Arnaud Montebourg ou l’atermoiement illimité

Par

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

La nuit, l’énorme cheval d’arçon long de 70 mètres qui enjambe à Bercy la voie express rive droite et plonge ses pieds dans la Seine, ressemble à un vaisseau fantôme, avec ses quais déserts plongés dans l’obscurité et ces cabines allumées tard dans la nuit. « Un monument à la Kafka, à l’architecture soviétoïde, conçu par un architecte communiste », écrivent les auteurs d’une enquête sur le ministère des finances (Thomas Bronnec et Laurent Fargues, Bercy au cœur du pouvoir, Denoël, 2011) : 206 000 m² de bureaux, 40 kilomètres de couloirs, des forêts de papier couverts de tableaux Excel, de courbes qui ne s’inversent pas, de camemberts affligés et de séries statistiques unanimes ; l’économie est à l’arrêt, le taux de croissance atone, le chômage continue d’augmenter, l’endettement se poursuit faute de rentrées fiscales suffisantes.