Comment sont déjà évalués les chercheurs

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A en croire l'Elysée, les universitaires ne seraient pas évalués. Or comme l'expliquent dans le détail tous nos témoignages, ici, c'est «tous les quatre ans»; là, c'est à chaque fois qu'il faut «passer un échelon». En réalité, la communauté scientifique bruisse de plaintes contre l'excès d'évaluation. Bureaucratisation, temps perdu pour la recherche, «logique de mise en concurrence et d'individualisation des carrières»: l'hyper-évaluation tourmente l'université française. Et devient une question centrale du conflit opposant les enseignants-chercheurs à l'exécutif, figeant les universitaires sur la défense d'un statu quo dont beaucoup souhaitaient pourtant sortir.

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Quel point commun entre Nicolas Sarkozy, Christophe Barbier (sur LCI), Sylvie Pierre-Brossolette (sur France 2 et France Info), Laurent Joffrin (sur France Info) et Yves Calvi (France 2)? Une phrase, à quelques mots près: «les chercheurs ne sont pas évalués». L'affirmation a semé stupeur et colère dans la communauté universitaire. Le 13 février, le chef de l'Etat a demandé que soient «rapidement explorées de nouvelles pistes pour l'évaluation des enseignants chercheurs et l'organisation de leurs services» par un communiqué. Ces derniers jours, la contestation du décret modifiant le statut des universitaires s'est étendue avec le ralliement des étudiants et la déclaration de la conférence des présidents d'université (CPU) demandant une «meilleure prise en considération» des «résultats de la recherche». La question de l'évaluation se retrouve au centre du conflit universitaire.