne fait pas qu' "exposer des faits", pour le moins.  Et je trouve moi aussi, "déplacés" la harangue et le feu nourri sur ce que lui inspire ce qui à nouveau pèse sur (et passe par) le lien entre les éducateurs et le jeunes

Oui, les élèves des banlieues ont dû pousser des cris de joie à l'annonce des attentats. Ils sont nourris à la nouvelle poésie.

Ils baisent notre nation:

 
Le groupe 113
 
Extrait de leurs chansons :
 
j'crie tout haut: " J'baise votre nation "   (en parlant de la France)
L'uniforme bleu, depuis tout p'tit nous haïssons
On remballe et on leur pète leur fion.   (à propos des policiers)
Faut pas qu'y ait une bavure ou dans la ville ça va péter,  
Du commissaire au stagiaire: tous détestés !
A la moindre occasion, dès qu'tu l'peux, faut les baiser.  (à propos des policiers)
Bats les couilles les porcs qui représentent l'ordre en France  

Ils veulent mettre le feu à Paris.

Ministère Amer
   
Extrait de la chanson "Flirt avec le meurtre" :  
 
j'aimerais voir brûler Panam au napalm sous les flammes façon Vietnam
tandis que ceux de ton espèce galopent
où 24 heures par jour et 7 jours par semaine
J'ai envie de dégainer sur des f.a.c.e.s. d.e. c.r.a.i.e.  (face de craie = homme blanc)
dommage (...) que ta mère ne t'ait rien dit sur ce putain de pays (à propos de la France)
me retirer ma carte d'identité, avec laquelle je me suis plusieurs fois torché  

Ils niquent la France, parce que c'est un pays de putes.

 
Smala
 
Extrait de la chanson "meurtre légal" :
 
Quand le macro prend le micro, c?est pour niquer la France
Guerre raciale, guerre fatale ?il pour ?il dent pour dent organisation radicale, par tous les moyens il faut leur niquer leurs mères  
Gouers (Français) c?est toi qui perds?.Flippent pour ta femme tes enfants pour ta race?on s?est installé ici c?est vous qu?on va mettre dehors  
 
Extrait de la chanson "Du miel les abeilles" :
 
La France est un pays de pute...

  Olé!
 
 
 

Je pense que vous devriez aller parler avec des jeunes ou avec des professeurs. J'ai été ému hier dans mon lycée par les propos rassurants de mes élèves que j'ai trouvé souvent plus ouverts, plus respectueux, plus républicains que bien des démagos qui se sont succédés sur les antennes.

La jeunesse n'est pas celle que décrit Finky.

Ah bon?

dustinguer des faits d'une opinion politique est le premier  devoir d'un enseignant 

Il y a une manière de convoquer les faits et surtout, en ce moment, pour ce qui vous concerne, de vouloir les occulter et en museler la mention, qui signale parfaitement quelle est votre opinion politique . Je ne sais pas au juste avec quoi vous fraternisez, mais si c'est avec le désir de chasser la vérité , la recherche de la vérité et la recherche sur la vérité dans les établissements d'enseignement français , vous  soutenez une cause perdue d'avance . L'Ecole de la République , ce n'est pas la madrassa ni le catéchisme. 

Le rectorat nous a demandé de faire remonter les éventuels comportements hostiles d'élèves.

Voici ce que j'ai remonté :

-----

Excellentes implication des professeurs et participation des élèves à l’heure de discussion qui s’est tenue dans chaque classe ce matin.

Nous avons fait le choix d’un rassemblement dans la cour peu avant midi : discours, puis minute de silence. Le recueillement dans la dignité de tous a été marquant, et nous n’avons à signaler que ce moment qui, dans l’épreuve nationale, ressort positivement.

 Considérant que, dans ces moments difficiles, il fallait aussi faire remonter les choses positives, 

J'ai lu la même circulaire ministérielle que vous.

La ministre demandait:

1) que les élèves puissent s'exprimer librement

2) que les chefs d'établissement fassent remonter les propos "dérangeants".

Ce qui m'a semblé légèrement contradictoire...

Par ailleurs, interdiction absolue d'accueillir des journalistes dans l'établissement.

Ce passage était surligné dans l'exemplaire que j'ai reçu dimanche soir par mail.

