A la raffinerie de Feyzin, un parfum de «lutte des classes»

Par
«La pénurie d'essence, c'est un dommage collatéral à la pénurie de dialogue social», explique un gréviste de la raffinerie de Feyzin, dans le Rhône. Un reportage à Lyon d'Igor Gauquelin.
Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner

Un reportage à Lyon d'Igor Gauquelin

Branle-bas de combat à la raffinerie de Feyzin, dans le Rhône. Fort de la reconduction de la grève décidée par 72% des participants lundi 18 octobre 2010, le délégué CFDT du personnel, Damien Galera, a exhorté ses collègues de chez Total à aller sans délai bloquer l'autoroute A7 au côté des routiers et des cheminots lyonnais. «Vous allez voir, on ne va pas se laisser faire», lâchait-il juste après l'annonce des résultats du vote (auquel ont participé 402 salariés sur 630 au total). «Le gouvernement est droit dans ses chaussures? Nous aussi! J'espère qu'ils vont prendre conscience de l'émulation qu'ils ont provoquée. A la répression, nous répondrons par la répression», menace-t-il en faisant allusion à la réquisition, par la préfecture, de salariés Total dimanche en Seine-et-Marne.

 © IG © IG

Venus plus nombreux ce lundi qu'à la dernière assemblée générale de jeudi, les salariés ont voté à bulletins secrets vers 15 heures, après une discussion à huis clos en présence des représentants du syndicat des cadres, la CGC (solidaire à en croire la CFDT, mais hostile à toute «prise en otage du personnel», comme l'expliquait un cadre vendredi). A l'issue de l'AG, des dizaines de personnes se sont ensuite rendues sur un pont au-dessus de l'autoroute, pour attendre les routiers et les cheminots grévistes, prévenus par téléphone de la teneur des débats à Feyzin. Sous le pont, de très nombreux coups de klaxons étaient émis par les voitures et les camions empruntant l'A7.

Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale