Notre-Dame-des-Landes : contre l'aéroport, Occupy le bocage

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Ils étaient des milliers samedi à défiler contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, mais aussi contre la violence policière, contre les bétonnages inutiles et contre « le pouvoir de l’argent ». Ébauche d’un mouvement politique.

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Reportage de notre envoyée spéciale,

C’est la mi-journée quand, depuis un vaste pré bordé d’arbres, on voit s’avancer un long cortège de tracteurs et de camions. Ils tirent des remorques chargées de palettes, de planches de bois, de scies, de cordes, de tuyaux, de bottes de paille. Assis au-dessus et autour de ce fatras, des jeunes gens et des familles. Ils sourient. Ils chantent. Ils sont en train de reprendre les terres dont policiers et gendarmes les ont expulsés en octobre.

Manifestation contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, 17/11/12 (JL) Manifestation contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, 17/11/12 (JL)
Dans quelques minutes, un chantier de construction va démarrer, en pleine forêt. Dans la boue noire du bocage nantais, activistes, sympathisants, et étudiants en archi y élèveront des structures collectives et de quoi prendre douche et bain chaud (un « black block sanitaire ») en plein air. Des percussions de batucada accompagnent marcheurs et constructeurs. « Mobilimaison-nous », proclame une bâche blanche (avec des étoiles dessinées au-dessus des « i »). Au loin, on entend résonner les cordes de la guitare électrique d’un clown masqué en veste bleu roi. Un peu plus tôt, un groupe de marcheurs chantaient : « Les cars de CRS ont voulu tout raser, alors on s’est levé. »

Ils sont plusieurs milliers à réoccuper la ZAD, cette zone de 1 700 hectares réservée depuis plusieurs décennies pour y construire un nouvel aéroport. 13 500 selon la préfecture, 30 000, ou peut-être 40 000 selon l’ACIPA, association de riverains opposés à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Et « 300 tracteurs », insiste Sylvain Fresneau, éleveur en cours d’expropriation par Vinci, le géant du BTP concessionnaire de l’aéroport. Ils roulent au pas dans la manif, recouverts de banderoles et de bâches graffitées : « On n’est pas des moutons, on veut garder nos vaches », « Gardarem Nostra Dona », « Johnny avec nous ».

Reconstruction de la ZAD, 17/11/12 (JL) Reconstruction de la ZAD, 17/11/12 (JL)

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