MAIS:

J'ai bel et bien entendu sur France-Inter, et France-Info, des journalistes qui avaient manifestement obtenu une autorisation spéciale, puisqu'elles allaient jusqu'à interroger des enfants...

Ne serait-ce pas un exemple parfait de privilège ?

Et l'un des fondements de la République n'est-il pas, précisément, l'abolition des privilèges ?

Je n'y vois rien de contradictoire. Inciter les enfants à exprimer librement ce qui leur passe par la tête et demander de faire remonter tout dérapage exprimé est une façon de transformer les enseignants en agents de la sécurité intérieure. C'est par contre effectivement assez dérangeant.

Il s'agit de ne pas laisser des discours décalés pouvant induire des comportements ultérieurs dangereux pour la société sans réponse. 

Oui. Une autre façon de dire qu'il s'agit de la transformation des enseignants en agents de la sécurité intérieure et d'une dérive totalitaire visant des enfants.

J'ai signalé ( trop souvent ) des cas d'enfants abusés. Et aussi d'enfants abuseurs.Je suis un infâme collabo qui s'ignore.

bon, je n'avais pas le choix. Là il me semble que si...

Soit on peut régler le problème en interne soit on fait remonter. La politique de l'autruche est un modèle éducatif sans doute... 

 Le coup de la dérive totalitaire est juste stupide... 

Ho, je constate. Après, chacun ses responsabilités. Et je vous laisse à vos comparaisons douteuses entre dénoncer un enfant qui a tenu des propos "dérengeants" et dénoncer des cas de pédophilie... Curieuse mentalité...

Pour le reste, je retourne le compliment de stupidité à votre argumentaire...

Les enfants répètent souvent ce qu'ils entendent chez leurs parents

mais je pre use qu'il s agit de signaler les dérapages graves comme discours antisemites ou en faveur du djihâd, pas des opinions des u ns et des autres 

Voici, en copié/collé, le texte exact de la circulaire rectorale:

"Signalement d’attitudes d’élèves

• Faire remonter aux DSDEN par le biais de la procédure de remontée quotidienne de signalement les attitudes qui pourraient inquiéter, notamment au moment de la minute de silence.

• En cas d’urgence, appel direct aux DSDEN, qui feront remonter au cabinet de la rectrice"

C'est moi qui souligne le passage.

"les attitudes qui pourraient inquiéter":

 comment être plus vague ?

Certains petits chefs s'inquiètent d'un rien, et, pour se couvrir ( on ne fait pas plus servile, ni plus pusillanime, que ces personnels de direction carriéristes) signalent tout propos qui leur semble hérétique.

Souvenons-nouus qu'en janvier, la même ministre s'était indignée que certains enfants osent poser des questions.

+ 1, bien sûr.

Tout à fait, bien sûr.

Votre négativisme et votre paranoïa sont frappants. Pourtant, retraité, vous pourriez trouver la paix...

J'ai parlé d'enfants abuseurs aussi...

et j'ai eu, par exemple, à gérer le problème de la gamine de CM2 qui arrive voilée à l'école...

allez je vous la raconte...

Un jour je passe chez une des collègues de CM2 et je vois une des élèves, musulmane mahoraise, avec le voile sur la tête. Je fais signe la collègue de sortir de la classe je lui demande comment bibi peut avoir un voile sur la tête.

Réponse : " je n'avais pas vu " ( sans blague, elle n'a juste pas su quoi faire ) 

j'ai fait venir la petite ( 12 ans au bureau ) en présence d'un adulte tiers du RASED ( toujours ! ) 

à ma demande la gamine m' explique qu'elle a eu ses règles hier et qu'elle devra toujours porter le voile en public.

j'ai fait venir sa maman, lui ai expliqué tranquillement qu'il n'en était juste pas question. que la Réunion n'était pas Mayotte . La gamine n'a plus jamais mis le voile en question avec lequel la mère est repartie. 

Ça s'est réglé tranquillement mais si ça n'avait pas été le cas ça serait évidemment remonté. 

Notre métier voyez-vous ne consiste pas uniquement à instruire et à " gérer " les enfants qui nous sont confiés mais aussi de les projeter. 

