L'enquête sur le bombardement de Bouaké se heurte à la raison d'Etat

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Le bombardement de Bouaké a donné lieu à une abondante littérature. On recommandera ainsi la lecture d'une excellent article de Libération, en juillet 2006, et d'un autre paru six mois auparavant dans Le Monde (et auquel l'auteur de ses lignes a modestement contribué), ou encore le visionnage d'un remarquable reportage diffusé en mars 2007, sur France 3, dans l'émission Pièces à conviction.
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L'affaire du bombardement de Bouaké mérite que l'on s'y attarde. Rarement une enquête judiciaire aura permis d'en savoir autant sur un attentat visant des intérêts français. Mais paradoxalement, les investigations n'ont toujours pas permis d'expliquer pourquoi neuf soldats français et un civil américain ont perdu la vie. Ni d'expliquer l'attitude étonnante de l'Etat français, laissant filer à deux reprises des mercenaires sans doute impliqués – ou au moins détenant des informations – dans le bombardement. L'invocation du secret-défense est un obstacle aux investigations. Raison de plus pour la presse de s'intéresser de près à cette affaire, et éviter, peut-être, qu'une nouvelle fois la raison d'Etat prévale sur la justice...