Nicolas Sarkozy ou le mépris du monde

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La France peut-elle s'exprimer autrement à l'étranger qu'à la façon de Nicolas Sarkozy? Ségolène Royal a-t-elle eu raison de demander pardon, à Dakar, pour les paroles du chef de l'Etat sur l'homme africain qui «n'est pas assez entré dans l'histoire»? A-t-elle eu tort de récidiver en présentant ses excuses au premier ministre socialiste espagnol pour les propos de table du président de la République sur son intelligence limitée? Quelle importance accorder à ces indiscrétions qui dévoilent un Sarkozy vantard et orgueilleux, moquant notamment l'inexpérience de Barack Obama? Voici notre réponse à toutes ces questions, sous la forme de parti pris non seulement favorable à l'ancienne candidate socialiste à l'élection présidentielle, mais, surtout, inquiet au spectacle d'une présidence qui perd le sens des mesures et des réalités.

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Qui arrêtera cette présidence ? A cette question, posée avec entêtement par Mediapart tant ce pouvoir nous semble un cocktail explosif de régression et de prétention, d'archaïsme et d'absolutisme, d'aveuglement et d'affolement, la semaine écoulée apporte une curieuse réponse. La perdition de ce président, ce sera peut-être lui-même, tout simplement. Et la faille de cette présidence, sa propre démesure. A force d'ignorer les limites qui font un pouvoir contenu, équilibré et partagé, la République de Nicolas Sarkozy avance toujours au risque d'elle-même, de ses humeurs et de ses foucades, de ses obsessions et de ses excès. Faute de contrepoint, de bornes ou d'entraves, sa liberté est un laisser-aller où s'égarent l'esprit de responsabilité et la conscience de la fonction. Plus il se renforce, s'aggrave et s'exacerbe, plus ce présidentialisme-là s'isole et s'enferme, perdant le sens des mesures et des réalités, des visions hautes et des paroles élevées.