Si on pense qu'ils sont en danger y compris sur ce volet on doit évidemment signaler. J'espère que vous n'êtes pas enseignante parce que c'est un métier qui demande un minimum de professionnalisme.

la collègue qui ne m'avait pas signalè le cas de la gamine s'est fait gentiment remonter les bretelles  sans que ça remonte à qui que ce soit. Elle m'a juste dit ne pas avoir su quoi faire.Ce qui est bien dommage pour des gens qui sont payés pour ça vous en conviendrez. 

Il y a trente ans on me demandait les listes de les élèves triées façon Béziers ( Mairie ) les gens allaient bien évidemment se faire voir. mais ça c'était avant Basélèves que certains je l'avoue remplissaient avec un peu trop de zèle. 

 

 

J'espère que la personne à qui j'ai (re) répondu n'est pas de la maison...sinon ça craint.

bah, je suis en retraite depuis 2 mois !

Je suis probablement sotte mais je ne comprends pas ce que signifie "j'ai signalé des cas d'enfants abusés et aussi abuseurs"

> C'est, par ailleurs, transformer les profs en auxiliaires de police.

> Comment peut-on espérer que les élèves s'expriment librement si, au premier "dérapage" verbal, on appelle les flics ?

Il était prévu par la DASEN de prévenir les flics de ces propos éventuels ? Je n'y crois guère en l'absence de preuves.

Merci de ce témoignage recadrant, Cogito.

Bonne retraite. J'espère que vous allez bien aussi...

Les preuves ont été apportées en janvier.

Avez-vous déjà oublié ces mineurs conduits au commissariat, après signalement de la hiérarchie administrative de l'Education Nationale ?

Contre-productif au possible !

C'est exactement ce que leur disent les complotistes d'internet: il est interdit de dire certaines choses...

Et les "autorités" ne trouvent rien de plus "intelligent" à faire que de valider ces discours !

Je vais considérablement mieux ! Mais pour ça il a fallu quitter les DOM et la médecine, comment dire...touristique exercée par certains toubibs expatriés... Ils m'ont raté de peu ! 

 

J'ai toujours cru que les "enseignants" devaient garder une certaine indépendance et prendre de la distance vis-à-vis de leur hiérarchie. Suivre les consignes avec bon sens, expliquer les FAITS aux élèves avec doigté et simplicité. Les laisser s'exprimer. Dans ma longue carrière récemment terminée, les minutes de silence sont devenues des heures... Je ne me souviens pas d'avoir obéi à des consignes aussi précises. Pourtant après les attentats du 11/09/2001 l'émotion était grande dans les lycées i. Les mêmes problèmes se posaient déjà. Aujourd'hui les terroristes sont plus proches, les gouvernants déversent opinions et conseils contradictoires. L'air du temps.

Bon deuxième exemple ...

malgré mon interdiction formelle ( et celle des textes ) une collègue de CM2 ( pas la même ) laisse 4 élèves dans la classe pendant la recréation " pour faire leurs devoirs non faits à la maison " ( double ineptie donc ) évidemment sans surveillance....

L'un deux a forcé les trois autres à lui faire des fellations et a mimé sur eux des actes de pénétration ( shorts baissés ) 

C'est ce qu'on appelle un enfant abuseur.

Quand la maman d'un des trois est venue m'en parler je vous jure que ça fait drôle mais qu'il faut savoir gérer ( il y a beaucoup de conséquences ) 

Ladite collègue n'avait pas de mots assez durs pour le " petit salopard " qui lui avait fait avoir des ennuis, tout relatifs pourtant par rapport à sa faute de service ... C'est un métier...

j'ai aussi signalé deux mamans pour attouchements et viols. Ce que raconte le film "polisse " n'est pas une fiction... 

;-) Content pour vous.

La fille était mahoraise et n'avait que 12 ans. Si elle avait eu 16 ans et habitant Gonesse ou Montgeron...
La fille était mahoraise et n'avait que 12 ans. Si elle avait eu 16 ans et habitant Gonesse ou Montgeron...

> Les preuves ont été apportées en janvier.

> Avez-vous déjà oublié ces mineurs conduits au commissariat, après signalement de la hiérarchie administrative de l'Education Nationale ?

Mais nous sommes en novembre cette fois. A part le procès d'intention, vous avez d'autres arguments ? 

> Vous avez probablement oublié les dérapages précédent : enfant conduit au commissariat etc.. pour des enfants qui n'avaient même pas vraiment dit qu'ils n'étaient pas Charlie.

