Au centre de trois procédures judiciaires, dont l’une pourrait conduire à la mise en examen, le 23 mai, par la Cour de justice de la République (CJR), de Christine Lagarde, l’actuelle directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), pour « complicité de faux » et « complicité de détournement de fonds publics », la liste des irrégularités et coups tordus qui ont émaillé l’affaire Tapie est si fournie que l’on pouvait penser ne presque plus rien en ignorer. Des instructions données par l’Élysée pour suspendre le cours de la justice de la République jusqu’aux faux en écriture publique qui pourraient avoir été commis, en passant par les manquements à ses obligations de transparence de l’un des arbitres, les mensonges répétés de Christine Lagarde ou encore le rendez-vous secret de Bernard Tapie avec Claude Guéant, à l’époque secrétaire général de l’Élysée : les invraisemblables péripéties de ce scandale d’État, qui a permis à Bernard Tapie d’empocher 403 millions d’euros publics, sont maintenant bien connues. Et grâce aux révélations de la presse – et en particulier de Mediapart –, l’affaire semblait avoir livré la plupart de ses secrets, en tout cas les plus importants.