Si j'ai bonne memoire c'est arrivé une fois. 

Ben j'aurais fait pareil si j'avais été en situation...

Si on laisse filer il n'y a rien à rattraper. Il faut être constant, juste, avec tout le monde. 

Tous les élèves incorrectement habillés ont eu des convocations si nécessaire, toujours, tous. Pas seulement certains pour certaines tenues.

Tous les coups donnés ont toujours valu une convocation des parents, tous.

il m'est arrivé de signaler à des collègues qu'on ne venait pas à l'école déguisé en surfeur ( bermuda et tongs! ) ou le nombril à l'air pour les dames. 

C'est la stigmatisation ou ce qui lui ressemble qui pose problème. Les textes existent, on les applique. C'est parfois chaud mais c'est une question de constance. J'ai toujours fait mettre les croix et autres médailles religieuses sous les vêtements ( collègues compris ) personne ne conteste une règle si elle est considérée appliquée équitablement à tous. Quant aux parents ils prennent la place que l'on veut bien leur laisser en appliquant les textes. 

Si on connaît ses textes et qu'on ne bricole pas à vue ça passe. Le respect se mérite et le mérite ça s'entretient... 

Je crois que vous ne m'avez pas compris. Je ne trouve pas approprié de comparer des abus sexuels dont est victime un enfant, ces abus soient-ils commis par un autre enfant ou un adulte, et des "propos dérangeants". A ce que je sache, des "propos dérangeants" ne sont pas constitutifs d'une infraction pénale. C'est l'arbitraire. C'est mêler les enseignants à la police. C'est de l'abus de confiance. Inciter les enfants à parler pour les dénoncer in fine au ministère de l'intérieur pour "propos dérangeants" ? C'est quoi ça ?

C'est injustifiable. Vous êtes en train de dériver vers un régime totalitaire et vous ne vous en rendez même plus compte. Et vous allez modifier votre constitution en pleine crise. Même Bush n'avait osé la faire celle là.

Les chefs d'établissement sont des commissaires politiques chargés de surveiller les professeurs. C'est tout.

"Certains petits chefs s'inquiètent d'un rien, et, pour se couvrir ( on ne fait pas plus servile, ni plus pusillanime, que ces personnels de direction carriéristes) signalent tout propos qui leur semble hérétique."

Vous soulignez là, Monsieur, un point cardinal des problèmes d'éducation auxquels nous sommes confrontés depuis une vingtaine d'années au moins : la faiblesse structurelle des chefs d'établissement (pas tous, évidemment), effectivement souvent pusillanimes, carriéristes, lâches, dociles, conformistes (maniant la langue de bois à la dernière mode) et pour tout dire médiocres. Ce sont rarement, disait mon père, les meilleurs ouvriers qui deviennent contremaîtres...

Cela dit, je suis capable de relativiser : il y a d'autres responsabilités beaucoup plus graves qui sont engagées.

Personne n'incite les enfants à parler...et personne n'est incité à  une quelconque délation...Vous délirez...

De nouveau, j'ose espérer que vous n'êtes pas enseignant ( e ). 

Des " propos dérangeants " que vous mettez dans un grand sac. On ne sait pas ce qui vous dérange ou pas Nous nous sommes  payés pour savoir ce qui est acceptable ou pas...Et. Notre premier souci est TOUJOURS de proteger les enfants.la protection peut passer par une remontée ou un signalement.

Ça me rappelle le débat sur le harcèlement à l'école. Les enfants étant pour certains toujours victimes on ne devrait rien faire pour ceux qu'ils terrorisent ? 

Vous me fatiguez. Je n'ai fait que reprendre les termes des instructions officielles reçues par un de vos collègue qui les a reproduites plus haut. Pour le reste, je n'ai pas de leçon éthique à recevoir d'un "enseignant" qui trouve normal de se transformer en agent de sécurité intérieure au détriment de l'intérêt des enfants dont il a la charge. Dénoncez donc les "propos dérangeants" si ça vous chantes et restons en là. Je laisse aux historiens le soin de vous juger.

Ce commentaire a été dépublié par la rédaction de Mediapart.

Sur le même sujet : http://blogs.mediapart.fr/blog/b-girard/141115/arreter-de-jouer-avec-lecole

Bien oui, commen expliquer aux enfants que le terrorisme dont souffrent les pays dits civilisés ont pour source les textes sacrés de leur religion qui incitent à la violence depuis des siècles? Surtout que les dirigeants des grandes religions dites d'Abraham ne s'avancent pas pour s'excuser auprès du monde entier.

il m'a fait un bien fou.

 

À eux aussi, n'en doutez pas.

Merci pour ce retour positif ; des profs de "mon" collège n'auraient pas dit mieux. :-)

Nous ne remplissons heureusement pas des pots vides comme on dit parfois.

Nos élèves nous enrichissent aussi. 

Je lis ceci au bas de l'article de Médiapart :

"Entre nécessité de répondre à des interrogations abyssales, devoir de réserve et volonté d'assurer leur mission..."

QUAND va-t-on enfin comprendre que le devoir de réserve tant de fois invoqué par ceux et celles qui veulent faire taire les enseignants, ce devoir de réserve N'EXISTE PAS. Quand va-t-on cesser de le mentionner au détour de la conversation ?

C'est de la désinformation, voilà ce que c'est.

Le secret professionnel, qui nous interdit de divulguer des informations concernant nos élèves à des personnes non autorisées, extérieures à l'Education nationale, oui il nous est imposé et à juste raison.

Le devoir de réserve est une falsification dont la mention sert à museler, à verrouiller les consciences. C'est un épouvantail.

J'espère que vous n'êtes pas fonctionnaire, sinon votre ignorance serait problématique :

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F530

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  • 16/11/2015 22:39
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"Entre nécessité de répondre à des interrogations abyssales, devoir de réserve et volonté d'assurer leur mission sans en avoir les outils, les enseignants sont confrontés à un exercice délicat. Se sentant souvent démunis, investis d'un rôle qui les dépasse, ils ont, chacun à leur manière, tenté de relever le défi."

"Démunis"??? "sans en avoir les outils"???

Rien que le site Eduscol mais aussi des dizaines de collègues et les sites pédagogiques ont mis des ressources TRES nombreuses à disposition. Il ne faut pas exagérer. Démunis???

D'autre part la Ministre avait pris soin de préciser que les interventions des enseignants pouvaient s'adapter à l'âge des élèves. Il n'y avait aucune injonction formelle.

Il faudrait savoir: quand il y a directives venues d' "en-haut", tout le monde hurle à la quasi dictature. Quand il y a liberté d'action, tout le monde réclame des outils et des injonctions.

+ 1

Eduscol, c'est de la propagande de bureaucrates, qui jamais n'ont enseigné dans aucune classe.

Des laquais, des larbins, des cireurs de pompes ministérielles.

Risible et méprisable.

Quant aux sites "pédagogiques", ce sont, la plupart du temps, des sites émétiques, annexes de la rue de Grenelle, pitoyables lieux de rencontres pour "pédagogues" exhibitionnistes autoproclamés docteurs en "sciences de l'éducation".

N'oublions jamais que dans "pédagogues", il y a "gogues..."

Un lien vers autre chose ?

La ministre, qui refuse toujours de recevoir l'intersyndicale des enseignants au sujet de la réforme du collège qu'elle entend imposer sans discussion par un décret scélérat, exigeait une remontée sur les propos qui ne seraient pas allés dans le sens voulu en haut lieu (voir, un peu plus haut, mon "copié/collé").

Comportement de flic.

Hypocrisie abjecte: on feint de laisser la liberté d'expression, pour mieux réprimer au premier "dérapage".

En voilà un qui s'épanouit dans le travail...

Libres enfants de Summerhill - Alexander S. NEILL
J'ai lu ça quand j'étais normalien comme tout le monde....

j'ai fait du Freinet en classe unique...génial ... Vraiment ...méthode  naturelle et tout le tintouin...l'imprimerie et tout...du tutorat entre élèves avec 10 élèves à la campagne...

Et puis je suis arrivé en ZEP...changement de paradigme...il n'y a pas une école...que d'autres s'y plaisent ou s'en accommodent semble vous déranger. Oû est le problème ? Un fonctionnaire peut toujours changer de corps voire d'administration.  

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  • 16/11/2015 22:49
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"Pour les enseignants ce lundi matin, après à peine un week-end pour se préparer à retrouver leurs classes, le défi était immense."

Non mais attendez là, c'est du délire! Défi certes mais l'Ecole en France est tous les jours confrontée à des défis certes moins tragiques mais tout aussi immenses. Et nous savons faire.

Quant à un week end pour préparer, c'était PLUS que suffisant.

C'est si difficile que ça de laisser parler son coeur?

A votre place j'aurais pu dire:" j'espère qu'aucun d'entre-vous aura l'idée de se conduire un jour comme ces barbares."

Mon souhait est de savoir qu'en ce jour de deuil votre but pour compenser sera de vous aimer! 

Si c'est le prof d'histoire qui s'y colle ( celui qui a enseigné que "nos ancêtres " francs ont participé aux  invasions barbares au 3ème siècle ) la référence aux barbares va être difficile à utiliser...

Mal nommer les choses patin couffin...

On est toujours les barbares des autres et depuis César ça n'a guère varié...

Vous confondez l'instituteur et le curé. Les professeurs ne sont pas en face des élèves pour leur délivrer des homélies mais pour les inviter à penser, chercher et comprendre. Non pas même pour leur livrer des causes toutes faites, mais pour leur apprendre à chercher des causes avec conséquence. L'éducation qu'ils délivrent repose sur l'apprentissage et l'usage de la rationalité, pas sur la transmission d'émotions ni même d'opinions. 

Certains voudraient retourner à la "leçon d'observation " 

Apprendre à apprendre ça devient compliqué...pourquoi ne pas les laisser toute la journée sur Wikitruc, finalement...?

Un lien intéressant...et surtout les commentaires à la fin.

: http://lewebpedagogique.com/lapasserelle/2015/11/14/emc-4eme3eme-par-qui-notre-liberte-est-elle-menacee/

Bonjour,

Mon cours d'histoire de ce matin est "Le monde depuis le tournant des années 1990" (programme bac pro). C'est le hasard.  Je pense attendre que mes élèves réagissent après ce cours, et je les écouterai. Peu de gens, même cultivés, comprennent que ce qui nous arrive est la suite logique des événements de 1989. Je précise que je ne suis pas une nostalgique du communisme.

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  • 17/11/2015 07:32
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Pas de question sur la propagande? Nous avions oublie (notre avis n'interesse personne) que notre armee bombarde, envahi et abuse (cas averes en Centre Afrique) des "enemis", nous ne voyons jamais les images des gens qu'elle tue (par ricochait que nous tuons), n'est ce pas un peu la methode coué? Et par rapportaux élèves n'est ce pas assez hypocrite de leur dire que ce qui se passe est du a leur religion violente? Pourquoi n'avons nous jamais pretendu ca quand les attentats venaient de l'ASALA ? ou d'autres?

Je comprend que les élèves soient perturbés, mais pour certains grace a notre vision monochromatique de l'Islam à l'origine de tous les maux, ils se retrouvent entre le marteau et l'enclume, et pratiquement doivent se justifier ou s'excuser d'actes qu'ils n'ont pas commis. J'ai la gueule de bois, mais ce qui est effrayant c'est de lire que nous n'avons que haine et repression a offrir, et surtout que nous n'aidons pas les jeunes a devenir des citoyens, mais le probleme c'est que pour etre des citoyens il faudrait que nous ayons plus de droits de regard sur la politique que simplement la financer avec nos impots. Comment adresser cette question lancinante, comment creer une democratie dans la republique francaise et partout ailleurs? Beaucoup de jeunes sont plus perceptifs que les adultes et se rendent bien compte qu'arrives a 18 ans, qu'ils votent ou non n'aura aucune influence sur leur vie et sur les actions des autorites. Que se passe-t-il si l'un d'eux pose la question, il est signale aux autorites comme subversifs?

“Débrouillez-vous”, raconte Grégory Bekhtari, on a senti que la hiérarchie ne savait pas comment gérer ça. En même temps, personne ne le sait vraiment… ».

Je suis enseignant et je suis désolé que certains de mes collègues ne sachent pas quoi dire à nos élèves. Attendre des consignes de la direction. Voilà un versant du problème : N'ont ils pas suffisament d'expérience, d'engagement citoyen, de réflexion sur les institutions, de connaissances éthiques, pour élaborer un discours et un débat avec leurs élèves, sans attendre qu'on leur dise ce qu'ils doivent dire. Cela me surprend, me désole et montre combien le corps enseignant est désinvesti de son rôle de passeur ; confondre une démarche éducative avec une démarche pédagogique, voici l'autre problème. Mes collègues enseignants, se refusent comme depuis 40 ans à assumer leur rôle d'éducateur considérant qu'ils sont pédagogues, uniquement pédagogue. Or la pédagogie sert par didactiques interposées, par approches socio-cognitives multiples et différenciées à rendre un problème cohérent et à envisager des méthodes pour résoudre et dépasser le problème (paradigme de l'explication et de la compréhension). 

Mais la pédagogie sans objet n'est que pédagogie, pour la pédagogie avec pour objectif la pédagogie. Alors la pédagogie sert à faire apprendre. Mais à faire apprendre quelque chose. Et ce quelque chose dans la situation présente est éducatif. 

Educatif au sens noble du terme, dans le sens de l'explication des institutions, du droit, des obligations, du respect, de la laïcité... Et en effet, il faut déployer des pédagogies efficaces pour instruire et éduquer nos élèves avec pour objectif le développement leur esprit critique. 

Alors attendre quoi de la direction ? Une panacée ?

Tout à fait d'accord.

D'une manière un peu plus large, un adulte ayant la "charge" d'un enfant ne serait-ce que pour un temps limité NE PEUT PAS ETRE AUTRE CHOSE qu'un éducateur, au sens noble, de cet enfant, quand bien même cet enfant se trouve aussi être un élève.

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  • 17/11/2015 15:35
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"Je sens mes élèves beaucoup plus réunis qu'au mois de janvier, il n'y a pas du tout de voix dissonante."

Conclusion: tuer des juifs c'est plus payant chez les djeuns que de tuer des goys

Bravo

 

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Enseignant aussi, d'HG en particulier. Rien à dire sur l'organisation et des élèves évidemment très bien. Par contre, étant parisien du XIe et d'un lycée proche de Paris avec une population enseignante jeune, très choqué que ma direction n'ait pensé à aucun moment à nous demander si... nous étions en vie et nos proches aussi. Incompréhensible.

Il ne faut pas dramatiser :  ce soir-là le probabilité de mourir dans les attentats pour un parisien ou un banlieusard était proche de un pour dix mille. Innocent

 

Quand je prends l'avion et qu'on me dit " téléphone que tu es bien  arrivé"

Je réponds " Si je n'arrive pas Claire Chazal te le diras "

Pour le cas présent, saturer les réseaux est tout sauf une bonne idée. Le civisme voudrait qu'on communiqué au minimum...

 Bien sur que mon établissement a communiqué avec nous, il suffit de lire l'article et le fil pour le comprendre. J'ai reçu un sms à 1h30 pour m'annoncer que le lycée était fermé le lendemain. Donc la saturation des réseaux comme argument.... Par ailleurs, j'habite à Faidherbe, donc je pense que j'avais un peu plus de une chance sur dix milles de mourir, même si je n'ai pas la prétention d'être un miraculé. Mon ancien établissement m'a appelé le lendemain pour avoir des nouvelles d'un collègue disparu au Bataclan. Je connais au moins cinq ou six histoires sordides qui ne me touchent pas directement, mais des connaissances au deuxième ou troisième degré. Au moins deux collègues ont perdu des amis.

Enfin, j'ai utilisé les réseaux téléphoniques pour prévenir l'ensemble de mes amis et ma soeur (forcément dehors un vendredi soir, forcément dans ce coin là). Désolé pour mon manque de civisme. Il y a vingt ans sans téléphones, sans réseaux sociaux, il y aurait eu beaucoup plus de morts, par manque d'information. 

Mais je crois que tout ceci est très abstrait pour vous. Pour un Parisien qui vit à deux minutes à pied de la rue de Charonne, beaucoup moins.

Tiens, Médiapart qui s'intéresse aux profs maintenant ?!

Outre l'abandon visiblement de certains profs  de la part de supérieurs face à cet événement, ce qui me choque c'est l'idée qui découle parfois que ça ne serait pas aux parents d'en parler prioritairement aux enfants. L'absence de discussions parentales sur le sujet est-elle autant fréquente ?

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